2016.02.26 | énigme de Bruxelles, 20 mars 2006


Avant 2003, je n’ai pas d’appareil photo. L’agenda de mon Mac remonte jusqu’à début 2007, ce n’est pas si mal, même si c’est souvent trop lapidaire pour tout reconstituer. Si je passe sur l’agenda Outlook je gagne un peu : il remonte à avril 2003. D’ailleurs, symboliquement, la première note (en rouge) concerne notre petite manif symbolique à Drouot, le jour de la dispersion aux enchères de l’appartement d’André Breton. Avant, j’achetais chaque année un agenda papier, je les ai stockés pendant un temps, mais il y a longtemps que je les ai balancés. Donc, j’ai un passé professionnel seulement pour la période qui va de 2003 à maintenant, alors que 2003 ça fait quand même 20 ans après la parution de mon premier livre. Ce mois de mars 2006, je découvre que j’ai déjà une pratique photographique de documentation continue : le train aller puis retour, le lieu qui me reçoit, la vue depuis la chambre d’hôtel, puis le métro, la gare et le train du retour. L’agenda me dit aussi que le lendemain, donc le mardi 21, j’avais mon cours aux Beaux-Arts Paris et ça, je m’en souviens : m’être extirpé de Bruxelles très tôt, nuit encore, sans doute pas trop les yeux en face des trous – mais combien de fois j’ai fait ce plan-là. Mais l’agenda dit seulement, pour le lundi 20 mars 2006 : « Bruxelles », ce que les photos me disent aussi, et amplement. Je suis allé souvent pour des lectures à Bruxelles, et ne me suis jamais lassé du contraste qu’est cette ville, sa force d’imaginaire. Je me souviens juste d’un hôtel, celui assez miteux qui fait face aux Halles de Schaerbeek, mais commode quand on vient lire chez eux. Ci-dessous, peut-être les Bruxellois de passage pourront m’aider [1] : une bibliothèque avec un genre de mezzanine. Grâce aux photos, je sais que c’était une lecture de Paysage Fer, à l’époque j’en ai fait pas mal – et toujours un régal – en projetant des images fixes au vidéo-proj. Ce qui me touche, c’est plutôt ces arrières de maisons, depuis probablement le haut de cette médiathèque, puisque j’essaye plusieurs points de vue, ce que ne m’aurait pas permis une vue de la chambre d’hôtel (aucun, mais aucun souvenir de cet hôtel). J’ai fait une photo du public de la lecture, aussi. Mais je manquais de culot : elle est floue. C’est peut-être ça la force de la photographie : qu’elle conserve sa force ou sa présence, alors que soi-même on a gommé tout le reste. Est-ce que c’est grave, toute cette vie qui s’en va ?


[1Bien sûr, et merci le web, dès ce samedi matin un mail de Claude Enuset :

Il s’agit donc de la Maison du Livre à Saint-Gilles. Photos et programme joints.
M’en suis souvenu parce qu’à l’époque j’avais pris connaissance du programme. J’avais dû acheter Daewoo ou lire un ou deux papiers sur la pièce.
Mais je bossais et n’avais pu m’y rendre.
Je donne mes ateliers à deux rues de là.
Le bâtiment au toit arrondi est justement celui de la Maison du Peuple, haut lieu de la mémoire bruxelloise, dessiné par Horta.
Si je passe à la Maison du Livre, verrai si possibilité de photographier les mêmes façades arrière.

Un très grand merci, donc !

LES MOTS-CLÉS :

François Bon © Tiers Livre Éditeur, mentions légales
1ère mise en ligne et dernière modification le 26 février 2016
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