2019.12.16 | choses admirables qu’on a vues


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Par exemple, j’ai en moi une telle présence d’Halifax que retrouver n’importe où, là au cul d’un bateau, le nom Halifax est intérieurement transport. Et puis ce bâtiment, vu une première fois bien avant que j’aie à ma disposition de quoi photographier. Vu de nombreuses fois depuis, mais la dernière fois on retombe sur le même drame sans cesse évoqué ici, le choix de la vidéo. Et mon dernier passage dans la ville, même pas eu le créneau de temps suffisant pour retourner en pèlerinage. Dans ces lieux que chacun élit comme ses propres points d’intensité favorable, il y a ce pont. Depuis la première fois, à chaque fois que j’y reviens. Mais si je dis que je peux, de n’importe où qu’où je sois et les conditions intérieures s’y prêtent, me projeter en pensée, le traverser et changer d’état de réalité, on va se fiche de moi. Pourtant, j’ai en tout et pour tout, à l’âge que j’atteins et via des apprentissages qui ont commencé dès le début des années 70, trois endroits comme celui-ci pour y atteindre. Et rien à expliquer ni à justifier. Je reviens à ces photos qui ont exactement dix ans, avec un Lumix hybride tout à fait ordinaire, comme on fore un tunnel dans le dedans de sa tête. Par exemple, aujourd’hui — et ce n’est pas une question de qualité de l’appareil dont je dispose –- qu’est-ce qui est différent, si peu, juste un peu, mais cela change tout peut-être, dans ta façon d’organiser un cadre ? Il faudrait que je retourne sur le pont pour savoir.

 

 



François Bon © Tiers Livre Éditeur, mentions légales
1ère mise en ligne et dernière modification le 16 décembre 2019
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