< Tiers Livre, le journal images : 2020.04.28 | 1 km 1 h #3, le pont et retour

2020.04.28 | 1 km 1 h #3, le pont et retour

précédent _ suivant

Philippe, le copain garagiste, laisse sa Twingo de dépannage en travers de son portail entrouvert, puisqu’il n’a pas le droit de recevoir des clients. Mais il est dans son atelier, avec bien plus d’espace que moi et le même silence — apparemment rattrape du retard sur ses restaurations de véhicules anciens. J’aimerais bien avoir un local plus grand pour mes écritures, ma musique et mes vidéos, mais évidemment c’est seulement quand il fait beau. Finalement, alors que des fois c’est des mois sans se croiser, là on se fait bonjour à chaque fois. « Ça pousse les cheveux, je lui ai lancé, parce qu’il est beau gosse (on a le même âge) — Je vais finir par te ressembler » qu’il a répondu, et voilà la seule conversation extérieure à la maison en des jours.

Le petit bistrot ouvrier du midi a fermé il y a maintenant 6 semaines en laissant tout à l’identique, serviettes en papier, verres, fourchettes et couteaux, une sorte d’opération belle au bois dormant, ce serait pourtant super qu’ils reprennent leurs pizzas du soir à emporter.

Descendre vers le fleuve non, arrêté préfectoral et scotch rouge, c’était pourtant ça la promenade traditionnelle : d’en haut on contemple l’herbe envahir les bancs où ne s’est jamais assis. La Loire est passée en quelques semaines de son régime hivernal aux basses eaux d’été, sur les îles de grosses souches difformes émergent lentement, et les migrateurs en prennent à leur aise tant mieux.

Au départ il y avait le vieux pont de chemin de fer direction Tours Le Mans, avant-hier j’ai réentendu, de loin, le petit TER qui passait. Puis à côté le pont de la rocade, dédoublé à l’identique quand elle a été prolongée.

C’est comme un bout de ville égaré, avec béton, tags et camions (il en roule, ces jours-ci, pour eux il n’y a pas eu d’arrêt).

J’étais même venu ici faire des vidéos, autrefois : le décor j’aime bien, mais l’acoustique c’est trop rude.

Après c’est Fondettes, il n’y a plus de scotch ni panneau mais suivre le fleuve par le petit chemin d’en bas c’est quand même interdit et d’en haut ils surveillent. Alors bon, on fera demi-tour.

 

 


LES MOTS-CLÉS :
François Bon © Tiers Livre Éditeur, mentions légales
1ère mise en ligne et dernière modification le 28 avril 2020
merci aux 588 visiteurs qui ont consacré 1 minute au moins à cette page