A propos de Xavier Georgin

Xavier GEORGIN est auteur, animateur d'ateliers d'écriture et membre du collectif La Ville au Loin (https://la-ville-au-loin.fr/). Il écrit des textes où se rencontrent histoires familiales et traces dans l’espace urbain puis les met en son et en images sur son site internet www.xaviergeorgin.fr

#40jours #40 | chromium dioxide memories

À l’été 2001 le compositeur new-yorkais William Basinski redécouvre dans un carton une série d’enregistrements de 1982 et décide de les transférer sur support numérique. Il place une première bande sur son Revox, démarre le transfert puis sort de la pièce pour se préparer un café. À son retour, il constate que les particules métalliques de la bande se transforment Continuer la lecture#40jours #40 | chromium dioxide memories

#40jours #38 | pantin limites

Ils disent : « Ici c’est Pantin-sous-Bois, là-bas Pantin-sur-Seine » Le bois dont ils parlent est un espace sombre, mal éclairé, un bois de Méchant Loup. La Seine n’est pas la Seine. Ils parlent de Seine pour dire « Paris ». Parce qu’ici on n’est pas à Paris. Paris on y accédait par le tunnel qui a été muré. Paris on y accédait en enjambant Continuer la lecture#40jours #38 | pantin limites

#40jours #37 | ce dimanche d’octobre

Ce dimanche d’octobre nous irons au parc | au parc prendre l’air après le déjeuner | nous mettrons dans le coffre de la Fiat | les jouets, les bières et le jus de cerise | ce dimanche il ne pleuvra pas | on laissera les enfants s’enfuir avec leurs cerfs-volants | nous on s’allongera dans l’herbe | à l’ombre des Continuer la lecture#40jours #37 | ce dimanche d’octobre

#40jours #36 | pataouète langue morte

Échos : « Achpète, mon fils. Je souffle un peu. Y’avait une de ces baffane on aurait cru que la maison allait s’envoler, dis. Balek devant, j’arrive avec la kémia. Y en a pas bezef. Mais ma parole, t’es bislouche ou quoi ? Il s’est tapé une de ces bouffa. Mais d’où tu sors, toi, t’y es un vrai boujadi! Ne le crois pas, c’est un boulanos. Que bouratcho. Arrête de Continuer la lecture#40jours #36 | pataouète langue morte

#40 jours #35 | valeur du parpaing

Dans notre ville on bâtissait des maisons oubliées. Dans le temps les parpaings se payaient en deutschemarks – c’était la monnaie de l’époque, une devise dure, stable et fiable. Les deutschemarks se transformaient en parpaings que scellait le ciment réglé en deutschemarks. Dans le temps on montait des façades, des terrasses et des garages où parquer des Golf achetées avec Continuer la lecture#40 jours #35 | valeur du parpaing

#40jours #34 | lueurs

« J’ai passé des nuits à photographier la barre des Gentianes avant sa démolition. Les images transférées sur l’ordinateur ont le flou et le ridicule des photos d’ovnis qu’on voyait dans les journaux quand on était gosses. Une tache plus claire. Un zigouigoui. Une larmichette. Ce dont j’ai été témoin huit semaines durant était insaisissable. Pourtant quelque chose s’est passé. Chaque Continuer la lecture#40jours #34 | lueurs

#40jours #33 | soleil cou coupé

Inquiétude : À cet instant un jardinier coupera les iris. À cet instant la mère éteindra la radio. À cet instant le soleil se calera au zénith. À cet instant un enfant cessera de pleurer. À cet instant l’ombre s’enfuira. À cet instant la neige remplira l’écran. À cet instant tes paroles resteront suspendues. À cet instant le repas de Continuer la lecture#40jours #33 | soleil cou coupé

#40jours #31 | Super 8 Neige

Années 90. Le magasin se trouvait dans le XVe arrondissement, rue des Entrepreneurs. Ils avaient constitué un stock, le dernier à Paris, de films Super-8 noir & blanc qu’ils vendaient 120 F. l’unité. On en avait acheté deux, ce qui représentait six minutes d’images. En voici un aperçu : Neige. Sneg. Il neige. Pada sneg. Blocs de glace dérivant sur Continuer la lecture#40jours #31 | Super 8 Neige

#40jours #32 | ce qu’on perçoit de la ville

Ce qu’on perçoit de la ville derrière les quatre murs d’un hôpital psychiatrique. Ce qu’on entend de New York, quelles nouvelles du dehors, quels échos du monde qui poursuit sa marche, indifférent à nos tourments. Ce qu’on perçoit de la ville derrière les hauts murs de l’usine de la porte de Choisy. Ce qu’on entend de Paris, au loin la Continuer la lecture#40jours #32 | ce qu’on perçoit de la ville

#40jours #30 | Danubes

Un endroit idéal pour se cacher. Je pense que c’est en 1975. Ça appartient en tout cas aux toutes premières images. C’était au camping municipal de Châtillon-en-Bazois, dans la Nièvre. Les emplacements se trouvaient autour de l’anneau ovale d’une piste d’athlétisme. On avait une caravane Adria bleue et une 104 orange. Les journées se résumaient à jouer avec les escargots Continuer la lecture#40jours #30 | Danubes