A propos de Perle Vallens

Au cœur d’une Provence d’adoption, Perle Vallens écrit et photographie. Ecrire c’est explorer l’intime et le monde, porter sa voix pour toucher. Publie récits, nouvelles et poésie en revues littéraires et ouvrages collectifs. Lauréate du Prix de la Nouvelle Erotique 2021 (au diable vauvert) et autrice d'un livre de photographie sur l'enfance, Que jeunesse se passe (éd J.Flament), d'un recueil de prose poétique, ceux qui m'aiment (Tarmac), d'un recueil de nouvelles, Faims (Christophe Chomant) et d'un récit poétique et choral, peggy m. aux éditions la place. Touche à tout, pratique encore le caviardage, le cut up (image et/ou son), met en voix (sur soundcloud Perle Vallens ou podcasts poétiques), crée des vidéo-poèmes et montages photo-vidéo (chaîne youtube Perle Vallens)...

#anthologie #26 | une voix comme une caresse

Ce serait comme entendre à travers un voile ou un brouillard. Les brumes de l’alcool opacifient, l’oreille tambourine et déforme, acouphènes sûrement, surdité à demi. Ou serait-ce n’entendre que ce qu’on souhaite entendre. Le cerveau nimbé perçoit des voix qu’il reconnaît sans traduire les mots. Il y a éclat de joie, il y a inflexions, tessitures plus basse, scansions chants. Continuer la lecture#anthologie #26 | une voix comme une caresse

#anthologie #25 | celle de la tendresse

L’odeur de nos êtres chers, l’odeur si volatile, éphémère, déjà disparue. On la cherche, on renifle l’air pour la retrouver. Les narines en éveil, on guette, on pistes chaque effluve de passage, on les happe, on les dissèque. On planque derrière les buissons d’odeurs, toutes celles qu’on aime et celles qu’on déteste, les aigreurs, les puanteurs. Le fade nous surprend Continuer la lecture#anthologie #25 | celle de la tendresse

#anthologie #24 | nuit blanche

Cette nuit où je ne dors pas, ce séjour pourtant sans stress, sans pression, juste une rencontre amicale, juste pour le plaisir de la course, la course pour la course, cette nuit tranquille pour la plupart, je la passe à regarder les autres dormir dans ce dortoir. Cette rencontre avec un club d’athlétisme de Slovénie prévue de longue date, cette Continuer la lecture#anthologie #24 | nuit blanche

#anthologie #23 | comme un rêve

Ce qu’avait été la piste avant son enrobage, avant sa couleur brique, j’y pensais souvent. J’ignore pourquoi. Le mystère de sa peau informe, granuleuse, couverte de pierres, de racines, de plantes, avant qu’elle soit remblayée, terrassée, lisse. Ce qu’il y a dessous m’a toujours fascinée. Sa vie souterraine, les lombrics, le grouillement qui la nourrit. Ce qui me porte dans Continuer la lecture#anthologie #23 | comme un rêve

#anthologie #21 | galerie de portraits

Le cabinet se situe dans un de ces groupements médicaux où l’on trouve plusieurs praticiens (1). Il y a ici le kiné et l’ostéopathe chez qui je vais régulièrement, pour des soins ou à titre préventif. Deux secrétaires sont derrière la banque d’accueil (2). Nous ne nous y arrêtons pas. Nous savons très bien où nous allons. Je clopine sur Continuer la lecture#anthologie #21 | galerie de portraits

#anthologie #20 | ce qu’on perd

D’elle je n’ai que très peu de photos. Je mise surtout sur ma mémoire mais j’ai tort, elle est étrangement sélective. Les choses importantes, je les oublie, je ne garde des gens que d’insignifiants détails qui présentent un intérêt pour moi seule. J’ignore pourquoi je n’ai pas davantage d’images. Peut-être parce qu’on se dit que l’autre est là, que sa Continuer la lecture#anthologie #20 | ce qu’on perd

#anthologie #19 | creepy

Les jeux à se faire peur et ta bouille grimaçante, protestations et langue tirée quand ce que je te racontais était trop effrayant. Ce monstre sous le lit, on l’imaginait comme ci ou comme ça, il changeait de figure à chaque fois. Il y avait le bossu, qu’on pensait de Notre Dame, sa gueule de gargouille, son corps difforme. On Continuer la lecture#anthologie #19 | creepy

#anthologie #18 | mirages

Photomaton. Photos d’identité réservées aux documents officiels, carte d’identité, carte de transport, où obligé de faire la gueule. Pas une mèche, pas un regard ne dépasse, ni un sourire. Aucune aspérités, nulle personnalité ne doit transparaître. Dépersonnalisés donc. Photo de famille. On avait fait l’effort de tirages au début, d’albums photo, d’embryon narratif, d’un début de vie, d’un carnet de Continuer la lecture#anthologie #18 | mirages

#anthologie #17 | Palais-Royal

J’adore la regarder regarder le monde depuis sa fenêtre qui donne sur les jardins du Palais-Royal, provinciale au cœur de la capitale, c’est tout un petit monde familier de proches et d’amis en contrebas. C’est elle qui le dit, le Palais-Royal est une toute petite ville de province dans Paris. Tout le monde s’y connaît et s’y parle. Paris de Continuer la lecture#anthologie #17 | Palais-Royal

#anthologie #16 | mots de trop

On voit à peine son visage, plongé dans une semi obscurité de contre-jour. Il semble comme endormi ou concentré sur une toute autre chose que la discussion en cours, comme s’il n’écoutait rien de ce qui se dit. Et d’un coup, il lève la tête interloqué, comme abasourdi. Traversé par un éclat noir, son regard brusquement obscurci se fige sur Continuer la lecture#anthologie #16 | mots de trop