A propos de JLuc Chovelon

Prof pendant une dizaine d'années, journaliste durant près de vingt ans, auteur d'une paire de livres, essais plutôt que romans. En pleine évolution vers un autre type d'écritures. Cheminement personnel, divagations exploratives, explorations divaguantes à l'ombre du triptyque humour-poésie-fantastique. Dans le désordre.

#rectoverso #08 | clowns

Je ne voulais pas faire l’andouille, c’est à cause d’elle. Je ne crois pas qu’elle voulait faire l’imbécile, mais quand on est toutes les deux, c’est plus fort que nous, on n’arrête pas. Firmine, c’est la moitié qui est en moi qui a envie de rire quand l’autre moitié n’en a pas envie. Je crois que c’est la même chose Continuer la lecture#rectoverso #08 | clowns

#rectoverso #07 | la mort de Georges Pompidou

le fait que Georges Pompidou soit mort a plongé le monde de Paul Paturel dans une autre dimension, car il y avait un premier monde dans lequel Georges Pompidou existait et, en un instant, est apparu un nouveau monde dans lequel George Pompidou n’était plus ; le fait que cet instant précis soit situé, pour Paul Paturel, entre deux bouchées de Continuer la lecture#rectoverso #07 | la mort de Georges Pompidou

#rectoverso #06 | quand on est personnage de roman

Quand on est personnage de roman, on respire l’air des autres. On n’existe que par les autres. À cause des autres.  On naît quelque part dans l’imagination d’un écrivain, entre deux pensées vagabondes, puis on grandit dans une forêt d’idées, à l’ombre des plus grandes. On est nourri par tout ce qui parcourt un esprit humain. Une impression, une sensation, Continuer la lecture#rectoverso #06 | quand on est personnage de roman

#rectoverso #05 | comment vieillissent les rêves

Juste devant moi, la silhouette d’un puits se dessine sous un clair de lune. Je suis enfant. Je vois se découper, dans le ciel étoilé, l’arche en fer forgé, la corde et le seau posé sur la margelle. Je m’avance. Le silence, pas même le chant d’un oiseau. Je distingue le vide à l’intérieur du puits, une tache noire. Je Continuer la lecture#rectoverso #05 | comment vieillissent les rêves

#rectoverso #04 | derrière les portes

S’arrêter là, devant la porte, et sonder son esprit pour y déceler les vestiges de son histoire passée. Dans l’immobilité maintenue, se mettre doucement à trembler. Comme tremble une feuille qui s’apprête à tomber, comme tremble un muscle trop longtemps rigide. Chercher le sens qui osera le mouvement. Je perçois cette odeur qui s’impose devant moi, fière et maîtresse, comme Continuer la lecture#rectoverso #04 | derrière les portes

#rectoverso #03 | trois explorations et un conte

Il y a, il en un, un il-île car c’est bien la mer qu’il l’entoure, la mer que l’on atteint lorsqu’on prend le recul que la locution impose.Il y a, y en deux, un i-grec parce qu’on est en Méditerranée. Il y a les Cyclades, les Ioniennes. Ou le Dodécanèse ou encore les Sporades. Le i s’hellénise pour faire le Continuer la lecture#rectoverso #03 | trois explorations et un conte

#rectoverso #02 | disparition

à ce stade de la nuit, je ne sais pas encore où je me trouve. L’impression de dormir dans un endroit inconnu. Mon esprit se réveille juste assez pour goûter au plaisir d’y être. Je suis dans mon studio. Chez moi. Pour la première fois de ma vie, je peux me dire que je suis chez moi. C’est un sentiment Continuer la lecture#rectoverso #02 | disparition

#rectoverso #01 | où l’on parle de pâte de coings, de Mozart, de fenêtres et d’un rêve bizarre

RECTO Des jours d’été comme celui-ci, la chaleur anesthésie la ville. Elle est emprisonnée dans l’univers minéral que l’homme a édifié à l’endroit même où les arbres l’avaient accueilli quand il cherchait à fuir le temps figé de la pierre. Et elle l’emprisonne à son tour dans les grottes empilées qu’il s’est construites pour le condamner à vivre sa réalité Continuer la lecture#rectoverso #01 | où l’on parle de pâte de coings, de Mozart, de fenêtres et d’un rêve bizarre

#boost #15  | la note

La note. Note de musique. Son. Tourbillon de toutes les notes de musique. Tourbillon de tous les sons de l’univers concentrés en un seul. La note de musique qui s’élève. Le son du monde qui vibre. Un battement, un rythme qui porte la lumière et les ténèbres. Un chant dans lequel toutes les notes se noient pour engendrer un ensemble Continuer la lecture#boost #15  | la note

#boost #14 | entre chien et loup

Apprivoisé enfin d’une journée obscurcie le jour aboie et s’estompe. Assis immobile sur la pierre chaude les pattes avants droites et la tête relevée je regarde la lumière colorier l’horizon. Lentement je sens poindre en moi l’ensauvagement qui m’appelle. La vallée grandit et le ciel recule. Assis immobile jusqu’au frétillement de la queue qui disparaît pendant qu’elle se gonfle de Continuer la lecture#boost #14 | entre chien et loup