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Cergy, hiver préfecture froid vent pluie

« Pour le renouvellement de la carte de séjour, il y a un nombre limite par jour alors je devais arriver devant la préfecture à 7h du matin », dit une étudiante. Chemin vers l’école, chaque mercredi matin 9h. Les jours rallongent maintenant. Mais la pluie, mais le vent, mais le froid. La queue pour la Préfecture, service des étrangers. Comme si cela faisait partie de la punition, le vent le froid la pluie. Il paraît que certains viennent là dès 6 heures, pour avoir moins à attendre. Surtout qu’il faut venir plusieurs fois. Ceux-là, qui sont dans les bureaux et exercent la République en notre nom, n’ont jamais été étrangers à l’étranger. La longueur de la queue, l’absence de tout abri c’est la mesure annoncée du cadeau qu’on va vous faire en examinant votre dossier. Le mot accueil, non le mot accueil n’est pas du vocabulaire de la république, la république ne reçoit pas d’amis étrangers chez soi. Et moi je passe, je passe tout au long pour rejoindre mon boulot. Deux cent quinze étudiants, et j’en connais personnellement de dix-neuf nationalités différentes. Deux avec dossiers de naturalisation en instance, et les autres les galères habituelles, entre cartes d’étudiants et titres de séjour. Je passe tout au long, c’est rare de croiser un regard. Vers midi, la queue cependant est à peu près résorbée, et l’après-midi les services sont fermés. Un jour quelqu’un suggèrera que – peut-être – on commencerait par installer là le mot accueil, quand bien même la pluie, le vent, le froid, on arriverait à changer de logique pour tout le reste aussi. Un jour. Mais je l’ai trop vue, la file du mercredi matin, de tous les matins.

 


François Bon © Tiers Livre Éditeur, mentions légales
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1ère mise en ligne et dernière modification le 14 janvier 2015
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