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#Rabelais | chez Ronsard avec menace de pluie

Hier, ciel noir, pluies intermittentes, pas question de faire la route jusqu’à Chinon, mais Saint-Cosme, le prieuré dit « demeure de Ronsard » c’est juste en traversant la Loire par la rocade. Une île dans l’agglo : oui, certainement, parce que monument avec sas, et dans cette boucle du vrombissement urbain, avec de temps en temps un train au-dessus de vos têtes. Du temps de Ronsard, une île dans la Loire (de l’autre côté de la Loire, en franchissant tunnel puis talus, c’est « l’île Noire », ainsi nommée parce qu’en 1918 on y avait parqué les Sénégalais survivants de l’horreur à qui on refusait de payer le billet retour). Mais c’est surtout une île paysagère, une île avec ruines. L’ancien prieuré se dessine au sol par des murets, et puis il y a cet ancien arc qui fait symbole. Bien d’autres choses à visiter, mais moi c’est une vidéo Rabelais que je voulais faire, il y en a même eu deux : l’ouverture avec les généalogies du Pantagruel, c’est ici depuis longtemps que je voulais la lire — lieu ni extérieur ni intérieur. Puis ensuite me suis assis auprès de Ronsard lui-même, du moins la dalle qui le recouvre, et avec lui on a parlé de sa lecture de Rabelais, les vidéos seront en ligne dès fin de montage. Mais chaque fois il m’attrape, ce lieu, et finalement le ciel noir aidait aux contrastes sur la vieille pierre, ici sinon tout se surexpose. À y rester un peu plus de 2 heures, pour mon petit tournage solo, c’était aussi écouter la jardinière principale, son assistant et son stagiaire, et ça aussi belle leçon. Un lieu qui vit. À preuve quand je suis arrivé, et qu’à l’accueil j’ai demandé si Vincent Guidault, le directeur, était dans son bureau : — Ah non, il est occupé... Bon, j’ai répondu, je le verrai tout à l’heure... — Il est dans le fond du jardin, tout au fond... Ah, je vais le trouver alors, et oui je l’ai trouvé, en bottes et tenue de jardinier lui aussi, blouson de toile huilée et pantalons à poches pour les outils, parce que tout là-bas, dans l’arrière de la vieille nef aux vitraux de Zao Wou Ki, il y a un recoin de chênes verts : et là trois « confidents », c’est ainsi qu’il a baptisé ces mobiliers inventés, de cèdre et de piquets repris aux vignerons, qui les remplacent par des piquets de fer : un petit recoin de calme et verdure où à peine on vous voit passé deux mètres, et l’idée serait d’y proposer des casques, pour entendre des lectures. C’est ça aussi, Saint-Cosme.

 

 


François Bon © Tiers Livre Éditeur, mentions légales
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1ère mise en ligne et dernière modification le 12 mai 2023
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