A propos de Isabelle Charreau

j’arpente plus facilement les chemins de terre que les pavés de la ville, je fréquente l’atelier pour le plaisir comme des gammes, sans projet de partition

#anthologie #31 | sale époque

Je suis bien là, avec la vue sur les montagnes, comme si j’avais choisi l’emplacement, mais non je vous ai laissé ce soin, je me suis contenté de choisir la corde. Je vous ai surpris vous tous, faire ça, comme ça, en terminer sans prévenir, aucun signe avant coureur. Vous m’en voulez, après ces années, vous m’en voulez encore ? Je Continuer la lecture#anthologie #31 | sale époque

#anthologie #29 | pas un simple oubli

…Il voulait lui dire, n’avait pas réussi, elle viendrait, elle verrait. Je quitte la nationale pour le petit chemin Il y a trois façons d’arriver au village je choisis de préférence le petit chemin qui est goudronné seulement au début et qui n’est pas entretenu je suis secouée dans les ornières Je n’aime pas la route du bas qui quitte Continuer la lecture#anthologie #29 | pas un simple oubli

#anthologie #28 | rencontres

#8 Il reste la trace blanche de l’affiche de Cabaret, il reste l’image de Liza Minelli son chapeau, son justaucorps, ses cuissardes et le tabouret, aussi le souvenir de Liza de dos sur le quai de la gare, l’adieu de sa main aux longs ongles rouges. #12 Dans le vieux bazar de Skopje, marcher entre les arches du Kuršumli An, Continuer la lecture#anthologie #28 | rencontres

#anthologie #27 | à suivre

Longtemps il s’est rêvé voyageant de conférence en conférence, archéologue mondialement reconnu, accueilli dans chaque capitale meilleur hôtel champagne dans la chambre séances de dédicace assemblée d’étudiants béats, son premier stage était pourtant prometteur…https://www.tierslivre.net/ateliers/anthologie-17-avant-le-crime/ La collectionneuse (comme un roman de Guy des Cars)Repérer distinguer choisir ramasser remplir ses poches, coquillages bouchons brindilles lucarne morte caillou à peau lisse élastique déchiré Continuer la lecture#anthologie #27 | à suivre

#anthologie #26 | mes voix

Les voix dans ma tête sont silencieuses et elles font un vacarme épouvantable. A partir de cinq heures, le jour se lève sans se faire entendre, au moins une heure avant l’aube les oiseaux se réveillent, chaque espèce d’oiseau commence sa journée à un moment précis et différent, le rouge-queue, le rouge-gorge, le merle noir, le rossignol, les sifflements, les Continuer la lecture#anthologie #26 | mes voix

#anthologie #25 | Obsession lavande (notes)

Odeur d’acétone de son haleine d’enfant. Frotter en passant les branches de la lavande s’arrêter toujours. Froisser les feuilles duvet du Géranium Rosat. Odeur de la soupe au céleri de Marcelle. Odeur de thym, test en aveugle pour distinguer thym citron, thym serpolet, thym commun. Mes odeurs imaginaires sont réelles, souvent une odeur de brûlé, tout va bien pourtant selon Continuer la lecture#anthologie #25 | Obsession lavande (notes)

#anthologie #24 | Pas de la fiction

Comme un souffle léger, comme le vent pour soulever une plume, je l’appelle souvent ma plume. L’envie de se mettre juste à la sortie de l’air devant son nez, de s’allonger à son côté et de le sentir passer sur mon visage, prendre son rythme, le suivre, respirer avec elle. Ce rythme apaisant, un rythme apaisant c’est régulier, sans grandes Continuer la lecture#anthologie #24 | Pas de la fiction

#anthologie #21 | Et plus personne pour me le dire

Maurice Il a perdu sa fille quand elle avait vingt ans (1) en 1948 (2) après la guerre il habitait encore dans le Nord. Personne ne parlait de cette jeune femme sur la photo encadrée dans le salon on m’a peut-être dit qu’elle s’appelait Liliane je trouvais que ça lui allait bien qu’elle était belle comme une actrice avec sa Continuer la lecture#anthologie #21 | Et plus personne pour me le dire

#anthologie #17 | avant le crime

Depuis mars 2015 il reste seulement des amas de pierres, des murs effondrés, on peut distinguer encore le dessin des pièces, les briques de terre crue effritées au sol, devenues indiscernables, retournées à leur forme initiale, poussière. Il reste une arche, porte qui donnait peut-être sur l’office ou sur son bureau. Et le désert autour. Nous avions fait connaissance en Continuer la lecture#anthologie #17 | avant le crime

#anthologie #16 | peur de s’y perdre

Elle est assise devant la table ronde, concentrée. Elle prend chaque photo d’une boîte, la regarde, la retourne, la pose sur un des tas qu’elle a constitué. Un manège, l’une après l’autre, elle regarde, elle retourne, elle pose. Elle reprend parfois la photo qu’elle vient de poser, elle l’approche de son visage, soupire, sourit, la replace sur une autre pile. Continuer la lecture#anthologie #16 | peur de s’y perdre