journal | du manque d’étui pour écrivain plumitif


Je stocke beaucoup de choses des jours et des routes, mais pas toujours assez le moral pour prendre le temps d’en faire une page web. En même temps, je laisse traîner le téléphone sur le bord de ces mêmes routes et jours, j’envoie sur Instagram, ce qui n’en fait pas une page web pour autant. Il s’en ensuit régulièrement de ces petites conversations vives qui sont le bonheur de Facebook ou Twitter, et ça n’empêche rien : après dans le train retour Dax j’ai plongé dans ma trad Lovecraft et ne l’ai plus quittée jusqu’à l’arrivée. Et pourtant, ayant mal branché l’ordi hier soir, batterie quasi à zéro en partant et tout le voyage dans le petit coin de couloir TGV avec les prises (et les valises). Donc, ce matin, en même temps que moi repartaient des musicos, dont ce violoniste qui portait à main gauche le violon en étui toilé normalisé et à droite ce vieil étui avec plaques de laiton et magnifiquement usagé, avec probablement un de ces petits banjolines de la musique celtique. Ce n’est pas une question de musico ou pas musico : Claude Barthélémy a repris son train 2 heures après moi, et l’oud tout léger qu’il portait dans son dos ne laissait certainement pas préjuger de son curriculum ni de sa virtuosité. Mais quand même un pincement : dans ma musette Décathlon à 30 euros (quand même) j’ai un atelier numérique première bourre, mon MacAir, l’iPad et le Sennheiser 441 D de la lecture d’hier soir, un disque dur 2 Tera, mon appareil photo Reflex, et même quelques livres (Adour de Serge Ayroldi acheté là-bas, et Cent vues du Mont Fuji d’Osamu Dazaï que je voulais relire mais que je n’ai pas relu, occupé à traduire cette histoire de Lovecraft. Mais le pincement, c’était ça : qu’il avait bien de la chance, le gars au vieil étui de banjo, d’être ainsi identifié dans sa profession et ses occupations. Et que pour un plumitif, il faudrait bien quand même qu’on trouve une fistule similaire : les musicos, ils savent toujours l’histoire de leur instrument, nous l’ordi c’est le plus banal des banals un parmi des centaines milliers. Ou alors quoi, c’est notre tronche, qu’il faudrait qu’on promène en étui ?

 

PS : un petit coup de web et je découvre que c’est avec les Celtic Sailors au grand complet que je partageais mon wagon, même les danseuses étaient là – et le journal dit qu’ils ont une très belle voix et que madame le maire était là, ce qui change tout évidemment vive Sud-Ouest grand journal. On voit la mando à 3’49 c’est vrai qu’elle mérite bien son étui ! Y a quand même un point commun : dans un coin de ma musette j’avais brosse à dents, dentifrice, 1 paire de chaussettes rechange, ils devaient voyager exactement pareil, si ce n’est cet étui. Après c’est dingue, Internet : tu fais ça de photo sur un quai de gare, et 6 minutes t’après t’es remonté jusqu’au nom prénom du gars dont tu vois les chaussures.

 



François Bon © Tiers Livre Éditeur, mentions légales
1ère mise en ligne et dernière modification le 27 avril 2014
merci aux 658 visiteurs qui ont consacré 1 minute au moins à cette page


Messages

  • à châtelet il y a des travaux (ça dure depuis quelques temps, ça va durer longtemps vu que ce sont les trottoirs roulants que cette régie autonome est en train de changer) (les excuses pour la "gêne occasionnée" elle peut bien se les coller quelque part), en passant un jour j’ai découvert cette affiche (elle a été ôtée depuis) avec ce "Quarteto Cedron" (ce Qu est daté, de quand, je ne sais mais en tout cas ils ont l’air jeunes- sans doute années 80 quelque chose) (pour moi c’est un peu les folles de mai, les Quilapayun, c’est Victor Jara son assassinat comme celui d’Allende-même s’il s’est suicidé- et puis tant d’autres qui sont passés au théâtre de la ville dans ces années 70) (tout de suite cette photo est revenue quand j’ai vu cette mandoline-il n’y a pas de mandoline chez les Cedron, mais on s’en fout)

  • pas bien vu l’affiche mais il y a il semble une date (?17) oct. mais ensuite je crois que c’est 20H

  • (je ne le savais pas, mais regardant un peu, recherchant un peu cette affiche, je vois qu’il ont mis fait la musique du film de Frank Cassenti -1976) en fait c’est un "C" qui occupera première place dans le titre (si on aime cette musique, cette sensibilité, cette époque de la fin du siècle dernier, le documentaire sur José Mario Branco, ces fumiers de la Pide et plus tard, bien plus tard, le 25 avril cellule de 80 cm de large et 3,5m de fond... 2 hommes dedans)

  • deux photos l’une dans le bus, avec ce fauve pris par une marque voiture (quelle honte, je ne l’avais pas remarqué, mais pour se faire reluire, les marques sont prêtes aux pires exactions) (d’ailleurs tiens je m’en vais la gommer font chier tiens) c’était dans l’autobus (46 le genre deux à l’heure, quand tu le vois, tu le prends juste pour le plaisir celui-là), je venais de prendre à la banque le chéquier de la sas, croisé mon banquier (complet noir chaussures pointues grises chemise blanche cravate noire : tout le kit, sandwich et pâtes en bol en direct de chez g20 : m’a fait de la peine tu vois) je prends le bus je vais à colfab marcher jusqu’à stal et là, celui-là sur un sac qui regarde le monde qui va comme il va (mal, je crois)

  • l’autre, c’est celle de cette vieille dame, là, yeux à moitié fermés, je suppose, si ele pèse 40 kilos c’est le bout du monde, elle a dans les mains une sorte de chapelet sauf qu’il n’y a pas de croix, ni autre chose, il ne me semble pas qu’elle compte, elle fait juste passer les billes de bois entre ses doigts, il ne me semble rien, souvent les vieillards m’émeuvent, là ce sont ces petites broderies bleu clair sur le manteau clos au col, le bob, les poches sous les yeux, l’alliance, trop mignonne (si ça se trouve c’est une garce, mais elle cacherait alors bien son jeu)

  • j’ai pris un oignon, émincé en 8 ou dix en longueur, 4 en largeur, dans une poêle huile d’olive, mis ça à revenir, pris des fèves ; des petits pois ; des épinards (3 cubes) ; pelé des pommes de terre (4, roseval) ; mis tout ça ensemble, salépoivré ; attendre et faire le billet (la photo était déjà prête : le boulevard avec ces affiches de ciné déjà tellement datées-elles ont huit semaines) (entendu gondry dans le poste, fermé le truc) ; attendre ; penser un peu ; oublier qu’il pleut