la société du spectacle (parfait)


Impressionnante affiche vue vingt fois en immense ces jours-ci partout aux sorties de la ville. On refait le temps. Le groupe s’appelle ABBAGAIN comme appât-du-gain dit vide-en-zeul-mot, 1979 moi je n’écoutais pas ABBA (ni même d’ailleurs mon pauvre Led Zeppelin allant vers sa fin après le chant du cygne à Knebworth). Ce qui me surprend, c’est qu’on puisse dire ça en gros et franc : le remake parfait. Et qu’en même temps on proclame le plus authentique – et du monde : c’est bien écrit le plus authentique du monde. Et que veut dire authentique s’il s’agit d’un spectacle, où tout est construit et répété pour la représentation ? C’est sponsorisé Fnac, Leclerc, Auchan, Carrefour plus radio Nostalgie, le remake parfait et authentique. Il y a quelque chose qui m’interloque, là-dedans, mais je n’arrive pas à trouver quoi. Après tout, ce pauvre cinéma a souvent voulu nous faire croire que Madame Bovary ou même Marcel Proust ça pouvait se refaire. Oui, troublé : est-ce que j’aimerais assister à un remake parfait de ma propre vie en 1979 ? – la même année, j’avais traversé Prague et Bombay, et je me souviens peu du reste. Mais non, il faudrait prendre un de ces guignols qui jouerait mon propre personnage, à la limite, il y a quelques semaines, les affiches des survivants de Deep Purple, qui jouaient au même endroit et se proclamaient par même type d’affiches, mais eux en carte vermeille, c’était déjà plus authentique, et que faisaient-ils pourtant d’autre qu’un remake parfait ? Et quelle phrase, the concert, interprété par. Non, vraiment, je n’arrive pas au bout de la signification de ce qui m’arrête dans cette affiche.



François Bon © Tiers Livre Éditeur, mentions légales
1ère mise en ligne et dernière modification le 14 mars 2011
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Messages

  • Led Zep qui a enregistré In through the outdoor dans le studio d’Abba en 78. Je ne suis pas certain que cela leur ait vraiment réussi d’ailleurs...

    (Il y a tout une flopée de remake des Beatles qui courent le monde tous les ans. La France est assez peu concernée par ce phénomène de tribute bands. Le phénomène est nettement plus marqué en Angleterre, où des groupes de reprises rejouent des albums entiers de Pink Floyd ou Genesis ( ou Led Zepforcément) note à note... )

    Voir en ligne : KMS

  • à quelque chose malheur est bon : puisque ma carte bleue m’a été chapardée dans le 15, ou alors dans le bus qui va de Bélem à la place des nations (le 26 je crois bien), ma banque m’’en a renvoyé une autre : avec elle un prospectus vantant cet objet, "en cuir véritable avec vos (des) initiales gravées à l’or fin comme les coins de ce (magnifique et original) porte-cartes" destiné à des êtres de qualité ; j’ai appelé (coût d’un appel local) ; on a rtenté de me persuader d’acheter la parure qui va avec (porte chéquier, porte-iphone, ipad, (non j’invente, j’ai dit non tout de suite après "parure)") le tout à 99 euros - je bénéficiais alors d’une réduction de 53% me dit la voix - j’ai dit non ; trois semaines ? déjà ? oui, à peu près... Voilà comment on se fait exister par l’objet...

    • j’ai demandé : "avec un petit "d" c’est possible ?" on m’a dit non, j’ai dit tant pis... vais-je m’en servir ? ma fille m’a demandé ce que c’était, j’ai dit "une blague", "ben ça veut dire quoi alors que tu aurais pu avoir un beau truc à tes vraies initiales ?", je reste assez incompris dans ma propre maison... c’est pas si facile de rester incompris

    • Par un curieux ricochet dont la vie a le secret j’ai le même ... aux initiales de celle qui fut ma meilleure amie. Du temps qui la concernait les bords n’étaient pas dorés. Elle m’a jetée mais j’ai conservé l’objet, trace tangible que je n’avais pas rêvé.
      (amusant d’en retrouver la provenance plus de 5 ans après ; cela dit elle ne me l’avait pas présenté comme un vrai cadeau).

      Voir en ligne : traces et trajets

  • on ne voit pas la valise à ses pieds ; il est monté à Concorde ; trop de bijoux : une chaîne une médaille, une autre chaîne, quatre ou cinq bagues, des lunettes dorées, enfin le type aime l’or ; a l’air d’avoir les moyens ; c’est la chemise qui m’a attiré : le col blanc, les rayures, du toc ou je ne sais pas bien (là, il ne dort pas mais il fait semblant d’être en veille)

  • L’un des amis de par ici en avait parlé récemment, et par ailleurs, je m’en suis par curiosité procuré un : ce livre blanc, finalement carnet de notes, car que faire d’autre d’un livre blanc, et qui prétend dévoiler ce à quoi pensent les hommes lorsqu’ils ne songent pas au sexe.

    J’ai un faible, je crois, pour l’humour potache.

    Ce lundi où de chagrin et d’épuisement je suis restée chez moi - sur les conseils avisés de mon fiston, lequel malgré ses travers adolescents reste sans doute le plus attentif, Maman je crois pas que tu sois en forme pour sortir, là -, j’aurais tout le temps de méditer sur cette existence que j’ai en forme de monde à l’envers (1) : moi qui repense au sexe et les hommes de ma vie qui n’y pensent (presque) plus, du moins pas avec moi.

    (1) Dans d’autres domaines aussi, disons qu’il s’agit d’un exemple de plus.

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