#construire #04 | Traîneur de frontière

Tu traînes. Un homme t’a regardé. Tu ne sais pas par où passer. Tu ne sais pas comment franchir. Alors tu traînes autour de l’église. Tu cherches la porte basse. Tu cherches la porte la plus basse. Tu aimerais bien qu’il y en ait une. Revenir en arrière. Tu es au-delà. Le bantaba est là, ce qu’ils appellent l’arbre à Continuer la lecture#construire #04 | Traîneur de frontière

#construire #03 | Tenue léopard

La sixième part de l’auréole, c’est la mienne. Comme la part manquante sur la tache où pointe mon épaule gauche. Je sais que ma chance est là. A condition de déclencher avec autant de fulgurance que mon épaule gauche quand l’occasion se présente. Alors j’ai commencé à explorer la part qui était mienne. A mesure que mes muscles s’échauffaient, je Continuer la lecture#construire #03 | Tenue léopard

#construire #02 | Flocons et forgerons

Cristaux rassemblés en strates hautes de gris, branches à branchettes scintillantes, rumeurs éparses en nappes épaisses, cumulus des hautes sphères, écharpements des montagnes, mise en abyme des lacs de Finlande et d’ailleurs, impensable événement de moyenne Garonne, voix qui dirait proximité, voix à la fois aigüe et douce, promesse d’un tapis, promesse de bonhommie, promesse d’étouffement de la criaillardise, crainte Continuer la lecture#construire #02 | Flocons et forgerons

#construire #01 | Ça a commencé avec des flocons

Oui, ça a commencé ainsi : des flocons. Ça tombait du ciel. Alors trouver un café avec large vitre. Voir tomber ça en étant abrité. Voir le jour se lever en même temps. Essayer de reconnaître l’individualité des flocons traversant l’epace incertain entre le ciel enténébré et le tapis de la neige rehaussé par les phares des voitures. Dessiner ça et Continuer la lecture#construire #01 | Ça a commencé avec des flocons

#histoire #12 | Hôtel du Faubourg

Jamais ne le trouveras ! Pourtant, je revois l’escalier qui craque et sa rambarde incertaine et les lumières venant le frapper depuis la mince fenêtre du cinéma d’à côté avec de temps en temps le solo d’un gyrophare de police ou peut-être d’ambulance, va savoir. Je revois le labyrinthe du couloir, essayer de se préparer à la difficulté de retrouver d’emblée Continuer la lecture#histoire #12 | Hôtel du Faubourg

#histoire #11 | Tant de mains

Quand on regarde la main d’Adrien, la gauche bien sûr, ce qu’il faut observer, c’est ce qui brille. On peut remarquer aussi ce qui a creusé. Mais il ne faut pas négliger ce qui a caressé. Ce qu’il faut laisser de côté c’est la rancune d’avoir porté trop souvent trop lourd. Ce qu’il faut ressentir c’est la fierté. La fierté Continuer la lecture#histoire #11 | Tant de mains

#histoire #10 | Ainsi soit Berthe

Voilà comme elle est : faisant jaillir la joie, faisant jaillir le rire, faisant jaillir des giclées autour de la borne à eau. Non, voilà comme elle est : laissant jaillir la joie, offrant à toute la rue Sainte-Hélène son rire, recevant toutes les giclées comme autant de cadeaux de vie. Non, voilà comme elle est : courant à la rencontre, riant d’avance Continuer la lecture#histoire #10 | Ainsi soit Berthe

#histoire #09 | Voyage en caniveau

Du bas de la rue Sainte-Hélène, on voit les dernières lueurs du soir qui accrochent des luisances libérées par la borne à eau fraîchement utilisée tout là-haut. C’est l’heure où des éclats de voix jaillissent parfois sans prévenir de la porte du café. Il vaut mieux se tenir en face, là où le caniveau s’évase et où s’accumule la mousse. Continuer la lecture#histoire #09 | Voyage en caniveau

L’eau de la borne / #histoire #08

Je reviens de chez Adrien et Etiennette, remontant la rue Sainte-Hélène. Elle est devenue difficile à remonter pour moi, la rue Sainte-Hélène, alors qu’autrefois, j’y ai couru si souvent pour retrouver Ernest. Ce qui m’aide, c’est la perspective de la borne à eau. A cette saison, quand le soleil du soir filtre par la rue Raoul-Ponchon, il vient faire briller Continuer la lectureL’eau de la borne / #histoire #08

Les voir d’Adrien / #histoire #07

A. voit la perspective montante de la rue Lavoisier, avec une légère brume à l’horizon, comme s’il y avait, au-delà, la plage d’Argelès où ses cousins peuvent aller si souvent… A. voit la grande flaque qui reste au pied de la borne à eau, d’un côté l’irisation qui pourrait le faire rêver et de l’autre la tâche un peu huileuse Continuer la lectureLes voir d’Adrien / #histoire #07