2019.12.28 | comment la BNF voit Paris de haut

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2019.10.11 | vie sauvage à Luçon

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Ce matin, sur Facebook, je lançais une bouteille à la mer pour la sauvegarde de cette page : écrire la ville, c’est un atelier collectif qu’on avait proposé sur le site de la BNF, auquel avaient participé de nombreux établissements scolaires et leurs enseignants. J’avais eu la possibilité de faire de vraies mises en page numériques de mes propositions, et nous avions voulu les compléter par une série d’entretiens d’auteur. C’est moi qui avais proposé qu’on les fasse dans ce qu’ils nomment le « Belvédère », cet étage vide (à l’époque) au dix-huitième étage d’une des tours — j’y étais déjà venu avec un groupe d’enseignants de l’académie de Versailles, quand Patrick Souchon l’avait organisé avec le service pédagogique de la BN, à l’époque Anne Zali.

Ils sont toujours là, et combien c’est émouvant de réécouter Paulette Perec ou Hubert Lucot, maintenant décédés, mais les problématiques soulevées par Nathalie Quintane, Laure Limongi, Nicole Caligaris ou Chloé Delaume, la présence d’écrivains alors débutants comme Arnaud Maïsetti (j’ai bien dit : alors) et Béatrice Rilos, ou l’expérience de Jacques Roubaud, Jean Rouaud ou Leslie Kaplan, les réflexions sur la ville de Raymond Bozier, Jean-Christophe Bailly ou François Place, l’apport d’Hervé Le Tellier pour l’Oulipo...

Parce que ces vidéos sont mises en ligne sous Flash, logiciel obsolète, qui n’est plus installé sur nos machines d’aujourd’hui (Adobe a fait du PDF un format universel, mais n’a pas réussi pour Flash). Et Flash c’est une compression terrible pour l’image et le son, sans compter que la vidéo Jean-Christophe Bailly est buggée. Quelque part à la BNF il doit bien y avoir les vidéos livrées par le prestataire au service web : avec un casting pareil, ils ont quand même archivé, j’espère ?

Alors si eux ne veulent pas de mise à jour, on peut s’en charger nous-mêmes... Après il y avait cette question : c’était quand, quel jour ? (Et quelle journée, ballet réglé, chacun.e son heure, comme moi mes questions...) J’ouvre l’agenda du Mac, et trouve : le 30 janvier 2009. Ouverture de la base LightRoom à cette date : 75 photos (avec le Lumix hybride, et sa tache sur le capteur, que j’ai effacée comme j’ai pu sur les photos ci-dessous).

[ET RECTIF PAR RAPPORT À VERSION DE CE MATIN] : c’est par Arnaud justement que je retrouve les visages, ils sont là dans l’article qui raconte la journée. L’idée de filmer devant les ouvertures sur vide c’était bien une idée de non-cinéaste, avec le contre-jour. Dans ma grande base d’images, je les avais déplacées dans un dossier avec uniquement des portraits, et elles ont disparu, n’ont plus existence que sur le serveur : est-ce que je pourrai savoir un jour combien j’ai comme ça perdu d’images ?

Mais j’ai bien conservé ce qu’on voyait de Paris par les fenêtres. Et J’espère vraiment qu’un jour on pourra récupérer ces vidéos, en train de sombrer dans leur triste emballage Flash. Je crois que je suis retourné une fois depuis lors, à la BNF, en 2012. J’avais fait en 2017 la préface au catalogue de la grosse expo Paysages français, mais dans des conditions qui confinaient à l’escroquerie (ça ne remet rien en cause de cette expo, ni de la personne qui m’y avait invité), et je n’ai même pas été invité au vernissage. Continents qui s’éloignent. Utilité qui s’éloigne.

 

 



François Bon © Tiers Livre Éditeur, mentions légales
1ère mise en ligne et dernière modification le 28 décembre 2019
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