tournesols pour Van Gogh vieux

lumières d’automne

Il y a ce texte qu’Antonin Artaud reprend en quatre passes successives, pour parler de Van Gogh, reprenant quatre fois le même départ pour nous déplacer dans la même suite restreinte d’images, avec aspérités plus présentes : atteinte à l’ordre discursif linéaire, du coup se hissant à la violence mauve et la disjonction représentative de ce qu’il désigne.

Impossible de n’y pas penser, ce dimanche après-midi, quand les tournesols apparaissent au-dessus de notre tête à contre-jour, sur le chemin : on les laisse ainsi jusqu’aux derniers jours, préparer leur huile. On en fera de quoi donner aux réserves vivantes de viande en élaboration sur pied.

Les tournesols d’automne ne tournent plus : fleurs lourdes, mais pour un monde qui se prépare au gris. Les couleurs s’en vont, c’est presque du Uccello, c’est un paysage pour surgissement de Rossinante.

On n’échappe pas au désarroi quant au mouvement global du monde, et vers quoi on s’achemine. La ligne haute tension vient tout droit de la Centrale de Chinon, surplombant la maison de Rabelais.

© François Bon _ 23 septembre 2007



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