A propos de Émilie Marot

J'enseigne le français en lycée où j'essaie envers et contre tout de trouver du sens à mon métier. Heureusement, la littérature est là, indéfectible et plus que jamais nécessaire. Depuis deux ans, j'anime des ateliers d'écriture le mercredi après-midi avec une petite dizaine d'élèves volontaires de la seconde à la terminale. Une bulle d'oxygène !

#carnets individuels | Emilie Marot

1 09/11/22 | Fraicheur du carrelage sous le pied nu au petit matin le corps encore tout chaud des plis déplis et replis de la nuit. Dans l’encadrement de la porte, la découpe sombre des monts. La nuit s’accroche encore dans la pâleur de six heures. 2 10/11/22 | …le visage de Léontine…les odeurs des maisons d’enfance…le visage du garçon Continuer la lecture#carnets individuels | Emilie Marot

#carnets #prologue | carnets nomades

Tant et tant de carnets transbahutés. Petits, moyens, grands, lignés, vierges, quadrillés, à spirales, à la reliure cousue, agrafée, unis ou à motifs. Parmi. Il y a le tout petit carnet vert usé à la corde, couvertures première et quatrième effilochées usées grattées frottées, relique nostalgique de temps révolus de villes passées de gens perdus. Parmi. Il y a les Continuer la lecture#carnets #prologue | carnets nomades

#40jours #40-1 | bibliographie

Au bout du parcours, j’ai éprouvé le besoin de rassembler la bibliothèque de l’atelier. Exercice de copier-coller. Merci François pour tout ça ! Bibliographie Jacques Abeille, Le Veilleur du jour / Les Jardins statuaires (Le Tripode, 2015 / 2016) Samuel Beckett, Comment c’est (1961) / Le Dépeupleur (1970) Walter Benjamin, Sens unique / Enfance berlinoise / Paris, capitale du XIXe Continuer la lecture#40jours #40-1 | bibliographie

#40jours #39 | c’est en pleine nuit que nous prenions le départ…

C’est en pleine nuit que nous prenions le départ. Transbahutées en pyjamas de la chaleur du lit jusque sur le rêche d’une couverture dans le frais d’un sac de couchage sur la plage arrière du fourgon happant goulument la fraicheur et l’odeur des nuits d’été par le haillon arrière ouvert. Dans le chuchotis si doux des voix et des gestes, Continuer la lecture#40jours #39 | c’est en pleine nuit que nous prenions le départ…

#40jours #38 | palper la frontière

Elle prit le départ tôt ce matin-là. Elle baissa les vitres, elle n’alluma pas la radio. Elle boucla sa ceinture. Le phare blanc s’éloignait dans le rétroviseur. A la fois point de départ et point d’arrivée. Point de fuite. Point de chute. Une boucle. Un tour. Elle voulait vivre de l’intérieur le « syndrome de l’île » comme elle l’appelait. Qui était Continuer la lecture#40jours #38 | palper la frontière

#40jours #37 | pélerinage : écrire et parcourir trois lieux obsédants de l’enfance

| le HLM orange et sa lourde porte qui se refermait sous propre son poids dans un léger claquement net et sans bavure pendant que le bébé dormait là-haut dans le silence de l’appartement vide | la maison à la petite grille noire et aux petits gravillons gris, maison de la fugue enfantine. S’avancer en chaussons sur les petits cailloux gris. Continuer la lecture#40jours #37 | pélerinage : écrire et parcourir trois lieux obsédants de l’enfance

#40jours #36 | parole aux morts

Estelle R. 1978-2016 Je me suis jetée dans la Loire, un jour de décembre gris. L’eau noire m’a avalée. J’ai noyé ma douleur. La tête en étau. La peau grise. Plombée de chagrin j’ai sombré dans la vase le limon les algues dérivé délivrée légère enfin dans le courant dissout le corps et l’âme dans les méandres du fleuve. J’ai Continuer la lecture#40jours #36 | parole aux morts

#40jours #34 | l’incendie, la page de dictionnaire et le miroir

Dans le petit matin rougi d’aube, il fait chaud encore. Nous avions évacué nos maisons en pleine nuit et avions attendu que l’incendie soit maitrisé pour pouvoir y retourner. J’avais réussi tant bien que mal à me rendormir rafraichie par des serviettes humides. Plus aucun ventilateur ne fonctionne. Nous n’avons plus l’électricité. La ville s’éveille, ignorante encore de la nuit Continuer la lecture#40jours #34 | l’incendie, la page de dictionnaire et le miroir

#40jours #32 | fragments de villes-en-livres

cases et tôles cuits de soleil dans les débrouillades diurnes et nocturnes de l’En-Ville | cités grises d’asphalte et de béton traversées du bruit adolescent de vélomoteurs où la vie se joue à qui perd gagne | dédale labyrinthique des rues où des portes ouvrent sur des univers étranges | ville défiée objet de dévoration et d’appétits voraces où se Continuer la lecture#40jours #32 | fragments de villes-en-livres