journal | table de montage

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vue sur lac

Dans l’école de cinéma que nous visitons lundi matin, le couloir du haut est réservé aux salles de montage. Beau temps qu’elles sont numériques, deux écrans et Final Cut, même si on a tourné en pellicule (oui, encore) on monte sur la copie numérisée. Dans les petites salles, on aperçoit comment ils s’installent, pomme et coca, scénar ou bouquins. Dans les couloirs, on en verra trois ou quatre, des anciennes tables de montage analogiques. Lourdes, avec leur bâti de fer, les mags de bobines, les suites de galet et le petit hublot de visualisation. Pas le droit de trop se tromper, on ne peut pas couper et recoller quatre fois le même bout de pellicule originale. J’y pense ce matin, attelé comme les précédents à la reprise et mise au point du Proust. Texte rédigé sur le petit MacAir 11’’, et déplié maintenant sur la dalle 27’’. Mais qu’il fallait trouver, même sur l’écran, cette matérialité de pellicule. Installer une clôture qui sera celle du livre, et la rigidité du processus de l’imprimé comme contrainte permettant de rompre soi-même avec l’infinie plasticité du blog ou de la version traitement de texte. D’ailleurs, l’affinage de chacune des 100 séquences me rend impossible pour l’instant de reporter dans le blog la masse des coupes et reprises. Je ne me serais pas engagé dans cette approche de Proust si je ne l’avais pas constamment décrypté avec les outils numériques, recherche d’occurrences, documentation et dépli. La vieille table de montage analogique devient l’allégorie de comment je demande à mon ordinateur une sorte de marche arrière.


LES MOTS-CLÉS :

François Bon © Tiers Livre Éditeur, mentions légales
1ère mise en ligne et dernière modification le 6 mars 2013
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Messages

  • sur une de ces tables, le découpage plan à plan de Freaks (Tod Browning, 1932) m’a pris deux semaines presque jour et nuit (c’était pour l’avant scène cinéma de claude beylie) (c’était au temps où le cinéma était la véritable préoccupation) (l’image montre le type et sa gonzesse qu’il va plaquer pour l’amour d’une blonde) (je ne suis pas sûr que l’histoire dise s’il revient avec elle) (je ne sais plus) (faudrait le revoir) (la nuit d’orage est l’un des moments de cinéma fantastique le plus effrayant qu’on puisse montrer) (mais c’est que je suis effrayé par les monstres) ("alien" aussi a cette envergure mais c’est la couleur qui lui nuit) (photo prise librairie mk2 sur le quai) (ils sont frère et soeur à la ville)

  • c’est Anna Magnani -dans le film de Renoir (Jean) "Le Carrosse d’or"qui date de l’année de la naissance de l’hôte d’ici-c’est la même que moi t’inquiète et tu taperas soixante juste quelques jours avant moi- je te dois le respect dû aux anciens- mais pas seulement- qui est sur la couverture de ce bouquin de Claude Mauriac, "l’amour du cinéma" voilà, ce sera tout mais ce sera vraiment formidable de la croiser dans cette devanture (librairie rue d’assas je crois)

  • ils ont placé les garde-fou dans l’appartement du haut (c’est celui du directeur je suppose) (ou alors de la directrice) (l’ascenseur de l’immeuble est en panne et ça gonfle) (j’ai là des lettres du maire du dg du responsable qui indquent qu’ils font tous tout pour que ce matériel fonctionne au mieux) (envie de rigoler bien qu’il pleuve) (la saisie compta est finie)

  • il est moche, ce bazar-là (encore que beige et blanc soit assez bien trouvé) (ça ne va pas durer ils vont camoufler ça avec des vitres teintées ou des morceaux de carton) (en tout cas, c’est pas si bien fini que ça en a l’air : il faurt des raccords ; on voit les malfaçons qui correspondent aux endroits où les plaques plus ou moins céramiques se joignent) (pas si raccord)

  • on s’en fout on n’y habitera jamais ( ne jamais dire fontaine etc) de plus loin, les garde-fou (c’est dit, c’est invariable) (vu "tu ne peux pas imaginer" hier, qui m’a dit se vêtir "chez Lucenne" - inconnu au bataillon mais Tunis années 20- et aller rue du Syndicat au magasin se servir de tout ce dont elle avait besoin) ("c’était en face de chez Chauvet" dit-elle) (ces souvenirs, l’écriture laissée pour la compta, les recherches GSV, la narration, les rues de la ville, des villes, les manques, mes soeurs qui déconnent et les finances merdiques, y’a pas de quoi en faire un plat, c’est vrai, mais ça n’aide pas au moral vu qu’il tombe de l’eau) (les giboulées vont pas tarder à nous tomber sur le coin du moral aussi tiens) (mais elles je les aime bien) (à part la météo, j’ai rien en magasin) (non)