A propos de Émilie Marot

J'enseigne le français en lycée où j'essaie envers et contre tout de trouver du sens à mon métier. Heureusement, la littérature est là, indéfectible et plus que jamais nécessaire. J'anime des ateliers d'écriture au lycée et maintenant un peu ailleurs. C'est l'horizon mais beaucoup de chemin encore !

chroniques #04 | tenir debout dans la nuit

1 | DU MONDE Pas question que « le vaste monde » « envahisse » « ma petite chambre ».Exigez « l’infini du désir ». Assez de « fleurs mortes ». Enass Sultan, « Chronique » / « Tout ce dont j’ai rêvé », Anthologie de la poésie gazaouie d’aujourd’hui, Points Poésie, 2025. 2 | ET LE BUS FILE DANS LA NUIT (NOTES D’AUTOROUTE) Ciel pâli. Bleu très clair qui tend vers le blanc. Continuer la lecturechroniques #04 | tenir debout dans la nuit

#chroniques #03 | fragments

1 | DU MONDE Écoute le murmure de la dune et la rumeur des vagues pour étouffer le bruit du monde. 2 | BRIBES DE BORD DE MER elle n’a pas beaucoup de famille de ce côté-là, juste sa grand-mère et sa tante / elles sont où les clés ? – dans le sac / à Strasbourg, ils parlent allemand / cassez-vous Continuer la lecture#chroniques #03 | fragments

chroniques #02 | des pouces qui tournent, des carnets de voyage rêvés, des portes qui s’ouvrent sur l’inconnu…

1 | DU MONDE Comment marcher sans vaciller ? 2 | LES POUCES QUI TOURNENT (ter) … les pouces tournent tournent tournent l’un sur l’autre l’un autour de l’autre sans heurt obsessionnellement aussi vite que les vieilles mains le permettent tournent et tournent jusqu’au vertige et voilà la grande pièce de la rue de l’église happée toute entière dans le tourbillon Continuer la lecturechroniques #02 | des pouces qui tournent, des carnets de voyage rêvés, des portes qui s’ouvrent sur l’inconnu…

chroniques #01 | un quatre-chemins, une insomnie et un colibri…

1 | DU MONDE Un monde qui « se détourne de l’amour » exige de nous assauts de « désirades ». Bell Hooks, A Propos d’amour.Daniel Maximin, L’Invention des désirades. 2 | UN QUATRE-CHEMINS Au creux des quatre coudes que forme le croisement des deux rues du quatre-chemins : quatre maisons. Une case en bois en ruine : peinture beige et ocre défraichie, portes éventrées, toit affaissé. Continuer la lecturechroniques #01 | un quatre-chemins, une insomnie et un colibri…

chroniques #00 | prologue

1 | DU MONDE Comment « tenir debout » dans la chaos du monde ? En opposant, vaille que vaille, une « inaltérable humanité ». Albane Gellé, Si je suis de ce monde, 2012Marie Ndiaye, Trois femmes puissantes, 2009, (Khady Demba) 2 | QUARTS D’HEURE Les mains de Sa-Ra qui font des ronds sur ses cuisses, obsessionnellement. Frôlement doux du velours. Le bruit de la clim Continuer la lecturechroniques #00 | prologue

#le livre comme fiction #03 | fragments de librairies

J’ai peu la mémoire des lieux, je n’ai pas la géographie précise. Dans ma mémoire, tout est îlot et fragment. Il y a la toute première librairie. Celle de la ville où j’ai grandi. Elle faisait papeterie aussi et presse et tabac. Pas une vraie librairie. Elle s’appelait « Maison de la presse ». Sans doute une franchise. D’ailleurs, les espaces papeterie Continuer la lecture#le livre comme fiction #03 | fragments de librairies

#le livre comme fiction #02 | l’atlas fragment de mémoire familiale

Une couleur, une forme, un lieu, un geste, la sensation que c’est grand et que c’est lourd, que ça intimide, que ça se referme devant un monde, pour l’heure, trop vaste, comme finit aussi par se refermer le livre documentaire sur l’univers que l’on m’avait offert à mon anniversaire vers mes sept ou huit ans peut-être : même sensation de vertige Continuer la lecture#le livre comme fiction #02 | l’atlas fragment de mémoire familiale

# le livre comme fiction #01 | grains fibres et feuilles

17,8 x 10,8 x 1,5 cm. 160 grammes. Sur le dos, de bas en haut : le sigle de l’éditeur. XYZ. Le titre du roman. Le prénom et le nom de l’auteur. Un parallélépipède exhumé du rayon Littérature québécoise de la bibliothèque. Le dos et la première de couverture sont maculées de petites taches ocres et jaunes, rousseurs, piqûres, signes de Continuer la lecture# le livre comme fiction #01 | grains fibres et feuilles

#construire #05 | l’œil et les pouces qui tournent

L’œil voit les pouces tourner et dessus les pouces, ou bien entre, entre les pouces, entre les doigts, l’œil voit les plis de la peau des mains, et les taches ocres en constellation sur la peau des mains, qui s’agitent en petits tourbillons, et dans le mouvement des pouces, l’œil voit les pensées qui tournent avec, ne voit bientôt plus Continuer la lecture#construire #05 | l’œil et les pouces qui tournent

#construire #04 | tu décides de la suivre…

Tu traines. Ton corps et ta peau dans un paysage sans couleurs, un paysage gris et blanc. Délavé. Les nuages se retiennent de pleuvoir. Mais ils sont au bord. Tu traines dans la rue grise. Les murs sont gris. L’église tout en bas est toute grise. Le ciel est gris. Les silhouettes font vite. Il va pleuvoir. Une femme tassée Continuer la lecture#construire #04 | tu décides de la suivre…