A propos de Jacques de Turenne

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#anthologie #27 | objets d’amour et de douleur  

Un homme parcourt inlassablement les couloirs de son appartement. On dit les couloirs alors qu’en fait l’appartement est de dimension tout à fait raisonnable, voire même petit. Cependant les déambulations incessantes, les aller-retours lui font parcourir des kilomètres. L’expression « il tourne en rond » ou « mais arrête de tourner en rond, tu nous fatigues à la fin » en plus d’être pléonastique Continuer la lecture#anthologie #27 | objets d’amour et de douleur  

#anthologie #26 | échos ineffacés du grand jamais

nu dans l’avant-monde plein défait constant brisé apparu effacé | le premier dôme le grand jamais | l’omniprésente forge inouïe (t’) apaise enchante et tisse | (flotte) le glouglouteur poisson funambule – noyé envahi ensorcelé : souffles cognements métronomiques mélopées tièdes grands chuintements grondements lourds comme l’orage d’été | tambourin du rêve chamane, rumeur longue de grotte humide, gargouillements, empreintes fantômes : Continuer la lecture#anthologie #26 | échos ineffacés du grand jamais

#anthologie #25 | à propos d’odeurs…

La vétérinaire écarte les mâchoires de l’animal, ouvre un peu plus la gueule, se penche, sent, petits coups rapides, comme un chat. L’odeur du malheur ? des débris de la poudre des bombes des cadavres de la misère de la boue. L’odeur du bonheur ? De l’odeur des regrets et de celle des remords, laquelle ? Le chien dans le salon d’attente des Continuer la lecture#anthologie #25 | à propos d’odeurs…

#anthologie #24 | ton ailleurs que personne ne sait

Il y a le tressaillement léger de la main, l’agitation à peine perceptible du bout des doigts de la main gauche, les deux bras allongés de chaque côté du corps, posés à plat sur la couverture fine remontée jusque sous les  aisselles – elle entre se penche murmure ton prénom pose ses lèvres sur ton front – il y a Continuer la lecture#anthologie #24 | ton ailleurs que personne ne sait

#anthologie #23 | la tire-vieille

En bas du village, écoute bien, vraiment tout en bas, en descendant le sentier, aujourd’hui étranglé de ronces, thrombosé des cailloux blanchâtres d’alentour : les maisons éventrées, répandues –, les toits crevés dont un au moins avec la poutre calcinée brisée en deux, encore cinquante soixante mètres peut-être plus bas encore sur la gauche, peux pas le manquer, la margelle en Continuer la lecture#anthologie #23 | la tire-vieille

#anthologie #21 | Notes pour continuer

J’imagine que c’est l’un d’eux, un des R, René ou Raymond ou peut-être papa, il est bien terminé le temps de demander (1) entre ceux qui sont partis dans l’euphémisme définitif et les béances croissantes de la mémoire de nous les autres. En tout cas c’est pris devant la maison au bord de la piètre route. (2) (Tu dis chaque année Continuer la lecture#anthologie #21 | Notes pour continuer

#anthologie #20 | 3 photos avec et sans toi

J’imagine que c’est l’un d’eux, un des R, René ou Raymond ou peut-être papa, il est bien terminé le temps de demander, entre ceux qui sont partis dans l’euphémisme définitif et les béances croissantes de la mémoire de nous les autres. En tout cas c’est pris devant la maison au bord de la piètre route. (Tu dis chaque année on va Continuer la lecture#anthologie #20 | 3 photos avec et sans toi

#anthologie #19 | fragmentaux

une nuit je meurs quatre fois quatre fois je ne vois ni ne sens mon corps, je sais que je meurs c’est tout –, je suis soulagé, je suis soulagé d’être soulagé, je ne suis pas seul je vois des mains je vois que les mains m’appellent me font signe ce sont des mains amicales connues rassurantes mais je ne Continuer la lecture#anthologie #19 | fragmentaux

#anthologie #17 | l’accident

Ça m’est revenu quand j’ai vu le film avec Michel Piccoli, bien longtemps après sa sortie, un film culte Hélène m’a dit, alors pourquoi pas, on y va… À l’époque je l’avais raté et puis je sais pas si ça m’aurait fait pareil. Comme si j’avais tout effacé sans comprendre. Dans le film on voit bien comment c’est très long Continuer la lecture#anthologie #17 | l’accident

#anthologie #18 | questions de photografer (de la photo-graphie comme traceur visuel / mental)

  • impression. Outre ce qui est désigné du procédé et des outils et techniques (choix du support, des différents types de papier encres, pigments) mais aussi ce qui impressionne (la pellicule – les capteurs), celui qui est impressionné par la photographie (qu’est-ce-que c’est, comment c’est, qu’est-ce-que ça fait être impressionné ?) qu’est-ce-qui a impressionné celui qui l’a réalisée (la beauté, la couleur, le rythme, le banal…), ce qu’il en sait, ce qu’il cherche-trouve, ce qu’il ignore.
  • Saisir ce qui impressionne ???  Couleurs Fresson de Bernard Plossu, La Gacilly 2024 ) – Images mentales (Naggar ) – Photographie performative de Mario Giacomelli :« Je ne voudrais pas répéter les choses visibles, mais les rendre visibles, intériorisées, je désirerais pouvoir glisser sous la peau des choses, pouvoir montrer l’énergie qui passe entre mon âme et les choses qui sont autour de moi. » (tentative de mise en évidence d’un processus de mise en/au monde) Abolition du net, du distinct, de la représentation sclérosée, force de la pulsion…
  • Négatif. Évidemment l’usage du numérique a fait reculer celui de la pellicule et des négatifs et planche-contact. Le négatif plus (autre) que l’envers ou l’inverse du positif, une attente de révélation… d’apocalypse ? Ce qu’en disent les pratiquants du développement : la magie d’une apparition… Ce qui est en puissance d’apparaitre. Une création et non pas une reproduction ou simple représentation. Ce qui s’actualise du mouvement par et vers le voir (la prise de vue) dans l’acte photographique ?
  • Inspirés du diorama : À la Gacilly (2024) les Future past present tense d’Anne Zahalka… Comme les illustrations d’un livre d’images déployées sur les pierres du village – une vieille encyclopédie où se mélangeraient sous le regard tous les temps, les états incertains entre mort et vivant.
  • Photo-langage : ce que les photographies font naître de mots quand elles nous choisissent : « prenez la photographie qui vous attire, celle qui vous accroche l’œil, même (surtout) si vous ne savez pas pourquoi… »
  • Série – album – raconter une histoire etc… L’approche de la photographie contemporaine met l’accent sur la narrativité par le biais de plusieurs photographies destinées à explorer un champ, développer une thématique etc… et s’éloigne de la photo « iconique ». C’est le dispositif de prise des photos, leur choix, l’association la diversité la complémentarité la cohérence l’originalité qui vont faire que ça « fonctionne » ou pas et que l’on reconnaît le style – la pâte du photographe… De multiples résonnances avec l’écriture.
  • Perdue – ratée. Toujours la photo perdue ou ratée. Qu’est-ce qui motiverait encore le désir de photographier sinon l’inachèvement et l’inaccessible ?
  • Tentative d’épuisement. Au-delà du réel, Cássio Vasconcellos, La Gacilly 2023. Fresque géante, montage de milliers de photos aériennes… Et si les images du monde le recouvraient en totalité ?