Je n’écrirai pas la symétrie parfaite #construire #09

Non, je ne serai pas toujours celui qui fait classique. Evidemment que je peux distinguer deux sources d’inspiration à mes Disparités de disparitions. Et c’est même très clair, il y a tout ce qui remonte de mon enfance occitane, celle qui trimbale des lavoirs où parlementent des femmes, des forges enfoncées dans la pierre, des barrières d’octroi fantômes. Mais il Continuer la lectureJe n’écrirai pas la symétrie parfaite #construire #09

#construire #08 | Au lavoir

Heureuse celle qui a obtenu le droit de ne jamais y revenir, au lavoir. Pour ne pas me sentir en reste, j’ai choisi d’habiter juste en face, d’un lavoir. Un lavoir de montagne, un lavoir d’où l’on voit quand même du beau, un lavoir d’où l’on entend quand même la chanson du torrent de fond de vallée, un lavoir quand Continuer la lecture#construire #08 | Au lavoir

Parvis à palabre #construire #07

Une jambe se balance, comme s’il fallait prendre l’élan pour sauter. Mais le vieux Sylla reste silencieux, assis sur le bord du mirador, tourné vers le grand rônier, le bras droit vertical, calé sur le grand rondin, comme en étai, la main gauche devant la bouche, comme s’il y avait quelque chose à protéger là. Passe Fatoumata Diaabi, contournant le Continuer la lectureParvis à palabre #construire #07

#construire #06 | Après la cuisine

Des gants, il faut des gants qui supportent encore le gras, c’est-à-dire qui n’en aient pas trop déjà de collé dessus à relarguer mais qui ne soient plus assez propre pour la simple vaisselle. Mieux les vaut bleus ou verts que couleur de rose pour ça. Parce qu’il faut lisser, bord extérieur de la main avec son effet ventouse, lisser Continuer la lecture#construire #06 | Après la cuisine

#construire #05 | C’est la nuque qui connaît la porte

La nuque sait le froid de la pierre qui va passer tout près quand il va falloir se tendre parce que la porte a été prévue spécialement basse, parce qu’elle est ainsi pour vous et pour les vôtres, parce qu’il est question d’un plan d’humiliation et qu’il faut que ce soit vous et les vôtres qui passiez spécialement par là, Continuer la lecture#construire #05 | C’est la nuque qui connaît la porte

#construire #04 | Traîneur de frontière

Tu traînes. Un homme t’a regardé. Tu ne sais pas par où passer. Tu ne sais pas comment franchir. Alors tu traînes autour de l’église. Tu cherches la porte basse. Tu cherches la porte la plus basse. Tu aimerais bien qu’il y en ait une. Revenir en arrière. Tu es au-delà. Le bantaba est là, ce qu’ils appellent l’arbre à Continuer la lecture#construire #04 | Traîneur de frontière

#construire #03 | Tenue léopard

La sixième part de l’auréole, c’est la mienne. Comme la part manquante sur la tache où pointe mon épaule gauche. Je sais que ma chance est là. A condition de déclencher avec autant de fulgurance que mon épaule gauche quand l’occasion se présente. Alors j’ai commencé à explorer la part qui était mienne. A mesure que mes muscles s’échauffaient, je Continuer la lecture#construire #03 | Tenue léopard

#construire #02 | Flocons et forgerons

Cristaux rassemblés en strates hautes de gris, branches à branchettes scintillantes, rumeurs éparses en nappes épaisses, cumulus des hautes sphères, écharpements des montagnes, mise en abyme des lacs de Finlande et d’ailleurs, impensable événement de moyenne Garonne, voix qui dirait proximité, voix à la fois aigüe et douce, promesse d’un tapis, promesse de bonhommie, promesse d’étouffement de la criaillardise, crainte Continuer la lecture#construire #02 | Flocons et forgerons

#construire #01 | Ça a commencé avec des flocons

Oui, ça a commencé ainsi : des flocons. Ça tombait du ciel. Alors trouver un café avec large vitre. Voir tomber ça en étant abrité. Voir le jour se lever en même temps. Essayer de reconnaître l’individualité des flocons traversant l’epace incertain entre le ciel enténébré et le tapis de la neige rehaussé par les phares des voitures. Dessiner ça et Continuer la lecture#construire #01 | Ça a commencé avec des flocons

#histoire #12 | Hôtel du Faubourg

Jamais ne le trouveras ! Pourtant, je revois l’escalier qui craque et sa rambarde incertaine et les lumières venant le frapper depuis la mince fenêtre du cinéma d’à côté avec de temps en temps le solo d’un gyrophare de police ou peut-être d’ambulance, va savoir. Je revois le labyrinthe du couloir, essayer de se préparer à la difficulté de retrouver d’emblée Continuer la lecture#histoire #12 | Hôtel du Faubourg