Piero de Belleville

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2010.05.14 | Québec, adieux #2, forêts

Chez moi il est Piero de Belleville, parfois juste PdB, mais chez d’autres il aura un autre nom, et même le sien parfois (pendant le week-end). Mais, trait commun, chez moi et chez d’autres, bien souvent il ne signe même plus, et c’est à nous de reconnaître la façon de poser les mots, ou le regard, ou la question au monde – ou comment il lui parle, au monde. J’ai conçu dès le départ cette page comme une sorte de jardin ouvert, c’était avant Face Book qui en a pris le rôle à bien autre échelle, mais ça ne fait rien, c’est bien pour moi, c’est un signe, un décalage, et humble merci aux contributeurs, chacun son fil, ses trajets. Ce matin, il avait le sourire, Piero de Belleville : il s’était inscrit sous son pseudonyme à l’atelier du RER C, et c’est le nom qui était écrit en toutes lettres (et même avec un petit rab : Pierro de Belleville) sur l’autorisation spéciale d’accès à bord. Souvent, ici, des images faites depuis son téléphone dans le métro, sur des anonymes qui ne sauront pas leur présence ici : alors on lui rend la monnaie, avec ces curieuses ailes de lumière. Ensuite, insaisissable. Je n’ai pas su ce qu’il a écrit, dans l’aller-retour RER C.


LES MOTS-CLÉS :

François Bon © Tiers Livre Éditeur, mentions légales
1ère mise en ligne et dernière modification le 2 avril 2011
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Messages

  • (mais nous étions pendant le week-end...!) en fait d’écriture, je n’ai fait que transcrire ce que j’entendais ici, ou là, ou ce que je voyais par la fenêtre ; j’ai fait la même chose au retour (et quelque 70 images), je ne sais ce que ça donnera, je ne l’ai pas retranscrit mais je vais le faire... (il y a quelque chose dans le fait de se voir, comme dans le fait de s’entendre - c’est peut-être pire - qui frôle l’insupportable) (la preuve par la photo du leurre réussi) (je pose deux autres images) (et encore heureux qu’il ait fait beau -s’il avait plu...)

    • en face de moi, l’homme aux alexandrins et aux "origines destinations", bien aimé son humour (ici il est interrogé par le journaliste de France Bleue donc semble-t-il) (j’ai une série sur lui qui ne se sait pas trop photographié sur le quai à Versailles Chantiers en train de téléphoner) (un merci particulier à MS pour sa phrase twittée de Kafka)

    • (ce sont ceux de François Bon, ces pieds-là). Et le carnet, celui où nous écrivions quelques mots, quelques phrases, quelques propos où habiter, où tenter de réaliser quelque chose sur le trajet de ce train, RER C, de la bibliothèque aux Chantiers et de Versailles à François Mitterrand (on remercie évidemment l’initiative et l’accueil tout simplement parfait réservé aux écrivains d’atelier par la société nationale des chemins de fer)

    • le wagon tremblant de hâte, admirable jusque dans ses plus infimes détails

      est notée dans son Journal à la date du 31 juillet 1917, quand il écrit aussi

      Etre assis dans un wagon de chemin de fer, l’oublier, vivre comme chez soi, s’en souvenir brusquement, sentir la force du train qui vous emporte, devenir voyageur (...)

      Heureuse qu’elle soit aussi parvenue aux non-twitteurs.

      Voir en ligne : ms

    • peut être la journée d’hier à l’intérieur jusqu’au soir , alors suis sortie ce matin , croisé femme en noir avec un léger sourire , et une autre en manteau léger de fleurs et l’après - midi une foule en tenues d’été , qu’une envie rentrer

  • Quelle magnifique idée que ce voyage transilien, et ravie aussi de ce clin d’œil plein phare sur PdB, cet amateur de lions qui se glisse partout de son pas de velours en y laissant une patte reconnaissable entre toutes, et dont les promenades parisiennes « pendant le week-end » sont simplement délicieuses.

  • Impératif d’aller nager après tant d’émotions fortes. Mais voilà que déjà se profile la rencontre du 8 avril. Dans l’eau je suis là : "ah non, je ne vais pas pouvoir lire ça" ! (un montage de sept textes, a priori, et bien casse-gueule, oui). On débranche quand ? Jamais.

