A propos de Vincent Francey

Enseignant, chanteur et clarinettiste amateur, je vis dans la région de Fribourg, en Suisse, et suis passionné de lecture et d'écriture depuis toujours, notamment via mon site a href="https://www.lie-tes-ratures.com/">lie tes ratures mais aussi sur un blog né à la suite de l'atelier d'été sur la ville : fribourgs.com. Auteur d'un livre autoédité, Je de mots, dictionnaire intime, je suis également présent sur YouTube pour, entre autres expérimentations, y parler de mes lectures.

#été2023 #05 | le petit corps

Il toussait, c’était une toux profonde, mieux valait, sous la couverture, être à l’autre bout, mais Gaspard ne manquait pas de le toucher, et quand il le touchait c’était très chaud puis soudain froid, parce qu’il avait de la fièvre puis il grelottait, et Gaspard avait peur que ça se transmette mais il n’a plus cette peur-là : il ne tousse Continuer la lecture#été2023 #05 | le petit corps

#été2023 #04bis | nuits de la grotte

  1. Dans la nuit de samedi à dimanche, ils ont dormi comme ils ont pu, à quatre sous la couverture. Quant à la grand-mère, elle est restée debout devant la porte.
  2. Dans la nuit de samedi à dimanche, des jeunes ont fait la fête. Ils ont allumé un feu, bu des bières et de la vodka, des couples se sont formés puis déformés, puis ils sont partis en laissant tout sur place.
  3. Dans la nuit de samedi à dimanche, le loup est passé par là. Il pleuvait. Il avait besoin d’un abri.
  4. Dans la nuit de samedi à dimanche, il a creusé. La molasse est une roche friable, il n’a pas eu besoin d’outils très sophistiqués. C’était la pleine lune. Ça aidait, pour la lumière.
  5. Dans la nuit de samedi à dimanche, elle est venue avec du pain et du fromage. Ils dormaient tous. La grand-mère n’était pas là. Elle a déposé le panier, les a observés quelques instants puis elle est rentrée dormir ailleurs.
  6. Dans la nuit de samedi à dimanche, il s’est emmailloté dans un sac de couchage, a promené sa lampe de poche sur les parois, a déchiffré des inscriptions qu’il a transcrites dans son carnet.
  7. Dans la nuit de samedi à dimanche, il est mort. Ils ne sont plus que trois sous la couverture.

#été2023 #04 | retour à la grotte

Florida a un peu de peine à marcher. Il faut éviter les racines et les ronces, lever la jambe un peu haut pour son âge, éviter de tomber. Le journaliste l’aide un peu mais il a sur lui tout un barda. Puis tout à coup, c’est là : l’entrée de la grotte, les deux entrées, les kannè à Dzolyè, et Florida Continuer la lecture#été2023 #04 | retour à la grotte

#été2023 #03bis | quatre enfants

Ils sont quatre. Quatre enfants qui dorment sous la couverture. Ils sont serrés, la couverture est trop petite pour les couvrir tous les quatre. Les quatre tirent la couverture à eux, à lui, à elle. Florida tente de tirer la couverture à elle, Gaspard aussi, et les deux autres, l’autre fille, l’autre garçon, tentent aussi de tirer la couverture à Continuer la lecture#été2023 #03bis | quatre enfants

#été2023 03 | Florida, Séraphine, Oum et Félix

Sous la couverture, comme je l’ai dit, Florida dormait, ou essayait tant bien que mal de dormir et comme je l’ai dit, Florida n’était pas seule, elle avait avec elle ses frères et sa sœur et comme je l’ai dit son frère s’appelait Gaspard mais je n’ai pas dit le nom de son autre frère et de sa sœur, et Continuer la lecture#été2023 03 | Florida, Séraphine, Oum et Félix

#été2023 #02bis | expédition

Il faut y arriver avant la nuit, parce qu’après il faut rentrer. Le panier n’est pas trop lourd. Elle aurait pu le remplir plus mais elle doit aller vite, passer la croix, tourner à gauche, entrer dans la forêt. Le chemin n’est pas très bien tracé, il y a des ronces et des branches cassées. Elle les enjambe comme elle Continuer la lecture#été2023 #02bis | expédition

#été2023 #02 | molasse et terre battue

Dedans, c’est presque nuit. Molasse et terre battue. Un feu dont il ne reste que des braises. De temps en temps, une flamme renaît puis meurt. Ça dessine des ombres sur le mur qui s’effrite, un mur où sont creusées des niches où sont posés des cailloux peints, des os rongés, un vieux quignon de pain. On pénètre plus profond, Continuer la lecture#été2023 #02 | molasse et terre battue

#été2023 #01bis | assis sur le banc rouge

Assis sur le banc rouge en attendant l’école, un bloc de feuille tiré du cartable. Le nom de la rue, c’est un écrivain (pas trop son genre, l’écrivain aviateur, dessine-moi un mouton, on ne voit bien qu’avec le cœur), alors lui aussi s’est mis à écrire. Ils sont venus tout seuls, les mots, les phrases (presque les phrases, cela partait Continuer la lecture#été2023 #01bis | assis sur le banc rouge

#été2023 #01 | il fouille

Il fouille. Sur la terrasse, il fouille. Il est tombé sur un article. Il recopie. Se met cette histoire dans les doigts. Il isole des phrases. S’arrête. Regarde. Si grande, cette terrasse. La pelleteuse et le tas de terre. Le marronnier. Les tuyaux verticaux. Le ciel surtout. Il regarde le ciel. Un oiseau. Deux : des corneilles. Il s’est arrêté de Continuer la lecture#été2023 #01 | il fouille

#été2023 #00 | ce livre

Il y avait ce souffle, ce charroi, cet ouragan, ces mots géants qui frappaient, et ces gens, ceux du livre, cet homme, cette enfant, tout un monde sombre et palpitant, toute une errance, des hauts et des bas, des effondrements, et cette tendresse aussi, il y avait tout, ces longs passages où l’on se perdait, cette admiration (comment sait-il tout Continuer la lecture#été2023 #00 | ce livre