2013.10.31 | avoir connu Madison, Wisconsin


Ils disent tous la même histoire : Madison, personne ne se rend compte avant d’y venir. On est venu. Le lendemain matin ça semble très simple : la State Street toute droite avec le campus géant à un bout, le Capitole géant à l’autre bout, un lac de chaque côté, et côté campus ce chemin aménagé au long du Mendota qui permet sur 29 km une si belle ballade. La prégnance des étudiants ou bien, quand ça a une moyenne d’âge un coup plus haut, comme nous-mêmes, lourd à parier que c’est prof. Et puis vous montez les étages du bâtiment des langues et au 14ème c’est chaque fois des gens qui parlent différemment qui entrent et sortent de l’ascenseur. Piqué même dans une poubelle qui en était remplie une boîte en carton russe écrite en russe avec dedans d’anciennes diapositives décolorées mises au rebut (du reste, une collection de vases antiques commentés, c’est juste de la pédagogie mais la boîte fait délicieusement relique). Madison commence à ce moment-là, quand dans un des étages (pour moi, le french department) on commence à pousser les portes : est-ce que, ces 2 jours, j’aurai vu quelqu’un de Madison étudiant à Madison ? Non, ils viennent d’Albany en Californie, de PIttsburgh, d’Indianapolis, de Cincinatti et d’autres villes dans l’Ohio, d’un coin du Maine dont je n’ai pas retenu le nom, ou de Sault Sainte-Marie à la frontière canadienne ou encore du Melun de chez nous. Je crois bien que c’est ça qui définirait Madison : ensemble pour ça, là, la fac... Et c’est pour ça qu’on s’est vite senti bien, pour ça que ça a été si bien.



François Bon © Tiers Livre Éditeur, mentions légales
1ère mise en ligne et dernière modification le 31 octobre 2013
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Messages

  • (tu te rappelles "Minuit sonne/ On danse le madison" ?) le métro, je vais bosser c’est normal et il faut bien, ils étaient déjà dedans, ils avaient l’air de s’ennuyer un peu ferme, tenaient bon l’arrière du train, bof j’ai pris mon livre (les racines du ciel qui n’en finissent pas) et trois photos (zeugme) - la vie du paparazzo est parfois difficile : ce genre de photo, c’est grave docteur ? je me demande ; l’armée, la grande muette, les pistolets mitrailleurs, les attentats et les terroristes, ce monde dans lequel on continue de vivre, les tours jumelles, la Syrie et le Congo, le monde tel qu’il est, des milliards d’humains qui crèvent de faim, d’autres étendus au soleil à Miami ou je ne sais où, la bousculade du métro ce matin -là c’était hier vers treize- les gens qui ne veulent pas bouger agressifs "non y’a pas de place vous voyez bien !" on pousse on maugrée, on hait, on agonit, des coups de couteau, des coups de machette, le monde tel qu’il est (aujourd’hui dernier jour avant la pause) (dlamerdoboulo)