portrait volé : Didier Da Silva
lundi 19 septembre 2011
une autre page du journal, au hasard (depuis 2007) :
enfin la clé de Rabelais _ ou index général

Je me permets souvent de photographier à la sauvette les gens que je rencontre, mais bien rarement de reproduire ces images sur le site. D’autant que le contexte est ingrat : l’amphi de l’université d’été du CLEO, matières ou couleurs, lignes droites. Et malgré tout cela, alors que j’essayais de bloquer la trouille de ma conférence qui allait commencer, juste cette tension calme de celui qui lit. Aucune idée de quel livre accompagnait ce matin-là Didier Da Silva, mais le rapport du lecteur à ce qu’il lit le rend parfaitement indifférent à nous-mêmes. Façon de vous présenter, si c’était nécessaire, le blog Les idées heureuses, un des blogs les plus divers dans les angles d’attaque de ce que je connais en ce moment, et l’utilisation extensive de l’image, vidéo, lui-même n’hésitant pas à jouer de son piano – mais c’est ce travail de micro-vidéo, comme si littéralement aspirées par la spécificité web, qui m’étonne souvent en ce moment. A compléter par Halte-là, plus silencieux, plus suspendu. Et bien sûr par ses livres : on peut commencer par L’automne zéro neuf.


écrit ou proposé par François Bon _ licence Creative Commons BY-NC-SA (pas de © )
1ère mise en ligne et dernière modification le 19 septembre 2011
merci aux 719 visiteurs qui ont consacré 1 minute au moins à cette page





Messages

  • (fini le rapport, restitution probablement demain) il faut quand même faire l’inventaire des chantiers, un de ces jours je m’y mets (lions ; écussons ; je me souviens ; les immeubles : fbg, bvd, coin fbg bvd ; d’autres) (mettre à jour) continuer les voyage(s) ; laisser des choses, continuer les photos

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  • Beau portrait d’auteur en lecteur, heureuse idée de nous la faire partager. (Et heureuse idée Didier d’avoir cédé de nouveau aux Idées heureuses - qui nous auraient manqué.)

    Voir en ligne : Couperin me flanque le blues

  • il y a quelques années ce type de bazar se nommait "tamaguichi" (ou quelque chose) (on s’en souvient mais on n’en voit plus guère) (paraît qu’il y a des cimetières pour ce genre sordide) j’ai pensé à cet animal virtuel (peut-être parce que la jeune femme avait l’apparence d’une japonaise) (j’ai surtout beaucoup aimé les chaussures orange doré presque fluo brillant) en voyant les oreilles de son téléphone portable (derrière on aperçoit un spécimen humain buvant du café - ou quelque chose dans un bol élevé clos d’un bouchon ajouré d’où on peut aspirer le liquide)

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    • (je hais mes contemporains) c’est une sorte de gimmick à présent chez eux (mes contemporains) ils se croient seuls : ils hurlent dans leur portables, ils boivent et mangent n’importe où (dans mon quartier ils urinent contre les murs sans aucune vergogne- plutôt les mâles de l’espèce, mais l’autre cas est arrivé aussi) (mais c’est belleville) je déteste ce laisser aller (tout à l’heure sur la 11, l’un d’entre eux (un de mes contemporains, femelle) buvait et a failli vomir sur son voisin) (elle a juste craché quelque chose) (ignoble) (mais j’aime le reflet bleu dans les lunettes et sur le visage de la jeune fille au téléphone habillé en lapin) (bleu, certes)

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    • j’ai regardé au dessus de son épaule, il s’agissait d’idéogrammes - chinois, japonais, coréen, thaïlandais ou quoi encore j’en sais rien (je croyais qu’on verrait mieux le petit écran, mais non) (pour les oreilles, pareil, bernique) (en revanche pour le reflet c’est tout de suite plus éclairant) (on se croirait dans un film de science fiction)

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    • revoir l’appartement en fin de semaine et commence à penser couleur(s) rideaux ( jamais eu de rideaux ici vue directe sur le jardin sauvage, sur la rue du peintre) et puis de quoi meubler dormir, ici pas de confort alors pour la première fois envisager quelque chose qui y ressemble

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  • je suis fatigué mais j’ai fini (la restitution s’est bien passée merci) (je suis allé au ciné voir "les rendez-vous d’Anna", Chantal Akerman, 1978) (à la fnac j’ai acheté le dépaysement, katiba, sortie d’usine le tout en papier) (et des dvd) (le type m’a dit : "je te fais un chèque ?", j’ai dis "envoie le si tu veux") (c’est quand ça s’arrête que c’est bien, le boulot) (à chaque fois, on remet sur le métier son ouvrage et à chaque fois tout est dans la balance) je continue, je parle, je ris, je regarde, je trouve le monde ignoble, je trouve l’exécution du type aux US ignoble, Syrie et Yémen, Libye et le reste, Tchéchènes et Ouzbeks, tout ça me fatigue, je regarde le monde comme lorsque je lis un livre de science fiction mais c’est là, juste là (ils ont enlevé le tonneau bleu du dessus du préfabriqué)

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  • "un 22 septembre au diable vous partîtes
    et depuis chaque année à la date susdite..."
    les chansons c’est bien "mais c’est triste de n’être plus triste sans vous", le poète a de la classe...
    il y avait un type allongé sur la rue, devant le supermarché, il devait être tombé (on fait une photo dans ces cas-là ? non), il portait un blouson noir bordé de rouge, des cheveux blancs seulement sur l’arrière de sa tête, il bougeait un bras, une jeunesse devant lui accroupie parlait, rond, il n’a pas vu le sol qui s’effondre là, il a glissé, boum, il ne bouge plus, une voiture blanche conduite par un vieillard ne s’arrête pas, on crie, il tourne son volant, le type est allongé au sol, vaincu, son bras droit sous lui, de la main gauche il montre quelque chose, quelqu’un, on attend, les flics arrivent

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