mémoire, strates, croisements


Je crois que c’est à suivre l’histoire des Rolling Stones dans leurs points d’intensité, et principalement ces années 1963/1965. Le 5 août 1899, naît mon grand-père Eugène Bon. En 1965, il arrive à ses 66 ans et dételle de la mécanique. Moi aujourd’hui j’aborde les 60 et tout ce qui va avec, mais pas le moment de dételer et suis dans autre mécanique. C’est dans ces croisements que commence le trouble : tous ces âges, mais aussi ces personnages, sont tous de mon présent absolu. Par contre, quand je rapproche leurs différents présents ça ne colle plus. Le présent de mon grand-père en 1965 ignore les Rolling Stones, alors que son présent de 1923 connaît le dandysme de Paris (ses casquettes, sa moto). Et moi, en 1965, je sais très bien – à rebours – que s’amorce un choc violent, les 45 tours et l’adolescence, mais franchement, à me voir avec mon grand-père, y avait du boulot à faire pour que ça me rejoigne. Alors, dans mon présent à strate d’aujourd’hui, dans l’inacceptable conséquence d’assumer l’âge où sont déposées mes plus anciennes représentations de mon grand-père mécanicien (j’en ai de bien plus anciennes, mais pas dans la mémoire directe, dans celle que rapportent les photographies, ou les souvenirs de rituels familiaux très hiérarchique), l’impression d’un présent infiniment mobile, sur tous les personnages et sur tous les âges que je veux, sauf justement celui qui me concernerait moi, maintenant – mais que cela aussi pourrait être une permanence très ancienne.


LES MOTS-CLÉS :

François Bon © Tiers Livre Éditeur, mentions légales
1ère mise en ligne et dernière modification le 5 août 2012
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Messages

  • (le format des photos ça nous change, je suis allé en regarder quelques unes de celles que j’ai pos(t)ées il y a deux ou trois ans : celles d’un type, noir avec ses décorations et sa chemise -à papiers- bleue sur les genoux, il a adopté un visage et un regard incroyable- photogénique) (la photo ça change tout ; je regardais mon salon, ce n’est pas lui,non) (un peu comme les volets électriques et la télécommande que je décrivais aussi un jour) (je ne recherche pas les lieux liens etc.) ici une photo de la butte de Regnéville prise en août 2008, l’une des premières photos que j’aie de mon portable-ou pas, je ne sais plus- (je réponds au post d’hier aussi, on pense aussi au photo d’ana nb dans le PJ et elles prennent aussi une autre tournure) (j’ai commencé à prendre des photos avant qu’on puisse en poser dans le PJ) (je ne tague ni ne classe mes photos j’ai bien tort- mais bonjour le travail- je mets la mer-c’est la Manche- en l’honneur du grand père Eugène qui a un petit air de Noël Roquevert (vaguement) (du coup, les images posées en commentaires mangent un peu (!) celles de la page (je vais faire un essai de format, tiens)

  • (elle est un peu surexposée, j’arrive pas à la rattraper) (je ne connais pas la photo en réalité mais j’aime les images) (on voit la route qui mène à la plage à peu près au centre de l’image : une vingtaine de kilomètres de plage pour 5 nageurs, on n’est pas embêtés) (l’eau est loin, et parfois froide, aussi) (la précédente pesait 900 et quelques ko, celle-ci 150 ; on va voir)

  • François, ce que tu écris me rappelle l’intervention d’un physicien entendu hier à France Culture, parlant du temps à penser sur plusieurs échelles (il évoquait à un moment un concert de Dylan partagé avec son petit-fils, expliquait que lui, n’aurait jamais pu apprécier ce qu’aimait son grand-père, constatait là un changement plus profond qu’il n’en avait l’air...) Bref, c’est ici (dans mon souvenir c’est la deuxième intervention).

    Voir en ligne : http://www.fenetresopenspace.blogsp...

  • (on ne peut plus répondre en même temps aux commentaires, on s’en fout un peu mais quand même spip 3 tu crains) (ça change tout change) Paris on dit que c’est la ville du cinéma (la plus belle ville du monde qui aime le cinéma) eh bien, dans la plus belle ville du monde qui aime le cinéma, la cinémathèque est fermée en août : non, c’est une blague ? Oui, en effet, mais mauvaise... Paris aime le cinéma quand la place est à dix euros, le budget communication de la cinémathèque avec ses programmes faramineux, ses avant premières pour happy few abonnés, et ce que je ne sais pas... Vague envie de vomir, c’est bizarre... je ne m’en fous pas, c’est vrai, même si je m’en vais en même temps que le petit personnel.... (ici, un des compétiteurs -portzamparc allié à bouygues et carlyle, tu parles d’une belle équipe- pour la construction d’un immeuble de grande hauteur (j’adore ça, on n’appelle pas ça une tour depuis le onze septembre 2001 : ce monde à euphémismes est à hurler parfois) (compète remportée par atelier nouvel, le même qui construit l’auditorium symphonique à la Villette, du très très très lourd) (brrr et beurk) (rien à voir avec les horaires d’ouverture de la cinémathèque, hein, rien)

