A propos de Monika Espinasse

Originaire de Vienne en Autriche. Vit en Lozère. A réalisé des traductions. Aime la poésie, les nouvelles, les romans, même les romans policiers. Ecrit depuis longtemps dans le cadre des Ateliers du déluge. Est devenue accro aux ateliers de François Bon. A publié quelques nouvelles et poèmes, un manuscrit attend dans un tiroir. Aime jouer avec les mots, leur musique et l'esprit singulier de la langue française. Depuis peu, une envie de peindre, en particulier la technique des pastels. Récits de voyages pour retenir le temps. A découvert les potentiels du net depuis peu et essaie d’approfondir au fur et à mesure.

#boost#07 V.P.conjurations

Encore un jour Elle se lève le matin, fatiguée, courbatue. Pose tes pieds ! Bien à plat, plantés dans le sol, ça va aller ! elle se lève du lit, les pieds tiennent, plus solides qu’elle ne pensait. Encore un jour.Elle ouvre la fenêtre, respire, fort, l’air est frais, revigore. Et puis il y a le soleil aujourd’hui, un soleil Continuer la lecture#boost#07 V.P.conjurations

#boost#06 Michaux,visages

Masques et gargouillesDes photos accrochées sur le mur. Des portraits. La galerie des anciens, des aïeux. Des visages et des corps en cadres dorés. Raides, stricts, posés. Pas un sourire. Ce n’est pas l’usage, c’est pour la postérité, c’est sérieux. Endimanchés, engourdis, noir et blanc, blanc et noir. Cheveux gominés et moustache cirée, chignon serré emprisonné, traits tirés, étrécis, coincés, Continuer la lecture#boost#06 Michaux,visages

#boost# 05, Artaud

Le cri Douleur Fureur Tourment AmertumeNœud Nouage Paralysie ÉtranglementGorge étroite enserrée glandes salivaires réprimées montées descentes râpées à sec écorchéesSécheresse étouffement la poitrine s’emprisonne les mains tremblent griffent se nouent se dénouent en priant le ciel ou l’enferLe corps ne répond plus rigide absent le corps s’asphyxie le corps refuse le corps défailleIl faudrait monter sur la plus haute montagne Continuer la lecture#boost# 05, Artaud

#boost#04 Grisaille et sillons neufs

Tenir tête à la mélancolie — les jours de grisaille — les jours de rien du tout — les jours de perdition — tenir tête — la tête haute — le dos droit — à la solitude — sans soleil sans but sans fin— se secouer — gagnerTenir tête à la nostalgie — qui s’insinue doucement — qui enveloppe — Continuer la lecture#boost#04 Grisaille et sillons neufs

#boost#03 Même pas peur!

Elle se jette dans la vie, elle plonge, elle sait nager. Elle n’a pas peur, non, pas peur du tout, elle a tellement envie de vivre, de faire, de dire, de ressentir, de réaliser, la peur n’y a pas sa place. Si elle s’écoutait, elle la sentirait peut-être, peut-être que la peur serait là, au fond, tout au fond, la Continuer la lecture#boost#03 Même pas peur!

#boost#02 Portes

Une grande porte cochère fermée à clef pour la sécurité des habitants de l’immeuble. Tu auras une clef quand tu seras plus grande. Des boutons de sonnette en laiton trop hauts pour les petits bras. La mère surveille l’arrivée de la fenêtre pour ouvrir en appuyant en réponse sur un autre bouton de sonnette là-haut. La porte s’ouvre pour toi Continuer la lecture#boost#02 Portes

#01#boost strates

Terres Ici la terre est rouge. Compacte. Lourde. Une terre de vigne et de cerisiers. Détrempée quand il pleut, serrant la semelle des bottes dans son étreinte. Et dans les pentes, la pluie se déverse en cascade sur cette terre argileuse qui n’arrive pas à retenir l’eau précieuse pour les cultures. Une terre grosse, collante, difficile à travailler, à retourner. Continuer la lecture#01#boost strates

#boost #00 | 44.404777, 3.612516

La Cham des BondonsRien autour de toi. Rien que du paysage. Du ciel. De l’air, du vent, parfois de la tempête, ou du brouillard, brouillard épais qui étouffe, qui éteint. Un plateau calcaire à 1100 mètres. Parsemé de menhirs. Un champ de menhirs.Tu es au milieu du paysage. Tu es au bout du monde. Tu es le centre du monde. Continuer la lecture#boost #00 | 44.404777, 3.612516

#anthologie #31 Kasischke

Je voulais vivre cent ans… Ne vous inquiétez pas ! Ma mort a été douce, même si elle n’était pas programmée comme ça. Je voulais vivre jusqu’à cent ans, connaître encore un peu plus ce monde qui ne m’a pourtant pas gâtée. Je ne suis pas née à la bonne époque. J’étais l’aînée de cinq enfants, peut-être même six, il y Continuer la lecture#anthologie #31 Kasischke

#anthologie #26 | Manganelli

C’est l’été Chaleur intense. Chape de silence. Heure de la sieste. Le ciel gris acier plombe et l’air tremble. Les insectes bourdonnent, les feuilles de l’arbre bruissent doucement sous la brise qui se lève. Les bruits semblent assourdis, endormis. Sur le chemin, le gravier crisse sous un pas. Un rire cristallin, clochette mélodieuse, flotte dans l’air. Des chuchotements portés par Continuer la lecture#anthologie #26 | Manganelli