A propos de Émilie Marot

J'enseigne le français en lycée où j'essaie envers et contre tout de trouver du sens à mon métier. Heureusement, la littérature est là, indéfectible et plus que jamais nécessaire. J'anime des ateliers d'écriture au lycée et maintenant un peu ailleurs. C'est l'horizon mais beaucoup de chemin encore !

#le livre comme fiction #03 | fragments de librairies

J’ai peu la mémoire des lieux, je n’ai pas la géographie précise. Dans ma mémoire, tout est îlot et fragment. Il y a la toute première librairie. Celle de la ville où j’ai grandi. Elle faisait papeterie aussi et presse et tabac. Pas une vraie librairie. Elle s’appelait « Maison de la presse ». Sans doute une franchise. D’ailleurs, les espaces papeterie Continuer la lecture#le livre comme fiction #03 | fragments de librairies

#le livre comme fiction #02 | l’atlas fragment de mémoire familiale

Une couleur, une forme, un lieu, un geste, la sensation que c’est grand et que c’est lourd, que ça intimide, que ça se referme devant un monde, pour l’heure, trop vaste, comme finit aussi par se refermer le livre documentaire sur l’univers que l’on m’avait offert à mon anniversaire vers mes sept ou huit ans peut-être : même sensation de vertige Continuer la lecture#le livre comme fiction #02 | l’atlas fragment de mémoire familiale

# le livre comme fiction #01 | grains fibres et feuilles

17,8 x 10,8 x 1,5 cm. 160 grammes. Sur le dos, de bas en haut : le sigle de l’éditeur. XYZ. Le titre du roman. Le prénom et le nom de l’auteur. Un parallélépipède exhumé du rayon Littérature québécoise de la bibliothèque. Le dos et la première de couverture sont maculées de petites taches ocres et jaunes, rousseurs, piqûres, signes de Continuer la lecture# le livre comme fiction #01 | grains fibres et feuilles

#construire #05 | l’œil et les pouces qui tournent

L’œil voit les pouces tourner et dessus les pouces, ou bien entre, entre les pouces, entre les doigts, l’œil voit les plis de la peau des mains, et les taches ocres en constellation sur la peau des mains, qui s’agitent en petits tourbillons, et dans le mouvement des pouces, l’œil voit les pensées qui tournent avec, ne voit bientôt plus Continuer la lecture#construire #05 | l’œil et les pouces qui tournent

#construire #04 | tu décides de la suivre…

Tu traines. Ton corps et ta peau dans un paysage sans couleurs, un paysage gris et blanc. Délavé. Les nuages se retiennent de pleuvoir. Mais ils sont au bord. Tu traines dans la rue grise. Les murs sont gris. L’église tout en bas est toute grise. Le ciel est gris. Les silhouettes font vite. Il va pleuvoir. Une femme tassée Continuer la lecture#construire #04 | tu décides de la suivre…

#construire #02 | ce que ça éveille

sur la bureau Edouard Louis, Didier Eribon, Annie Ernaux, Pierre Bourdieu, les petits pains au lait, la cour de l’École Normale Supérieure, l’usine, les bustes des écrivains de la cour de l’École Normale Supérieure, le rythme des 3×8, les lettres de Mme de Sévigné, les vestiaires, le Panthéon, les casiers, la République de Weimar, la chute des petits pains au Continuer la lecture#construire #02 | ce que ça éveille

#construire #01 | ça a peut-être bien débuté là

Ça a peut-être bien débuté là. Dans une salle de classe en quatrième ou en troisième. Dans le désir même. Toi penchée sur ta copie. C’était une rédaction. Tu ne te rappelles plus le sujet. Tu aimerais bien avoir conservé la copie dans tes cartons numérotés. C’est ton professeur de français qui te surveillait. Dont tu étais amoureuse. Il enseignait, Continuer la lecture#construire #01 | ça a peut-être bien débuté là

#rectoverso #13 | forer le bloc de silence obscur et dense

Un bloc de silence obscur et dense. unblocdesilenceobscuretdenseobsidienne noire de la mémoire et le cri enfermé dedans micA noirun Bloc de SilENCE obscur – e et dense et les miettes de larmes qui brillent dedans La chambre noire de l’enfance unblocdesilenceobscuretdensequi tombe dans le ventre-étanget plombe et tordétouffe le cri les larmes unblocdesilenceobscuretdenseavalé tout cruet toute l’angoisse dedans en bloc Continuer la lecture#rectoverso #13 | forer le bloc de silence obscur et dense

# recto-verso #12 | 9, rue de l’église (traquer la disparition)

10.08.25 | écriture nomade encore, alors manque le matériau – les photos, les plans de la maison –   alors j’esquisse pour tenir le rythme, et il faudra reprendre. Et puis je me rends compte que le texte est en partie écrit. La proposition 12 rebondit sur la proposition 5, naturellement. Il y a même un « peut-être », déjà, dans la 5. Continuer la lecture# recto-verso #12 | 9, rue de l’église (traquer la disparition)

#rectoverso #11 | choses qui voudraient se souvenir et s’écrire

Choses qu’on oublie Le titre d’un filmLa date et l’heure d’un rendez-vousUn nom, un prénom ou les deux, ça ne revient pas, alors on chercheUn visage, un lieu sur une photographieCe que raconte un livre, et on ne se souvient tellement pas, que c’est comme si on ne l’avait pas luSon parapluie, et il peut, de quoi se couvrir, et Continuer la lecture#rectoverso #11 | choses qui voudraient se souvenir et s’écrire