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#11 | Barthes, la panne, et insurrection contre la panne
Quelle exploration imprévue, juste basée sur une intuition : dans son ultime séminaire, janvier-février 1980, Roland Barthes déplie de façon la plus exhaustive possible l’ensemble des paramètres qui, dans un déclic qui n’appartient pas à notre volonté consciente, vont se rassembler et catalyser dans la part irréversible du premier jet.
L’ultime séance, 16 février 1980 (et la triste nouvelle qui s’ensuivit) est consacrée au thème de la séparation, comment le manuscrit se détache de son auteur et sert de socle à des lectures où il n’est qu’une figure sans pouvoir. Et l’avant-dernière séance, le 9 février, aborde une question dont aucun de nous n’est indemne : «la panne».
Mais évidemment, c’est Barthes, sa rigueur, son opiniâtreté. Dans la première partie de cette même séance, il parlera de l’ennui, de freinage, des approches différentes du temps, soit dans cette phase de la préparation (le «je fais du plan» de Flaubert), soit dans la part quantitative du travail qui suit le premier feu de la rédaction.
Et cette ambivalence, la panne, vaut aussi pour ces deux phases: quand l’intuition ne nous confère pas assez de force pour la bascule, quand le premier jet encore se refuse, mais aussi dans la rédaction lancée, l’impression qu’on ne sait plus comment continuer, que ça s’enlise, que la phrase ne répond pas à notre intuition ou ce qu’on demande à ce qui nous lie à la littérature.
Mais Barthes joue : quand Flaubert dit son envie de quitter la table et «se jeter sur le divan», Barthes conseille d’enlever le divan… Et aussitôt de proposer, petits a), b), c), d) quatre antidotes à la panne. Attention : là encore il joue, citant l’absinthe pour Musset, mais mettant en garde contre l’illusion sur l’écriture que peut produire l’absorption de drogue, et le triste aspect que présentera l’écriture quand on y reviendra le lendemain.
Et puis ce passage sur «l’autonymie»: «Je sèche, alors j’écris “je sèche”», et tout le volet de littérature contemporaine qui en découle, sous l’égide de Maurice Blanchot (qui ne se réduit pas à cela, Barthes le sait mieux qu’aucun autre-.
Aujourd’hui, vous trouverez dans le document d’appui la mécanique exacte de Barthes, et l’intégralité de ce passage sur «la panne».
Et c’est aussi ce que je vous propose : une suite de notes, qui ne concerneront que l’écriture et pas l’autobiographie, l’exploration à rebours, décidée et aussi opiniâtre que l’est Barthes, des propres «pannes» que vous avez eues à surmonter.
Et c’est nous-mêmes qui, écrivant nos différentes configurations de «pannes» utilisons cet espace de l’autonymie pour ne pas être écrasées par elles et ne pas s’y retrouver comme au fond d’une impasse.
Et s’il nous suffisait de nous servir de ces a), b), c), d) qu’utilise Barthes pour ses «solutions» ? Typologie en a), b), c), d) de quatre de vos pannes, et comment elles ont été résolues. Pas de panne citée sans qu’elle soit symétriquement accompagnée de comment ça a repris, comment ça a tourvé solution, ou bifurcation, ou contournement…
Et surtout, lui faire confiance !