Cergy, hiver préfecture froid vent pluie


« Pour le renouvellement de la carte de séjour, il y a un nombre limite par jour alors je devais arriver devant la préfecture à 7h du matin », dit une étudiante. Chemin vers l’école, chaque mercredi matin 9h. Les jours rallongent maintenant. Mais la pluie, mais le vent, mais le froid. La queue pour la Préfecture, service des étrangers. Comme si cela faisait partie de la punition, le vent le froid la pluie. Il paraît que certains viennent là dès 6 heures, pour avoir moins à attendre. Surtout qu’il faut venir plusieurs fois. Ceux-là, qui sont dans les bureaux et exercent la République en notre nom, n’ont jamais été étrangers à l’étranger. La longueur de la queue, l’absence de tout abri c’est la mesure annoncée du cadeau qu’on va vous faire en examinant votre dossier. Le mot accueil, non le mot accueil n’est pas du vocabulaire de la république, la république ne reçoit pas d’amis étrangers chez soi. Et moi je passe, je passe tout au long pour rejoindre mon boulot. Deux cent quinze étudiants, et j’en connais personnellement de dix-neuf nationalités différentes. Deux avec dossiers de naturalisation en instance, et les autres les galères habituelles, entre cartes d’étudiants et titres de séjour. Je passe tout au long, c’est rare de croiser un regard. Vers midi, la queue cependant est à peu près résorbée, et l’après-midi les services sont fermés. Un jour quelqu’un suggèrera que – peut-être – on commencerait par installer là le mot accueil, quand bien même la pluie, le vent, le froid, on arriverait à changer de logique pour tout le reste aussi. Un jour. Mais je l’ai trop vue, la file du mercredi matin, de tous les matins.

 



François Bon © Tiers Livre Éditeur, mentions légales
1ère mise en ligne et dernière modification le 14 janvier 2015
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Messages

  • il ya pas mal de boutiques intéressantes, dans les petites rues ; c’est une ville et ça fait un moment que ça dure (j’ai vu qu’en 1802, on avait déboulonné ce qu’il y avait au châtelet pour y construire une sorte de tribunal) (les choses se passent et on ne nous en dit rien : c’est que je lis (ou relis je ne sais) le colonel chabert) (lors du passage de A. - quand était-ce je ne sais - oh ben tu as toute la comédie humaine à lire alors ça va encore me dit-elle (elle aime les séries et un certain Terry Pratchett, ça dit quelque chose ?) (genre binje) (ce mot me fait tellement penser à Diaz qui vendait des glaces en été et des frites en hiver, toute ma scolaire jeunesse, sur le boulevard saint quentin- je poserai une photo "je me souviens" un de ces quatre matins, je suppose) (les attaches en D prêtées -,20 pièce mais j’avais qu’un billet de dix, elle a ri la cordonnière- le cordon, les attaches de cuirs et crépins)

  • la vitrine à la vendeuse (elle doit mettre des bigoudis, elle est adorable peut-être mon âge, sympathique, "ah non je ne comprends pas dites à votre femme de venir... " mais elle peut pas, elle bosse et vous n’ouvrez que... "on est ouvert de 8h30à 13h tous les jours..." oui mais pas le samedi, "ah non, ni le dimanche..." elle me sourit, je lui souris

  • "ah ah ah vous n’avez pas de monnaie ?" ben non, j’en ai pas (tout donné à une chanteuse du métro, mais c’était que ,30 en même temps) "on va pas paniquer, je vous les laisse elle viendra me régler lundi ou mardi"... Je m’en suis allé, il y avait sur le chemin du retour un couple de sapins pour les trois cent quatre vingt dix à Richard de la pluie de la grisaille