visages/métiers/transparences

il serait porté une attention particulière aux métiers, aux visages, à l’organisation sociale de la ville faite île


Dans les métiers, ici, ceux qu’on chargeait de la transparence. La transparence était partout dans la ville. Elle séparait la marchandise convoitée de la marchandise emportée. Elle organisait vos reflets et accélérait votre marche. Elle séparait de cloisons fines les espaces publics et les emboîtements du travail. Les mannequins étaient fixes et blancs, les inscriptions nombreuses. Construire la transparence était un métier : il fallait que les vitres disparaissent. Ceux qu’on chargeait de la transparence, vous ne leur parliez pas. On les apercevait, ils restaient rarement dans un endroit précis. On disait qu’eux aussi, une fois finies leurs heures, la gare les avalait, avec manteau, ou blouson, et leur équipement laissé dans les galeries de service, on ne les distinguait pas des autres, des passants, des clients. La transparence tenait à cette vibration particulière ici du monde : qui suppose qu’on ne s’y arrête pas, qui suppose qu’on vienne aussi pour les marchandises, qui suppose qu’on avance dans le dédale des cloisons et des vitres, la transparence généralisée, comme dans ces rêves où tout est vrai, et pourtant on le sait bien, qu’on dort. Celui-ci, je n’ai pas su son nom.


responsable publication François Bon © Tiers Livre Éditeur, cf mentions légales
1ère mise en ligne et dernière modification le 16 avril 2011
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