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une porte que je n’avais pas remarquée

Non, ce n’est pas mon mode de vie. Ici ça commence à venir, mais à la française, petit commerce et machin qui brille. À la Défense, l’enclave américaine de France, il y en a un dans le sous-sol. À Montréal ils disent ça tout banal, le gym et on les voit en pleine nuit qui s’activent, leur machin sur les oreilles. Remarque, on en a même connu qui vont tout un bout d’un livre sur leur vélo immobile (nous on dit vélo d’appartement, au Québec ils disent vélo stationnaire). En passant dans la rue à Chicago, un de plus, gros bras, prothèses d’inox et autres appareils à boules. On photographie comme si c’était indiscret, alors qu’ils se montrent. Sûr ce n’est pas mon mode de vie, alors qu’il faudrait (mais ça grince trop aux pourtours et engrenages). Reste pourtant que l’écriture ça ressemble quand même : demande-toi pourquoi ce que tu fais, et tu ne tiendras pas. Ça ne marche pas à l’intention. Mais ne convoque pas l’intention, pour tenir dans le livre à lire et la discipline du livre à lire, et la pratique même, même celle-ci, juste passer la main sur un petit bout de monde te voir ce que tu en ramènes de langage dans ta paume, et t’es mort aussi. Pas prêt pour quand ça déclenchera. Et peut-être ça ne se déclenchera jamais, peut-être que c’est juste ça qui compte, ce qu’on fait ici, sans préméditation ni volonté de trace, sinon ce coin de blog recouvert au lendemain. Après, ce sont ces machines qui me terrifient un peu : mon Saint-Simon, il n’est pas si étriqué que leurs appareils. Et la pesanteur d’un vers de Baudelaire, bien pire que leurs grosses boules à muscles, mais tu la lèves d’un doigt tout aussi bien. Y a pas, va falloir vite retourner à Chicago pour comprendre.

 



François Bon © Tiers Livre Éditeur, mentions légales
1ère mise en ligne et dernière modification le 1er janvier 2014
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Messages

  • Le cours de danse de nos samedi a failli être supprimé : en fait les tarifs ont tant augmenté précisément parce que ce cours a lieu dans un "gym" que nous sommes un certain nombre à n’avoir pu renouveler notre abonnement sans attendre de passer au moins le cap de l’an. Mais le gestionnaire n’a regardé qu’un cours qui se vidait, ce n’est plus la mode sans doute, on dégage, sans se demander pourquoi (et nous chacun dans notre coin attendant de pouvoir revenir et ignorant que les camarades, trop de camarades en faisaient au même moment tout autant). En tant que personne qui écrit j’ai été désignée d’office pour pondre la bafouille de protestation. Moi qui la trouvais trop conciliante, j’ai été amusée de constater que mes camarades l’estimaient trop véhémente et critique envers la politique menée. J’ignore quelle a été la version finalement retenue, je n’étais pas sur place au moment de la remise de la revendication défensive. Mais nous avons eu gain de cause.

    Sans la danse, sans nager, c’est toute ma vie qui boitille, un équilibre que jusqu’à présent rien ni personne d’autre n’a pu m’apporter.
    Et surtout pas de l’exercice sur machines, à part un peu de rameur car trouver un fleuve n’est pas si facile, ni un skiff. Pour le reste : autant faire du vrai vélo, du réel courir, monter des escaliers quand on a le faire (plutôt que reproduire le geste sur une machine qui ne mène nulle part) (oui parce qu’au gym, il y a des machines pour vous faire faire semblant de monter des marches, un gym en plein Paris, là où tant d’immeubles nous tendent leurs escaliers - et là aucune excuse : c’est abrité -). J’ai de toutes façon toujours trouvé qu’elles ressemblaient à des instruments de torture ces machines de plus en plus sophistiquées - et mettez vos mains là, voir vos battements cardiaques en direct -. Souvent qu’en plus elles sont faites pour droitiers.

    La nage c’est clairement pour écrire mieux après, il y a un calme après être resté dans l’eau, c’est une méditation que de rechercher les gestes de la meilleure glisse pour la moindre énergie, que l’eau devienne l’alliée, il y a que ce qui restait confus s’éclaircit, quelque chose de l’ordre de la décantation. Si elles en valent la peine les phrases pensées reviendront. Ça ne marche pas à l’intention, ça fonctionne sur le fait que rien ne résiste au travail, à la répétition d’un entraînement, le corps progresse peu à peu, la "plume" s’assouplit à force d’enfiler des longueurs de textes et d’apprendre à trier (1). Souvent on a une intention et puis c’est autre chose que le peu à peu jours après jours dessine. Un peu de la même façon que voulant travailler la brasse-papillon on finit par devenir bons en dos parce qu’à l’entraînement l’enchaînement 25 pap - 25 dos est une bonne pratique. Écrire ou nager, l’assiduité paie mieux que l’intentionnalité.

    (1) Je suis nettement de ceux qui produisent beaucoup et doivent tamiser. Ce côté orpailleur.

  • faut bien continuer, tu comprends, maintenant que tout ça est sur papier, le passer sur l’ordi, qui va le mouliner, pour en faire un truc qu’on foutra sur du papier (en mail pièce jointe my foot) afin d’en extraire une phrase ? deux ? un chiffre ou trois, voilà tout... faut bien continuer, dehors il fait doux, j’en ai tapé quatre vingt, il m’en reste quarante pour demain (peut-être 50 je ne sais pas) je ne m’ennuie pas, non (ça c’est rue Jussieu je crois bien)