Bruxelles, jardins urbains


dans le contournement par train, brutalement, une mini poche de jardins fous


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carrés urbains | les gares sont des reflets
à Francis Royo

 

Pour aller de Bruxelles-Midi à Louvain-la-Neuve, le train contourne Bruxelles par le nord, et ne nous fait grâce d’aucune des gares successives. La ville évidemment est continue, même si plus tard on sortira brutalement dans la campagne. Pourtant, entre Bruxelles Nord et Bruxelles Luxembourg, soudain cette poche un peu folle, où chaque fois on sursaute. Jardins qui se mêlent à une friche végétale quasi vierge, la muraille de la ville qui a reculé un peu arrière, et chaque jardin – pourtant, pas de limitation visible, palissade, grillage – équipé d’une point construit, cahute ou abri, qui en font comme chacun une île. Il suffit parfois d’une chaise laissée en plein milieu, et on habite autrement la terre. Jardins labourés ou cultivés, d’autres parcelles à l’abandon mais comme si l’important c’était ce qu’on interposait entre soi et le ciment. Le train file, à peine ils ont surgi que la ville recommence. C’est l’exception à la ville qui nous dit encore la ville : la prédilection au fantastique qu’induit Bruxelles, je la vois commencer là.

 



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écrit ou proposé par : François Bon
Licence Creative Commons ( site sous licence Creative Commons BY-NC-SA
1ère mise en ligne et dernière modification le 27 novembre 2011.
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Messages

  • Bruxelles s’est souvent déconstruite et refondée dans ses endroits cachés. J’y ai habité dix ans, le temps de m’apercevoir que c’est dans ses coins intimes, ses arrières, ses secrets qu’elle se créait perpétuellement dans son propre paradoxe. Brutal sans doute mais étranger pour ceux qui lui soulèvent trop violemment les jupes, en train, en voiture. Bruxelles se lutine de face, sans fausse pudeur, résiste longtemps puis se donne enfin dans son délire surréel. Si ce n’est pour des noces, oubliez-la.

    Voir en ligne : analogos