#construire #01 | «ça a débuté comme ça»

Ça a commencé comme ça, une photographie en couleur découpée dans un journal puis collée sur la première page de l’introduction d’un livre ancien récupéré dans une boîte à lire. Située à la droite d’une reproduction d’un buste de Shakespeare, voué lui-même à disparaître sous un autre collage, cette photographie semble symboliser le début de quelque chose. Dans l’exécution de la tâche, les gestes sont là précis dans la découpe, dans le positionnement des éléments. Le regard suit avec intérêt la transformation de la page. L’idée de la disparition d’un texte initial sous une autre création m’interpelle. J’ai l’impression d’avoir commis un sacrilège, d’avoir porté atteinte à un ordre établi et pourtant, je me suis autorisée à déconstruire le passé et à attribuer à ce geste conscient, créatif, un sens qui pour le moment m’échappe. Je reviens au début du livre et masque la page de titre avec un papier décoratif trouvé dans une revue tout en laissant apparaître dans un cadre un prénom, Jules, que je recouvre d’un mot écrit en lettres capitale, LEEDS. Après une courte recherche, je découvre que Leeds, outre le fait d’être une ville du West Yorkshire dans le nord de l’Angleterre, signifierait « un lieu » ou dériverait de l’ancien brittonique et se traduirait par peuple du fleuve au courant rapide en référence au fleuve Aire qui traverse la ville. J’apporte quelques modifications aux quatre premières pages du livre et en profite pour travestir le buste de l’illustre auteur anglais devenu maintenant méconnaissable. Alors, voilà comment ça a commencé, avec peu d’éléments, une photographie collée dans un livre, le nom de Jules et celui d’une ville en Angleterre, puis le titre du récit à venir.

A propos de Dominique Estampes Paillard

Un jour, j’évoquerai l’ici et l’ailleurs de mon existence, j’écrirai ma fascination pour le silence des mots, je dénoncerai l’emprise de mes gènes sur les terres lointaines, je dévoilerai mon doute quotidien, j’évoquerai l’élégance de ma ville de « bord de l’eau » et encore plus mon coup de foudre pour NY, je partagerai ma passion pour l’image, la photographie, je rigolerai devant mes grains de folie, je révèlerai les nuits blanches à écrire, à lire, je dénoncerai le manque de souvenirs de ma ville natale, Casablanca, je ferai la liste de tout ce qui aurait dû, de tout ce qui aurait pu, mais encore plus de tout ce qui a été tout en me délectant du présent. Un jour, peut-être. https://unmondeauboutdurivage.com https://www.instagram.com/hoalen64/?hl=fr

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