2007.04.13 | littérature et violon au Rex à Cavaillon


J’ai beaucoup de mal à ne pas associer le lepénisme lépreux qui contamine cette région d’Orange aux hauts de Marseille, la misère de ces villes qui s’étagent le long de la nationale 7, à la destruction urbanistique systématique : contourner Avignon par la rocade c’est la démesure du mépris. Et la langue ici est aussi un des lieux de la destruction : voir cet entrepôt dont je suppose qu’il vendait des viandes et légumes en gros et qui s’intitule CARNIVOR PROVENC’HALLES.

La scène nationale que dirige Jean-Michel Grémillet, basée à Cavaillon mais qui a toute cette région d’Avignon, Vaucluse sud et Bouches-du-Rhône nord, comme territoire en est une sorte d’antidote volontariste. Un travail de contact, avec l’impératif de se démultiplier.

Par exemple, ce serait tellement plus facile de faire une lecture dans leur grande salle bien équipée. Non, hier soir et aujourd’hui, et encore 3 fois début mai, on débarque avec le matériel dans un bistrot de ces faux centre-villages qui sont devenus une suite de ronds-points dans l’urbanisation continue de ce couloir de la misère (avec pourtant les îlots richissimes du Lubéron ou des Baux-de-Provence à dix minutes), et c’est là qu’on propose l’intervention poétique.

On est à Noves, Bouches-du-Rhône. Au total, dit Jean-Michel Grémillet, avoir rassemblé bien plus de gens qu’à jouer dans la grande salle, et ce ne seront pas les mêmes. Surtout la rencontre individuelle, le temps même de la préparation, de l’échange aura été différent.

C’était donc mon tour avec Pifarély. Pas beaucoup le choix que reprendre des textes qui fassent sens dans ce laminage, ainsi mon Ode pour contribuer à une rue Sylvain Schiltz, au milieu un peu de Michaux (Document D9), et à la fin ce texte sur la peur complètement réimprovisé une fois de plus une fois au micro.

Et quelques images : la transmutation du Café le Rex à Noves, de l’arrivée parmi les consommateurs au repas d’après spectacle, et la diversité de ces 50 ou 60 visages qui étaient là pour les 1h20 et quelques que ça a duré. Merci à l’équipe de Cavaillon.

Dominique Pifarély violon électrique



François Bon © Tiers Livre Éditeur, mentions légales
1ère mise en ligne et dernière modification le 13 avril 2007
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