  • c’est vrai que nous vivons dans un monde merveilleux bardé de lumières et de si jolies constructions soulignées de magnifiques néons basse conso (n’en doutons pas), Paris ville lumière pas vrai... et c’est vrai que c’est beau (on aperçoit la tour de Jussieu au dessus du bleu du restaurant, en haut, tout comme les prix pratiqués d’ailleurs, mais on ne parle pas de ça, c’est vulgaire) (à six pas de là, la tour d’argent, jt’en parle même pas du menu oeuf mayo/boeuf à la ficelle) (une sorte d’écoeurement devant ce gâchis : l’électricité de la France, oui, voilà) (ne serait-ce qu’éteindre un lampadaire sur 2, ce serait juste une idée ?) (on fermerait une centrale sur deux, dur...)

  • je parlais avec le frangin de cette façon de transformer le plomb en or qu’on aurait pu croire être parvenu à domestiquer (on parlait des deux Curie, de la mort du Pierre, du prix de la Marie), on s’est levé et en passant devant la librairie de Paris, des photos (comme il en est dans la cage d’escalier de celle du boulevard Raspail) d’écrivains (il y avait la Duras et la Yourcenar, je les aime toujours ces deux-là) et aussi le Clézio (quand je pense que c’est, paraît-il, cet abruti d’auteur de "99 francs"- pas lu, lirai pas- qui a commis l’article -sans le signer, on n’est quand même pas si con- qui descend Chevillard, il me vient huit cent sept façons d’avoir envie de lui botter l’arrière train) (c’était le quart d’heure critique)

    • à ce propos, la fac de Jussieu (paris 6 et 7) se sous-nomme Pierre et Marie Curie (en revenant de clichy ce cliché du coin fbg/bvd : rien ne change, rien ne bouge, tout reste semblable) (ça n’a rien à voir, mais pourquoi on ne parle jamais de la mort dans ce monde d’électricité et de médias : il s’en crée tous les jours, l’envahissement des télés, des radios, numériks ou non, des journaux magasines, jusqu’à nous autres avec nos machines et twitt-face-etc : et notre condition-, par exemple au hasard, la perte de ceux qu’on aime ? on en fait quoi, on la met dans le journal ? Oui, un peu)

    • le vois avant de descendre la rue Saint Jean , il sort d’un chantier mission d’un mois , nous parlons de son boulot , à un moment il dit j’ai tellement de poussière dans la bouche je cherche mes mots , je l’écoute parler de la dictature économique de notre pays , et puis du film " Jimmy Rivière " , je l’écoute parler il a une belle intelligence

    • n’ai jamais chassé le lion à Nancy ou si peut être une fois il y a longtemps , et par hasard tout à l’heure rue des Carmes le lion noir , alors pour vous PdB

    • c’est quand on ne les cherche pas qu’ils nous apparaissent...

  • j’ai trafiqué mes images, j’ai noté des trucs qui ne servent à rien sur une enveloppe usagée, j’ai pris la photo, des petits chapitres (atelier, voyageurs, conducteurs, chemin de fer et des petits feuilletons, un à Savigny, l’autre à Massy si je comprends - à moins qu’ils ne se déroulent tous les deux à Savigny)
    (il y a ici Higelin qui chante :
    des gens épouvantés/fuient le mal qui est en eux/quand vous en croisez un dans le désert/
    il trouve encore moyen de détourner les yeux/ car son frère lui fait peur/
    il a honte de son frère/ alors il se précipite en pleurant/
    dans les bras du premier colonel barbare venu/ qui lui jure la guerre/
    qui lui promet torture et prison/oh yeah/ pour celui qui a fait à son rejeton/
    l’affront d’un regard/ l’affront d’un regard d’amour...) (etc)
    (Alertez les bébés) (ce que j’en dis)

    • ce matin chez le vétérinaire co-locataire blessé infection , me voilà agenouillée et lui à terre après son anesthésie , le récupère à 15 heures et maudis celle qui me l’a refilé , croise un type bouteille de vodka à la main qui répète je trouve pas la solution , en ce moment beaucoup de solutions à chercher ou alors comme dit Sibony , chercher à poser les problèmes autrement