des porcs

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2012.08.06 | Citroën AZU (hommage aux)

Rocade de Tours (côté sud), tout à l’heure. Voie de droite, un camion roule doucement. Mais c’est limité à 70, c’est donc qu’il est réglo, il va à la bonne vitesse. Moi qui ne suis pas réglo, je clignote, je double. Devant lui, une petite auto-école rouge. Une gamine au volant un peu trop droite, un peu crispée : c’est les débuts. Il y a bien un jour où il faut prendre la rocade pour la première fois. C’est alors que je comprends : le camion est à 1 mètre de la voiture, il la colle délibérément. Le camion n’est pas content que la voiture roule à l’allure strictement autorisée. Je vois ça dans mon rétroviseur : le moniteur de l’auto-école allume le warning, pas de message plus clair au camion, merci laisser espace de sécurité. Le camion colle encore plus, quatre fois la hauteur de la voiture. Un porc. Ou un qu’a mal digéré Duel de Spielberg. Il m’est arrivé la même chose récemment, même rocade, mais de l’autre côté. Pas le même camion, son frère. Mais moi j’ai 30 ans de permis de conduire, les cons de ce genre ça m’émeut pas. Seulement la curiosité de découvrir où la bêtise emmène ces types agressifs. Là c’était encore bien pire. A la première sortie, le moniteur de l’auto-école a fait bifurquer la petite voiture rouge. Le porc a planté un gros coup de klaxon, toute l’humanité laborieuse protestant avec lui, dans sa cervelle atrophiée.



François Bon © Tiers Livre Éditeur, mentions légales
1ère mise en ligne et dernière modification le 4 janvier 2012
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Messages

  • Vécu ça en moto...une petite qui ne rivalisait pas avec la puissance de ...Duel.
    On sent la sueur dégouliner dans le dos (ou pire ne rester bloquer à l’intérieur) de l’apprentie conductrice.


    Ceci dit, la dernière phrase me gène un peu.
    En italien chauffeur se dit "autista"
    mais "tous" ne le sont pas.

    • Les mots ont une queue de comète qui s’inscrivent résolument dans la mémoire premier degré

      À force de mettre sur le dos des êtres animaux (les porcs en l’occurrence)
      tous les travers des petites cervelles humaines, vous allez avaliser bien avant longtemps et c’est déjà commencé, le paiement de la dette des êtres humains par les êtres animaux. J’adhère complètement sauf à la référence porcine qui fait ombrage à mon grand allié

  • Décalages, retards, il y a foule à cette heure-là, 19h, 19h30, mais deux semaines sans nager, ce n’est plus tenable. C’est noyer la jungle qu’il faut : les faux contrats, le travail au noir, les trucs qui en dernière minute ne se font pas, ah désolé, finalement non - or vous n’êtes pas salarié(e), vous, ce qui change tout. Noyer ça profond, - 2 mètres, la lettre pour demander de l’argent écrite sur le comptoir, juchée sur un tabouret, noyer le contenu de la lettre et garder le comptoir, lumière d’or et jazz dans la salle, liberté qu’on paye, liberté quand même. Retrouver les épaules, les hanches.

    Coups de pied. Ensuite, étirements.

    Voir en ligne : Fenêtres open space

  • (c’est pas très gentil pour les porcs, surtout) (un livre formidable sur le sujet : "la bête singulière" de Claudine Fabre-Vassas, sous titré "les juifs, les chrétiens et le cochon", 1993, chez Gallimard)

  • on parle dans le métro ; les gens sont assez gris parfois ; en voici d’autres, ils parlent anglais, ils rient, ils vont à Montmartre (captés entre Colobien flanel et Stal)(il fait beau sur Paris, n’en déplaise aux fumiers à circulaires intérieures qui s’imaginent "capter" les "excellences", hurler oui et contre eux, j’en ai entendu un dans le poste hier matin je crois, indignité écoeurante et maligne)