journal | motel poussettes


La plupart de mes amis et collègues (tiens, Jérôme Mauche qui a en charge l’écriture aux Beaux-Arts de Lyon, très parallèle à ce que je fais à Cergy), habitent Paris, partent 2 jours par semaine dans leur école et dorment sur place. Pas mal d’écoles de province ont un appartement ou quelque combine pour leur permettre hébergement collaboratif, pas toutes. Moi c’est le contraire, j’habite la province et le mercredi soir dors à Cergy, et si je réserve la chambre d’avance je m’en tire pour 38 euros c’est pas si mal. Mais cette semaine ça a coincé : l’hôtel Première accueille des cars entiers de touristes russes ou chinois, les amène là à 26 km de Paris et j’ai dû me loger ailleurs. Je connais ce type de motel. Il y a 2 ans, emmenant ma propre fille pour des oraux ici ou là, j’ai appris le mode d’emploi, entrée avec la carte de crédit, petites chambres sur galerie dans les fonds de zone industrielle. Là, entre bifurcation des voies RER et large coupure de l’autoroute, ce n’était pas très facile d’y atteindre. Demain je mettrai en ligne quelques belles images du soir d’été sur le Leclerc de Conflans-fin-d’Oise. C’est plutôt le motel qui m’a surpris : les galeries (il était vers 21h) toutes peuplées, et, devant la plupart des chambres – qui pourtant sont bien exiguës – des poussettes. On peut vivre comme ça, et des photos de motel avec poussette dans la Silicon Valley j’en reçois aussi. Mais c’est plutôt un soudain indicateur. Dans ce vaste déploiement urbain de la banlieue à l’horizontale, basée sur la maison individuelle, ce détournement de fonction pour l’accueil des précaires, les délogés, les en transit, les en recherche de. Suis reparti ce matin avant d’en savoir beaucoup plus sur mes voisins d’une nuit, je suis monté dans un bus retour Cergy Préfecture et là en commandant un double café et un croissant au Show Gourmand (ça s’appelle comme ça, et d’ailleurs j’ai même pas eu besoin de commander, sur la dalle de Cergy maintenant on me dit : – Comme d’habitude ?), il y avait Patrice Rollet qui m’a fait signe de m’asseoir en face de lui et on était quasi les premiers à arriver à l’école. Eux ce soir ils y sont de retour, les familles à poussette dans les 70 chambres du motel premier prix, derrière le Leclerc de Conflans.



François Bon © Tiers Livre Éditeur, mentions légales
1ère mise en ligne et dernière modification le 12 juin 2014
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Messages

  • (entre l’extinction de voix- c’est comme ça qu’on dit - mon genou qui déconne et l’eczéma florissant, je suis pas gâté question somatisation) (c’est l’âge sans doute) (c’est surtout à cause que rien du côté pro je pense) c’est sur les conseils de l’Employée aux écritures qu’on a été voir un peu de "The Clock" au centre Beaubourg Pompide et c’était magnifique, donc on y retournera (évidemment) (sauf qu’il faut payer quand même...) (à l’image un peu (une image sur 24 par seconde, par minute soixante fois plus, par heure encore soixante et le tout multiplié par 24 : soit 1/2 073 600 ième) du procédé : un plan ou plusieurs de films s’appuyant sur l’image d’horloge, ou des textes ayant à faire avec le temps, l’heure, celui et celles qui passent- les canapés sont blancs et confortables - cependant ce n’est pas vraiment une salle de cinéma, attention donc peu de places...) EXTRA.

  • (on a été voir Bird People, il y a dans le film une voix off de merde, des prises de vue inutiles et des longueurs à n’en plus finir ; des prises de risque du scénario formidables ; une fin comme on les aime ; un début serré, mais j’ai peur que le rôle masculin soit trop faible) (c’est un conte, si on aime...) j’ai pris cette photo en revenant, en me souvenant de cette affaire de ciel bleu quand il y a quatre ans, le volcan a fait des conneries (des fumées, n’importe quoi, ce volcan ; je crois même qu’un film a été tiré de cette connerie vulcanologique - une connerie je crois ce film mais je ne l’ai pas vu) (il y a un film qui fait huit ou neuf millions d’entrée, ces temps-ci : j’irai pas) (j’avais pas vu l’enseigne, c’est celle d’un magasin dont le patron vivait au dessus, il y a quelques années)

  • allant voir TNPPI hier, il est apparu à une de mes soeurs (qui ne m’adressent pas la parole, tu sais) que j’avais l’air "soucieux", j’ai donc eu droit à quelques textos de mon autre soeur pour m’expliquer que les astres sont en notre faveur (par "notre" entendez la cousinade proche ; soit 6 personnes faut pas pousser quand même) et qu’il n’y a (donc) aucun souci à se faire (qu’on se le dise) (pathétique non ?) (TNPPI m’a dit, en réponse à mon "tu ne t’en souviens pas, hein ?" : "Non, et je m’en fiche...!" et on a ri, et elle a fait comme d’habitude "oh merci c’est toi qui a apporté des fleurs ?... mais il ne faut pas dépenser ton argent...")

  • revenant de voir TNPPI (on passe par delamain, c’est pas tant qu’on aime mais une librairie, on entre) (on aime pas trop tellement parce que ce truc appartient à l’éditeur qu’on sait ; on aime ce qu’il édite mais on aime moins ses boutiques, en réalité notamment pour les raisons qu’on sait) (on aime parler par énigme) on passe devant cet excellent échafaudage, preuve d’une culture bien de chez nous : il s’agit d’un immeuble ceint d’une trémie (ou d’un treillis, ou d’une résille (assemblage de barres formant triangulation ; parement de façade ; quelque chose de beau, joli, gai, pimpant, agréable à l’oeil comme à l’âme : tout ce que ça n’est pas mais c’est normal, vu que ça s’est trouvé posé sur le ministère de la culture) (rue des bons enfants, ça ne peut pas s’inventer) (envie de vomir quand on voit le sort réservé aux intermittents par ce gouvernement plus "droit dans ses bottes" que le précédent du même nom, condamné pour plus ou moins escroquerie) (je crois que la manif part de là d’ailleurs aujourd’hui) (sont peut-être en train de l’enlever, cette magnifique parure)

  • Versée aujourd’hui à l’Invent’hair, cette boutique située en face de la meilleure librairie de la commune, dite "Les mots Passants", ce salon situé en plein Aubervilleirs ("Auber" pour les intimes et les autochtones, dont l’ami Daeninckx)