singes, crocodiles, Futuroscope


Cher monsieur,

Je vous remercie sincèrement de votre passage sur Tiers Livre et de votre commentaire à ma dernière note de ce Petit Journal. Je ne pensais pas qu’au Futuroscope quelqu’un suivait d’aussi près mes discrètes publications.

Je n’ai jamais eu l’occasion de venir au Futuroscope, le terme vieillissant était seulement visuel (les coupoles aperçues derrière le parc d’hôtel en expansion sur le bord d’autoroute), et n’était donc chargé d’aucune allusion. Mes enfants par contre ont souvent visité votre établissement avec des amis ou en voyage de classe avec les correspondants allemands, et l’ont toujours trouvé plaisant (sauf la queue aux attractions).

Ma petite note d’hier ne concernait que le panneau publicitaire de la région Poitou-Charentes, aire d’autoroute de Jaunay-Clan, sens descendant, donc à quelques centaines de mètres de votre établissement.

J’en maintiens l’idée : il m’est douloureux, ayant eu toute mon adolescence dans ce département (voir Civray, ville complète et textes associés), que la seule arme contre l’exode rural soit d’en faire une animalerie exotique. Ce que je demande aux concepts de territoire et de paysage, d’identité humaine, d’histoire de la langue aussi, peut s’accommoder d’une vallée des singes, mais non pas d’en faire le système de Center parks (votre expression) qui me désole – encore plus lorsqu’il devient réclame officielle et cartographiée de l’institution politique.

Non au Poitou des singes (et crocodiles).

Bien à vous,

F Bon

Je serai ce vendredi 12 novembre entre 7h20 et 7h35 à la station-service de Jaunay-Clan sur l’A10 sens descendant (photo ci-dessus) si vous souhaitez que nous nous retrouvions devant cette carte pour un échange direct et un café amical (1,10 euro au distributeur, j’offre). Ou bien cafétéria de la fac de Lettres de Poitiers entre 12h15 et 13h45, avant mon cours de 14h qui aura pour thème : de l’invention.



François Bon © Tiers Livre Éditeur, mentions légales
1ère mise en ligne et dernière modification le 10 novembre 2010
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Messages

  • Et la ville (1) pour l’instant préservée et du grand délabrement et du trop pimpant qui n’en ferait plus qu’un joli décor, un de plus dans cette vieille Europe qui devient chaque année davantage comme une réserve d’Indiens aux touristes fortunés du reste du monde.
    C’est désormais ailleurs que les vraies choses se font. Nous ne sommes même plus de ceux qui pensent ; le monde va (mal) et nous suivons.

    Restent donc quelques beautés, quelques diversités et quelques forces vives, comme un vestige de qualité de notre liberté.

    (1) d’Arras

    Voir en ligne : traces et trajets

    • J’habite Poitiers depuis 5 ans, je déteste cette ville, et le Futuroscope, pas mieux, tout le département me déprime. Crocodiles et singes, eh oui...
      Je ne savais pas que vous connaissiez Civray, mais que connais-je de vous ? Bah, ça pourrait me faire apprécier un peu plus ce département du fait que Civray vous soit proche...

      Dommage, je ne pourrai vous voir vendredi matin, je travaille (bien que je sais que ce n’est pas moi que vous attendez...)

    • Il faut trouver les bonnes pistes, il y a quand même plein de passages et d’initiatives. Bien suivre les propositions fac de lettres (début décembre, soirée Emaz/Noël), les infos et rencontres Espaces Mendès-France, l’Office du livre, les concerts au Carré Bleu...

    • Merci de cette réponse François.
      Oui, je me tiens au courant de ce que fait la fac (l’an passé, en sociologie et en cinéma, ils ont fait le 1er festival Filmer le travail et j’ai fait partie du jury, j’ai passé de très bons moments : bons films, bons profs, bons étudiants ! (j’ai 46 ans, ne suis plus étudiante depuis longtemps).
      Mendes France aussi.
      Office du Livre, je connais juste les initiatives dans les médiathèques.
      Quant au Carré Bleu, ne connais pas, même de nom, je vais me renseigner.

      En fait, je trouve ce département bien tristounet, la ville de Poitiers, alors qu’elle est ancienne, devrait avoir une âme, je ne la trouve pas. Certes j’ai la nostalgie de mon "chez-moi", entre Caen et la mer, mais je me sens aussi chez moi en Bretagne, ainsi qu’à Lille. Et en Belgique aussi.

      Question de température alors ? Oui, l’été, c’est indéniable. C’est étouffant.
      Et puis plein de détails, Poitiers me fait payer des impôts locaux exorbitants, je devrais dire indécents (3 mois de SMIC pour une maison de 150m² dans Poitiers, même pas dans le coeur de Poitiers). Et puis à part quelques rues du centre-ville, Poitiers est laid et sale.

      Montmorillon reste une ville où j’aime aller, toujours des libraires pour le moment, jusqu’à quand ? Comment font-ils pour vivre toute l’année ces gens, je me le demande.

  • Les jours tombaient, falaises brèves proches de l’hiver, la lumière paradoxale. On y voulait répondre d’un peu partout, les arbres vifs, taillés, étaient gainés de fils électriques, un grand arbre mort s’érigeait totem de foire nul sur la Place. Plutôt la neige et le vent loin, se disait-on.

  • encore à saisir, encore à penser, ma fille vient faire un curry, l’autre sort, comme quelque chose qui serait de cette jalousie de toujours, la pluie toute la journée, les ennuis, le boulot on se croit dimanche (c’est un avion qui passe dans le ciel hier soir au dessus de la maison)(on va à peine voir)(belle nuit)

  • Vent, humidité, safari urbain avenue de l’Opéra vers 8h45 juste avant de comploter création numérique, livre, lecture…

    • bien trouvé, ce petit lion... merci...(opéra c’est grand, sur l’avenue ?)

    • à y bien regarder, on devrait en compter trois… mais je n’arrive pas à maîtriser la mise au point ’automatique’ de l’engin, dès que sorti de la position grand angle. Progrès industriel ’délégué’… J’ai cru jadis faire plus net, du temps de la pellicule argentique. Dérisoire, sans doute.

      Quant à Garnier, vers l’autre bout de l’avenue, il n’avait pas l’air d’améliorer son apparence kitsch. Au moins, il ne peut réclamer ici droit [im]moral et économique face à l’anonymat de cette porte, lui. (J’attends la revendication d’un quelconque occupant/’ayant droit’ — société de la connaissance, diraient-ils à Bruxelles/Luxembourg ou monétisation/valorisation du ’patrimoine’ ?

      Arrêté après au niveau du Starbucks — toujours pas de wifi.