Marseille couleurs


Arriver à Marseille c’est un changement de monde. Les souvenirs de Naples et Palerme affluent – villes que j’aime tout aussi intensément : Méditerranée monde, une unité à elles toutes, ces villes, qui les séparent de celui auquel d’ailleurs Marseille tourne résolument le dos. Dans l’enchantement des mouvements, voix, couleurs, ces rues tant arpentées en 83-84 où j’y habitais, la mise aux normes. Les normes de ce monde auquel la ville tourne le dos. Ainsi, cette permanence des fouilles, et ceux à qui on fait se retourner le fond de la poche. D’ailleurs, dans l’impossibilité de faire la moindre remarque que ce soit, c’est dans la main qui exhibe ce fond de poche, avec un banal trousseau de clé, que sait se nicher l’affirmation de dignité. Comme un une indifférence, qui suffirait. S’ils fouillaient mon sac à moi, ils trouveraient bien d’autres choses, de quoi fourbir tout un trottoir. Ce sont ces postures, corps manipulés à bouts de bras, qui me déplaisent si exercées en mon nom, lorsqu’exercées au nom de la République, si malade et enkistonécrosarkozée qu’elle soit. Pour respect de non identification, mon Photoshop colle au tampon sur le visage du fouilleur la couleur de peau du fouillé.



François Bon © Tiers Livre Éditeur, mentions légales
1ère mise en ligne et dernière modification le 15 septembre 2011
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Messages

  • permanence de ces images (métro près du Père-Lachaise et en banlieue plus encore, aussi) - indispensable de ne pas s’y habituer de garder notre petite rage, seul hommage impuissant que nous puissions rendre aux fouillés (pas prise au sérieux quand j’interviens) - comme nous nous sommes presque accoutumés à l’armée patrouillant même si c’est plus rare