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2021.09.07 | George Sand et Gargilesse, je ne savais rien

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Pour moi Gargilesse c’était un nom très vague, associé à George Sand certainement mais il n’aurait pas fallu m’en demander plus. George Sand a 45 ans et Alexandre Manceau 32 quand le fils de Sand, Maurice, amène son copain peintre et scénographe à Nohant. Manceau meurt 16 ans plus tard (phtisique comme Chopin), donc à 48 ans, en 1865, et Sand lui survivra de 14 ans : il fut son dernier compagnon, la cause aussi de tensions avec Maurice, 6 ans de moins que Manceau.

C’est probablement une des causes de l’achat par Manceau de cette minuscule maison, quatre pièces en tout, dans ce village-jouet qu’est Gargilesse, perché sur une gorge étroite à une cinquantaine de kilomètres de Nohant, petite route et petite route, mais à l’époque il fallait laisser la calèche chez le curé du patelin voisin et finir à pied.

Un de ces villages jouets au réseau électrique soigneusement enterré, avec ses galeries d’art artisanal et aquarelles typiques comme on en compte un peu partout mais quand même : un abrupt, un isolement. Une promenade pour motards. Bien reçus aussi au bar-tabac dépôt de pain d’en haut du village, j’aurais tant aimé demander au patron façon ZZ Top et sa compagne Morgane de les photographier et aujourd’hui je regrette, peut-être ils auraient bien voulu ç’aurait été façon de les saluer.

Dans la petite maison préservée de Sand (revendue à la mort de Sand, puis rachetée à son propriétaire par la commune, ça vit chichement et il y a toujours des travaux à faire), les photographies sont interdites — ça devient rare, heureusement — mais la dame qui joue les guides (elle en fait une affaire personnelle, de la petite maison, et c’est un enchantement que la questionner) a connu enfant la petite-fille de Sand, Aurore, et cette sorte de lien direct est si troublant.

C’est Aurore Sand qui a légué à la petite maison du coeur (Sand et Manceau venaient l’été pour des semaines, elle écrivait à sa petite table, ils allaient à l’auberge pour la popote du midi) tout un monde d’objets personnels de sa grand-mère, qui étaient restés son patrimoine aux dépens de Nohant, le monument géré par l’État. Voici donc la petite bottine pointure 34, les brosses à cheveux, des robes en vrac, des collections d’insectes de Maurice, des utilités de cuisine et bien d’autres choses que je ne pourrais citer, n’ayant pu les photographier, et qu’une part seulement très restreinte, pour cause de manque d’espace, est visible, mais le lien à Sand est si différent soudain de la religiosité et de l’opulence de Nohant (je ne médis pas, j’ai trop lu les correspondances de Balzac et Flaubert, en ce moment Delacroix, pour ne pas savoir ligne à ligne ce qu’ils ont reçu à Nohant et comment on y vivait, bien moins la vie de château que la vie d’artiste mais ça, ça ne fait pas un musée.

Et monter ensuite à l’église et sa crypte aux vieilles fresques, s’étonner du mot Galopin qui y est inscrit (oui, maintenant je sais, ça va), s’acquitter aussi de 5 euros auprès du vieux couple propriétaire du château pour l’accès à leur parc, on reste dans ce qu’on a reçu, avec gratitude, lors de la visite sans fin des quatre pièces minuscules.

Il faudra quand même qu’un jour il fasse réparer le buste, sans elle George Sand ça aurait du mal, le commerce local.

 

 


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François Bon © Tiers Livre Éditeur, mentions légales
1ère mise en ligne et dernière modification le 7 septembre 2021
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