journal | après la grêle

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carrés allumés ne se rejoignent pas

Une drôle de journée, comme d’habiter une boîte en carton avec rien dedans. Pas vraiment, parce qu’il y avait quand même la table avec les deux écrans, l’ordi et le fauteuil. C’est plus la sensation intérieure. Ça tient aux lunettes cassées il y a 10 jours, soit demain soit jeudi elles devraient me revenir mais je dois bien reconnaître que là depuis tous ces jours je ne vois rien de rien. Quand je tape à l’ordi comme en cet instant, ça va parce que je ne regarde pas, ni l’écran ni les touches, juste dedans ma tête et c’est finalement ce que j’aime le mieux dans ces machines, qu’on puisse écrire du mental sans l’artifice de la main et du geste. Mais dès qu’il faut s’appliquer sur un e-mail, sur les InDesign des étudiants, sur les dossiers ou autres, ça devient quasi impossible alors on fait attendre. Puis c’est la météo : comme la grêle lundi dernier, qui en 10 minutes a laissé les voitures toutes bosselées et les ardoises fêlées. Évidemment ça fait causer, et il faut quand même s’organiser, mais globalement tu t’es juste dit que la réalité extérieure ressemblait pour une fois un peu au bonhomme. C’est con pour les prunes : ça t’a mâché de les voir toutes dégringolées en tapis autour de l’arbre, et c’est pareil pour ce tournage annulé, pire que pareil. Mais aujourd’hui, dans la boîte en carton, c’est ton calme : s’asseoir, faire des trucs, puis à trois ou quatre reprises, des échanges mail qui se trouvent favorables, voire chouettes, même avec l’autre chien fou du grand sud (celui que t’appelles exprès CCF pour C.. Chien Fou). Et puis le soir 2 ou 3 pages de Lovecraft – il y a ça aussi : trop plongé dans les lettres de ce type et je n’arrive plus à décrocher – comme si on avait aussi chez lui un prémisse du web parce que vie documentée depuis quasi la table, les chambres, les lectures, les engueulades ou déconades au jour le jour et heure par heure– Lovecraft GoPro de lui-même, avec écriture dedans. C’est pourtant pas rose autour, c’est pas rose l’après grêle. Tas de trucs en retard ou parce que simplement, quand on approche la paroi on ne trouve pas la prise, la faille, le sens. Et ce contexte de casse ou de régression, pour tant de copains pas loin, comme si on n’arrivait même plus à se révolter du gâchis – ou les nouvelles qui t’arrivent matin soir de ceux qui se battent dans chimio rayons. Ça fait rien, tu feras des photos bizarres (tu rêves pour de vrai de photos bizarres), tu écriras des bouts de ce journal le soir en 20 minutes sans relire, tu enverras des mails à des copains plus tapés que tu l’es, et tu as commencé à traduire les 120 pages de Shadow Out Of Time que pour l’instant tu appelles L’abîme sous le temps.


LES MOTS-CLÉS :

François Bon © Tiers Livre Éditeur, mentions légales
1ère mise en ligne et dernière modification le 16 juin 2014
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Messages

  • il y a comme un flou, une sorte de nuée, quelque chose de la ouate, j’en sais rien, financièrement c’est noir, plus rouge, factures et bons de commande oubliés ("j’avais des trucs à faire, je les ai oubliés mais je les ai donnés jeudi dernier", putain je les ai donnés le 12 mai, tu le crois, toi ? moi non plus) les intermittents sur le toit du monstre de la villette (quelle horreur...!) et l’été qui rapplique, le genou qui déconne les nuits en pointillés, dlamerde j’en ai marre et ma claque (zeugme) jvais bosser à reculons voilà tout, je m’en fiche et je continue (à l’image une collection de pins capturée non loin du jardin du luxembourg)

  • (ce matin un courrier m’indiquant un trop payé -4 chiffres -le premier n’est qu’un 1 mais on se demande pourquoi, sinon pour faire marcher les agios de la banque) (l’autre courrier : à la bank, l’ancien est remplacé par une nouvelle-bizarre ils ont la même signature- on va m’appeler, un rendez-vous pour parler avec moi de mes affaires - c’est quand même sympa- on "tient à me remercier chaleureusement d’avoir choisi" cette officine de m...) donc, parce que le monde est tel qu’il est, les cieux tels qu’on les veut, je me tire quelques jours (fait beau, c’est quand même juin, merdalafêtedelamusik) (tu me diras y’en aura une aussi là-bas et je te dirai certes) (à l’image votre serviteur, dans la flotte) (ma pomme, de dos) (copyright mdbc) (qu’est-ce qu’on peut bien faire là ? au fond de l’image, si tu regardes bien, tu découvres Smyrne, à peu près- c’est en Turquie, putain, ça se nomme Izmir de nos jours)