négatif/positif

préparation de la matrice d’une estampe, travail d’une plaque de bois ; l’outil, couteau ou gouge, évide, retire, enlève la matière, les fibres, la minuscule nodosité qui empêche de bien creuser le bois, ne laisse que la crête, ce qui restera en surface, qui sera encré, qui ancrera le dessin sur la feuille. C’est ce qui a été enlevé, qui est devenu creux, qui est en creux, qui révèle le dessein, le sujet.
positif/négatif

peut-être… écrire je préférerais ne pas… ne pas écrire ici, sur ce qui ne s’écrit pas, ou ne s’écrira pas, c’est déjà écrire et faire exister ce qu’on avait dit ne pas vouloir écrire
Dans la trace, le creux, l’espace vide, l’empreinte, le nid, l’obscurité, bien au chaud, tout contre, presque assoupie, là, se cache, attend, entend, converse sans rien dire, se love, se prépare à l’éclosion…
oui, le vide pour que ça existe
Lui lâcher la grappe un peu, quoi ! (sourire)
Implacable, cette logique, ne pas écrire ce qui ne s’écrira pas. Et beau clin d’œil avec les négatifs, les plaques de gravure, merci d’avoir fait rouler la proposition de ce côté là
Ce texte en creux fait echo à ce poème de Lao tseu
Bien que trente rayons convergent au moyeu
c’est le vide médian
qui fait marcher le char
L’argile est employée à façonner les vases
Mais c’est du vide interne
que dépend leur usage
Il n’est de chambre qui ne soient percées de porte et fenêtre
car c’est le vide encore
qui permet l’habitat
L’ête a des aptitudes
que le non être emploie.