journal | l’école, la grève, la danse

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hommage à Roger Fleury

Hier matin, en ouvrant les rideaux et installant les tables de la salle de danse, l’immeuble d’en face est encore tout éclairé. Dans la plupart des cases (ce sont des administrations, des trucs de mutuelle, et même le FR3 d’ici) dans presque une case sur trois l’occupante est accompagnée d’un enfant qu’on a mis au coin du bureau pour l’occuper : grève dans les écoles primaires. Et pendant qu’on écrit, une petite silhouette CE1 s’installe devant le grand miroir de la salle de danse, on lui dit qu’on ne s’occupe pas d’elle, et la magie du plancher, des lumières et du miroir agit. Seulement, c’est temps qu’on lise : on est douze, chacun à son tour se lance dans son texte. Et plusieurs fois, selon la voix et le texte, les pas et les mouvements, là-bas, inconsciemment s’accordent avec le rythme de la voix. Je pose l’appareil photo devant moi à la table en U, règle le zoom. C’est elle qui nous aura donné quelque chose. Étrange moment ensuite, où elle fait à quatre pattes sur le plancher le tour des tables en U jusque dans les jambes de Mélaine qui lit, puis s’en va en courant. Relirais bien les Divagations de Mallarmé sur la danse et les lettres (tiens, la page Wikipedia des Divagations est restée blanche, qui s’y met ?).



François Bon © Tiers Livre Éditeur, mentions légales
1ère mise en ligne et dernière modification le 15 novembre 2013
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Messages

  • je suis allé prendre un café avant mon rendez-vous (le barman s’appelle benjamin) (on ne dit pas "béniamine") et je ne sais pourquoi, j’ai pesné à duchamp marcel (j’ai fais la vaisselle/ j’ai descendu la poubelle)

  • en revenant, j’ai pris le métro au palais royal (passé chez delamain) (cherché "la promesse de l’aube" trouvé dans la blanche, pas en poche, jm’en fous après tout) (je lis "l’affaire aldo moro") (les bruits que j’entends venir de ce lieu du travail me dégobillent pas mal) (par exemple je déteste lorsque, un travail fini et envoyé le commanditaire fait comme si rien ne s’était passé : ni merci, ni merde ni rien ; je déteste ça - travailelr avec ce genre de connards, est-ce bien raisonnable mon petit piero ? F*** O**) (les deux dernières étoiles pour deux fois la même sixième lettre de l’alphabet, les trois première pour une 21°, une 3° et une 11°) (ce que j’en dis)

  • (jvais bosser putin j’ai pas le temps) il y a eu KMS dans le poste qui racontait ses histoires de musiksouvenirs et c’était bien (jme tire) (j’ai froid, y’a pas de chauffage dans la maison dlamerde pour une histoire de radiateur qui fuit) (putin) (jcavale mais je lis quand même, et je vois quinze ans au tiers livre colloque université et tout le bazar et ça me fait marrer) (de contentement pour l’hôte évidemment) (à l’image la bataille qui n’est pas finie, mais les feux, les phares des autos et le froid de l’hiver qui rapplique) (j’aime ça, il est six heures et c’est la nuit) (non c’est sept heures en réalité) (malin jsuis en retard maintenant)

  • hier je lui apporté des fleurs, elle a été surprise, quatre heures moins dix, elle mangeait quelque chose "c’est froid" dit-elle (et parfois, il me semble que la vie avec elle doit être difficile), elle laisse sa petite soucoupe que ma soeur vient chercher, "non, je n’en veux plus, non", puis se tournant vers moi "c’est gentil de penser à moi, tu sais ta mère mais c’est inui (elle oublie souvent ce "o" dans certains mots) c’est inui mais elle me parlait, elle me parlait ah oui, je l’aimais tu sais", elle me regarde et derrière sa tête croise ses bras repliés, minces et blancs, elle me sourit "merci pour les fleurs, elles enjolivent ma vie tu sais", elle me sourit, "oui ce sont les fauteuils de papa, tu sais il t’aimait beaucoup" , oui dis-je nous étions très amis, oui, nous étions amis, oui, voilà, il est temps de s’en aller, elle se lève et m’embrasse, elle me conduit, le chien aboie, ma soeur ouvre la porte de ses clés, je l’embrasse, au revoir, au revoir, hier, il y avait du soleil voilà tout

  • (on a été au louxor voir "inside Llewyn Davis" (prix du jury je crois à Cannes cette année, réalisé par les frères Coen) on rigole pas à tous les plans - mais on rit quand même - quelque chose de terriblement brutal dans la condition humaine : la scène de co-voiturage vers Chicago (où le héros chantera devant un David Grossman-incarné ici par Fred Murray Abraham - on pense au Nom de la Rose) est particulièrement lourde) ("chante quelque chose qui vienne de l’intérieur de toi-même" lui dit le directeur du cabaret) à l’image Oscar Isaac qui chante au début de la boucle (le film est un flash back comme les aime les réalisateurs) (si on aime les univers bipolaires, on peut aller voir)

  • ne sais pas tenir un journal genre journal de mon travail - j’en suis à 52 DE - plus la semaine prochaine - je dois passer à 35 H - je découvre par hasard ( pas tout à fait ) Leo Perutz - et rien que pour ça - la semaine s’annonce belle