  • écoute celle qui revient de Lisbonne lit celle qui parle de l’évidence de l’été - attends le 124 celui qui me conduit au jardin sauvage - l’été c’est l’enfer : devoir encore chercher du boulot pour novembre et puis être ici - alors que rêve à un ailleurs

  • lis celle qui parle de l’évidence de l’été ( corrige coquille et en profite pour glisser photo - impressionnée par format )

    Voir en ligne : http://sauvageana.blogspot.fr/2012/...

  • (c’est dans un franprix, un écran publicitaire-de merde- qui n’a pas de signal - la tour nouvel à la défense avait adopté ce nom-projet abandonné je pense- c’était aussi celui du magazine nazi, faut bien dire) le ciel était gris de nuages, il y volait des oies sauvages qui criaent la mort au passage au dessus des maisons des quais... (tu sais, cette chanson) je les voyais par la fenêtre leur chant triste entrait dans mon être et je croyais y reconnaître du Rainer Maria Rilke...(j’aime bien qu’on voit HOTEL à l’envers dans l’écran, hôtel qui se trouve dans la rue des Recollets, de l’autre côté du canal) (il s’appelle saint martin)(le canal pas l’hôtel) (encore que...) (quoi qu’il en soit, j’ai quelque chose avec Paris) (j’ai décidé d’établir la liste des villes par lesquelles il me souvient de m’être arrêté un peu comme celle qui consiste à se souvenir des lieux où on a dormi) (je vais faire ça avant de partir)

  • on nettoie, c’est les vacances (c’est aux folies rue de belleville) (lorsqu’on passe devant le soir il y a des centaines de happy few qui boivent rient et hurlent fument et boivent encore tellement heureux d’être là, ensemble, où ça se passe) (ça me fait penser à ce que je lisais un jour sur ce "désir d’être dans ce qui se passe, ce qui se passera, ce qui se sera passé") (si l’humain est grégaire, moi je déteste la foule le monde et l’ignoble joie de vivre au milieu de mes semblables) (d’ailleurs, il n’est pas rare du tout que je les abhorre)(c’est qu’avec l’âge, on adopte une certaine pertinence)(sans doute faut-il faire attention de ne pas -trop-tourner vieux con-ou vieille conne y’a pas de raison qu’elles soient épargnées- mais après tout chacun fait ce qu’il peut)(brassens dit quand on est plus de quatre on est une bande de cons, il n’est pas impossible qu’il n’ait pas complètement tort) (on apercevra au deuxième plan la calvitie naissante de l’opérateur) (et au premier bord cadre le front et les tifs de la nageuse du journal)(on balance hein...)

  • (je l’ai peut-être déjà dans la collection, il doit y en avoir quatre ou cinq, et c’était un dessin imprimé sur la façade du chantier du boulevard) (tous ces chantiers qui vont vivre alors que je ne les photographierai point) (compte à rebours enclenché, on va partir) (une dizaine de personnes "vous avez bien vos papiers hein ?" c’est que l’année dernière j’en avais fait profité pas mal de monde)(que de pleurs) ici rue du temple (la tronche du connard en bas du cadre qui se sait photographié ça donne envie de gerber, mais je la laisse quand même : illustration de la fatuité du monde)

  • je suis allé la voir "tu sais on s’éteint doucement il faut bien" quelques secondes "j’ai lavé mes cheveux... il faut bien" et encore "comment vont tes enfants ? ... des filles, c’est mieux oui... mais comme tu as grandi... tu ne peux pas imaginer..." non, je ne peux pas, soixante piges bientôt, tout ce que je peux faire c’est lui porter des roses, l’embrasser, voilà, je m’en vais, une quinzaine de jours, s’il te plaît ne t’en va pas...

  • sens-tu s’étirer l’air d’un bout à l’autre,
    en chorégies légères, le jour saturé de musique,
    de pluies que le vent fane, jamais lassé.
    la saison s’entend à feutrer les cours, les rues.
    tu regardes peu dehors, sagesse courtoise,
    l’après-midi consacré au ciel changeant, moelleux
    contre qui nul dédit que sa propre couleur, bientôt plus doux encore.

  • Hello,

    Votre site est intéressant, je vais de ce pas le transmettre à une connaissance qui semble être sur la même longueur d’onde que vous et je suis convaincue qu’elle sera amusée. Je vous remercie pour ces écrits et l’énérgie utilisée pour mettre en commun ces données. Je serais contente d’avoir la chance de vous relire sur ce sujet bientôt. Merci encore

    Ibtissam

    Réceptioniste Hotel Le Mans