chien mort que vif


C’était donc à l’entrée du supermarché, passage obligé poussant caddy pour ravitaillement première nécessité, affiche en double triple sur les portillons antivol on pourrait y échapper comment ? Reste à apprendre à lire. Découvrir qu’on ne sait pas lire. On ne comprend pas ce que ça veut dire : on vient là pour acheter un bout de poisson et de quoi faire la soupe de légume, du café et de quoi laver par terre, et on vous dit quoi : que chien presque mort mais pas vivant se vend. Et cher : 888,88 euros, soit un bout de plus que les 66 de l’Apocalypse traduction Bossuet. Là je regarde la photo, je ne comprends pas toujours pas. Quel intérêt de vendre du chien mort, du chat pas très vivant ? Ça se met où, ça se mange comment, on en fait quoi ? Je vous le dis : le monde matériel est en malaise.



François Bon © Tiers Livre Éditeur, mentions légales
1ère mise en ligne et dernière modification le 14 février 2012
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Messages

  • Si on voulait être vulgaire - "on n’est pas foutu à 50 ans", a glapi le président de la République cet après-midi - on qualifierait cette publicité (quand on pense, notamment, aux "restrictions" imposées aux descendants de la démocratie athénienne) de pur produit de "chiotte".

    J’ignore comment on traduit le terme en japonais.

    Voir en ligne : Le Tourne-à-gauche

  • parfois, c’est difficile à faire, une photo (on bouge), parce que on prend peur, tout à coup, de dévoiler quelque chose d’intime (c’est la réalité des choses, on dévoile un arrêt du temps, là) : cet homme là était assis, sur ses genoux, une chemise bleue qu’on distingue, je crois quelque chose qui venait de la mairie du dix neuf, il est là, considère le monde tranquillement, mais la photo est difficile à faire

    • ce qui interpelle, c’est certainement ce signe, ces décorations qu’il ne cache pas, ce sont des symboles de guerre, de rang et de courage (un certain courage probablement, parce que cet explicite-là a quelque chose de l’orgueil) (je crois) (en tout cas, il y a là l’irruption de la fiction : que voit on ? un gros type, noir, ses décorations, son crâne chauve, ses yeux plutôt simples mais je ne suis pas sûr de son regard, je ne l’ai pas regardé- son regard- et y verrait-on sa mémoire ? on se demande, je suis né, probablement, sur le même continent que lui, je regarde son âge, un peu comme le mien, et toute cette vie, sur la même planète) (en même temps, on est quand même sept milliards, paraît-il, ce qui fait sept milliards de vies aussi et d’histoires) (et à chacune de ces -ses- caractéristiques visibles s’attacherait une question)