journal | avantage des photos bizarres

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Ce n’est pas que je cherche des thèmes pour alimenter un journal. Ce qui me plaît, c’est comme ça, dans les fins de journée, ce moment où on prépare le lendemain, où on range ce qui doit l’être, et qu’un petit point d’arrêt se fait : un petit bout de pensée qui ne sert à rien, pas la pensée travaillée (plutôt : qui sert à travailler), juste une inflexion, mais si on se donne ces 8 ou 10 minutes pour écrire à son propos on trouve les 10 lignes qui étaient ce point d’arrêt, et qu’on ne saurait retrouver si on attendait, ou si on laissait filer. Ce qui d’ailleurs est en partie le cas, puisque le principe d’un tel journal, au bout de plusieurs années, c’est qu’on ne le relit pas, ou alors juste via le petit bouton hasard ci-dessus, et que même le moteur de recherche du site peine à en isoler un fragment. Donc là quoi : au moment de fermer Lightroom, un bizarre cadrage de chaises devant vue sur ville. Sur le moment, l’impossibilité de se souvenir de plus. Évidemment, un peu de concentration et reviennent le lieu précis, l’heure et la circonstance, et pourquoi la composition est comme ça. En même temps, l’ouverture : bien sûr c’était un tableau, un mauvais tableau. Bien sûr aussi, un moment, ça s’était fondu, la perspective, le bâtiment industriel au bout, sur tant de souvenirs qu’on a de cette ville, et la pulsion d’y revenir. Ce qui était le point d’arrêt, c’était l’idée qu’il y avait si peu à franchir pour entrer dans ce paysage urbain représenté, et d’avoir oublié le mauvais tableau. Ce qui est bizarre avec les photos bizarres, c’est comme elles peuvent parler autant plus que les autres. Et qu’on ne les retrouve que par hasard, protégées par leur bizarreté même. Logique de lui donner son petit instant en ligne.



François Bon © Tiers Livre Éditeur, mentions légales
1ère mise en ligne et dernière modification le 30 janvier 2014
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Messages

  • je suis allé écouter des marketteuses (y’avait que des filles, c’est normal docteur ?) (elles étaient invitées par un garçon tu me diras) (ou par une fille ? j’en sais rien, en tout cas c’était une fille qui contrôlait à l’entrée, aussi) (les garçons c’est pour la sécurité ; on les prendra noirs si possible), rien de nouveau sous le soleil (y’en a même pas, c’est l’hiver et y fait gris) on aime à prendre les gens pour des cons dans ces sphères-là (en revenant, en marchant, dans le jardin, la roue, la sphère l’obélisque et sur la droite, la "librairie des jardins" jolie boutique assez priout prout ma chère mais enfin) (la grue ne travaille pas à l’ex-ministère de la marine, mais au crillon quelque chose il m’a semblé)

  • j’ai continué mon chemin (j’allais vers le royal palais) et je suis passé par/sur la place Vendôme : on refait le ritz, dis donc (là-bas c’était le crillon ; plus loin quand tu avances, tu trouves la samaritaine (c’est à machin, il a foutu tout le monde dehors, il va en faire un hôtel, t’inquiète, il a acheté la douane à Venise pour y poser ses petits objets rares, il est adorable) (un bienfaiteur de l’humanité, en réalité) (ou un philanthrope c’est comme tu veux, je crois qu’il a commencé en vendant des résidences à la campagne, à la mer et à la montagne : la classe) (si ce n’est lui c’est peut-être son frère ?), si tu tournes sur ta gauche et remontes la rue du Louvre tu trouves la poste (rénovation architecte dominique perrault) : des hôtels comme s’il en pleuvait, rénovés comme à Doah je crois où on enseigne au lycée Voltaire la chariah, ou ailleurs Qatar ou quelque chose, le luxe pour des footballeurs ? pour des milliardaires qui paient des impôts aux îles Vierges ou aux Caïmans ?) ah Paris quelle belle ville et quelle destination de rêve... (je mets la porte du 4 au cas où il y aurait d’autres rénovations en cours) la toile du ritz est dédiée à l’hôtel en lui-même, et les algécos (5 ou 6 étages spécial dédicace à l’Employée) sont fabriqués de façon à ne pas choquer la perspective du ministère de la justice, ni le si bel ordonnacement du reste de la place (on en a foutu des gris en haut pour rappeler les toits et on recouvert le tout d’une toile imitant les pierres de taille : ça vaut le déplacement, mais pas la photo dlamerde)

  • hier, au Carillon, trois jeunes vieillards vers midi discouraient tandis que, au bout de la salle, celui-là trouvait le temps long... (nous avions d’abord commencé par aller nous installer dans une officine nommée "la marine" sur le quai, mais un jeune serveur nous informa qu’à midi, il réquisitionnerait la table pour le restaurant "mais ça ne fait rien, vous avez le temps" (oui c’est ça connard pensais-je illico) ; un peu comme quand je vois que le bistrotier ne sert plus de café ou de boisson chaude à partir de 17h, charbonnier est maître chez soi, certes, mais ces incartades à la liberté dans ces lieux de débauche et de perdition me font frémir-que le monde commercial est donc haïssable)

  • (font braire, c’est jamais la même date, c’est comme pour le ramadan, pâques ou ces conneries-là, faut toujours que ça change : alors comment on fait nous ? on attend la surprise) (cette année c’est le bourrin, l’année dernière snake et l’année prochaine la chèvre de monsieur seguin) (vers midi j’ai été rapporter "tomboy" chez le marchand (pas de quoi en faire une affaire) puis je m’en suis allé acheter du tabac pour ma fille (en passant par l’église saint joseph, j’ai flanqué un cierge pour R. qui vient de se tirer et un pour les miens) et là en sortant, du tabac qu’est-ce que je vois ) le dragon noir et rouge... (Stendhal quand tu nous tiens)

  • (chacun fait ce qui lui palît disait cette chanson con-c’est un genre, la chanson con, y’en a des tonnes, et plein de chanteurs et de chanteuses les adorent- ça rapporte, la chanson con) (allain leprest disait "même dans les chansons cons y’a des trucs qu’on dit pas") le parrain (ici de dos derrière son balai, et son employé en blanc) admire cette soudaine envolée de pétards et de gongs cymbales tams tams fumées (pas devant chez lui, vu qu’il est pas de la bonne confession...)

  • on a été voir l’exposition Depardon (bien, le type naïf ou faux naïf enfin comme la photo de nono le laisse paraître : sait ce qu’il fait, les photos de la ferme -sa mère sans doute son père- réussies, celle où on le voit sur son scooter, autoportrait, et la série de Beyrouth) au loin les clameurs de l’ordure sur l’esplanade des invalides, on s’est tiré, y’avait du flic, on a marché jusque Madeleine (la veille au soir en passant devant la boutique pour aller chercher le 60 : une fête la mère tapait 60, les deux jumelles 30, le tout se déroulant au 66 de la rue) (faisait doux mais froid ou l’inverse)