Internet de rue et café perdu

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Il y a vingt ans, il y a encore dix ans, les cabines téléphoniques étaient un lieu de socialité paradoxale : vous proposant de vous isoler, elles étaient des points d’observation, de rendez-vous, la trace des précédents occupants présente par myriade de détails. Et puis délaissées, vidées même de leurs appareils, vitres rayées, quelquefois transformées en indécent aquarium vertical pour sans-abri en hiver (j’ai des photos). Dans les aéroports, ces dernières années, on s’est habitué à ces services Internet à pièces : ça dépanne, on regarde les derniers mails, on dit ses au-revoir. Ce même genre de service on l’avait dans les facs, je m’en servais à Poitiers il y a 2 ans, clavier de métal inaltérable, écran soudé dans le mur. Je croise à Paris ces nouvelles cabines, bien légitimes : Internet en accès libre, à même la rue, et offrant de plus les services de proximité qui vous font recourir à Internet, ici et maintenant, et quel terrain vierge que la géolocalisation. Mais je n’y ai jamais vu d’utilisateur. En branchant mon iPhone sur l’ordi via le câble USB et « Partager connexion » (aller dans « Réglages », puis « Réseau », c’est en bas : mais évidemment, on vous retaxe hors forfait au passage...) j’ai accès à Internet d’où je veux, et en soi c’est une de ces révolutions douces, on n’a plus à trouver une connexion. Ce qui est facile dans l’exemplaire ville de Québec avec son réseau ouvert, bistrots et bibliothèques, mais si rare dans la bonne France, et encore pire à Paris. Quelle dérision que ces dizaines d’accès wi-fi qui s’affichent dans votre petite barre de menu, mais tous vissés d’un solide cadenas virtuel. Changement de paradigme : ne serait-ce qu’un téléphone portable, et chaque utilisateur (touristes compris, parce que la rage qu’on prend quand on a une journée à Bruxelles ou Genève et que l’accès à la 3G vous est interdit ou taxé au kilo, quelle justification ?) peut accéder au web (devenu soubassement de notre vie, donc invisible, dit Xavier de la Porte) – la politique publique devrait mettre plutôt l’accent sur cette accessibilité que sur ces cabines bien lourdes pour notre pauvre web tout de fluidité et mouvement : si je tourne mon iPhone, la flèche du GoogleMaps me dira la rue à prendre, la cabine ne peut pas. Pensées pour cela à côté de cette cabine vide, juste alors que j’échangeais par twitter avec Emmanuel Delabranche, architecte et enseignant à l’école d’archi de Rouen, qui ouvre ces jours-ci son Café perdu (« un peu... un peu... un peu... ») – et j’y serai le 16 mai, probablement avec Led Zeppelin. Dans un tel lieu de sociabilité urbaine, comment ne pas proposer aux visiteurs un iMac avec accès web sans contrôle ni contrainte, et que l’hôte, via la page d’accueil du navigateur par exemple, propose lui-même une sélection d’infos, de ressources, de liens, en affinité avec le lieu et ce qu’il y invente ? Et pourquoi pas publie.net avec lecture en ligne ? NOTA : rectif, c’est 2 iPad dont le Café perdu proposera la libre utilisation à ses visiteurs, encore mieux – et ça rejoint complètement la problématique de cette note.


écrit ou proposé par François Bon _ licence Creative Commons BY-NC-SA (pas de © )
1ère mise en ligne et dernière modification le 24 mars 2011
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