A propos de Émilie Marot

J'enseigne le français en lycée où j'essaie envers et contre tout de trouver du sens à mon métier. Heureusement, la littérature est là, indéfectible et plus que jamais nécessaire. J'anime des ateliers d'écriture au lycée et maintenant un peu ailleurs. C'est l'horizon mais beaucoup de chemin encore !

#arts de la fiction #06 | traversées

J’entre de nuit dans ma ville J’entre de nuit dans ma ville où je déambule inconnue anonyme toute neuve et sans mémoire prête à tout recommencer à tout réinventer il y a foule dans ma ville et je marche dans ma ville et je me noie dans la foule et dans la foule me dilue ma chair toute poreuse il Continuer la lecture#arts de la fiction #06 | traversées→

#chroniques #09 #10 | friches (en cours)

Fragment (Petit) morceau d’une chose qui a été brisée, déchirée. Fragment d’un os, d’une planche pourrie, d’un rocher, d’une statue antique ; déchirer une lettre en petits fragments, vase qui se brise en mille fragments. (TLFI) J’aime écrire par fragments. Par petits bouts. Brisés. Déchirés. Petits morceaux de quelque chose qui sans doute me dépasse. Dont je sais bien toutefois Continuer la lecture#chroniques #09 #10 | friches (en cours)→

#chroniques #07 | dans ce paysage-là

1 | DU MONDE Je dis oui à la silhouette, assise sur le banc de pierre, fragile mais têtue malgré le fracas, adossée à toute la beauté du monde. 2 | SANS Supposons que, dans ce paysage-là je fasse sans (sans batterie, sans chargeur, sans réseau, voire sans objet parce que oublié, volé, perdu, ou bien, tombé, devenu inutilisable), alors Continuer la lecture#chroniques #07 | dans ce paysage-là→

#chroniques #04 | tenir debout dans la nuit

1 | DU MONDE Pas question que « le vaste monde » « envahisse » « ma petite chambre ».Exigez « l’infini du désir ». Assez de « fleurs mortes ». Enass Sultan, « Chronique » / « Tout ce dont j’ai rêvé », Anthologie de la poésie gazaouie d’aujourd’hui, Points Poésie, 2025. 2 | ET LE BUS FILE DANS LA NUIT (NOTES D’AUTOROUTE) Ciel pâli. Bleu très clair qui tend vers le blanc. Continuer la lecture#chroniques #04 | tenir debout dans la nuit→

chroniques #02 | des pouces qui tournent, des carnets de voyage rêvés, des portes qui s’ouvrent sur l’inconnu…

1 | DU MONDE Comment marcher sans vaciller ? 2 | LES POUCES QUI TOURNENT (ter) … les pouces tournent tournent tournent l’un sur l’autre l’un autour de l’autre sans heurt obsessionnellement aussi vite que les vieilles mains le permettent tournent et tournent jusqu’au vertige et voilà la grande pièce de la rue de l’église happée toute entière dans le tourbillon Continuer la lecturechroniques #02 | des pouces qui tournent, des carnets de voyage rêvés, des portes qui s’ouvrent sur l’inconnu…→

chroniques #01 | un quatre-chemins, une insomnie et un colibri…

1 | DU MONDE Un monde qui « se détourne de l’amour » exige de nous assauts de « désirades ». Bell Hooks, A Propos d’amour.Daniel Maximin, L’Invention des désirades. 2 | UN QUATRE-CHEMINS Au creux des quatre coudes que forme le croisement des deux rues du quatre-chemins : quatre maisons. Une case en bois en ruine : peinture beige et ocre défraichie, portes éventrées, toit affaissé. Continuer la lecturechroniques #01 | un quatre-chemins, une insomnie et un colibri…→

chroniques #00 | prologue

1 | DU MONDE Comment « tenir debout » dans la chaos du monde ? En opposant, vaille que vaille, une « inaltérable humanité ». Albane Gellé, Si je suis de ce monde, 2012Marie Ndiaye, Trois femmes puissantes, 2009, (Khady Demba) 2 | QUARTS D’HEURE Les mains de Sa-Ra qui font des ronds sur ses cuisses, obsessionnellement. Frôlement doux du velours. Le bruit de la clim Continuer la lecturechroniques #00 | prologue→

#le livre comme fiction #03 | fragments de librairies

J’ai peu la mémoire des lieux, je n’ai pas la géographie précise. Dans ma mémoire, tout est îlot et fragment. Il y a la toute première librairie. Celle de la ville où j’ai grandi. Elle faisait papeterie aussi et presse et tabac. Pas une vraie librairie. Elle s’appelait « Maison de la presse ». Sans doute une franchise. D’ailleurs, les espaces papeterie Continuer la lecture#le livre comme fiction #03 | fragments de librairies→

#le livre comme fiction #02 | l’atlas fragment de mémoire familiale

Une couleur, une forme, un lieu, un geste, la sensation que c’est grand et que c’est lourd, que ça intimide, que ça se referme devant un monde, pour l’heure, trop vaste, comme finit aussi par se refermer le livre documentaire sur l’univers que l’on m’avait offert à mon anniversaire vers mes sept ou huit ans peut-être : même sensation de vertige Continuer la lecture#le livre comme fiction #02 | l’atlas fragment de mémoire familiale→