2020.09.25 | le savoir des photos bizarres


précédent _ suivant

Quelquefois, en reparcourant sur le disque LightRoom les photos accumulées, je tombe sur une photo bizarre, et je suis tout surpris. De moi-même, et ce que j’aime par exemple chez Charles Sheeler, je ne cherche pas les photos bizarres, plutôt des géométries, de l’à-plat. Quand j’insère ici une série dans ce journal, je peux glisser en douce une de ces « bizarres ». Il me semble que ma liberté, en tant que faiseur d’images, ce serait aussi dans la capacité à appeler le réel pour qu’il me livre ces failles, ces arrangements par quoi son image n’est plus assignée à lui-même, mais libre de se constituer comme image par sa propre teneur interne. Très récemment, dans ce bref passage dans le secteur de Bitochon, j’ai l’impression que pour une fois c’est toute ma série qui est bizarre, donc la voilà. Mais je n’ai pas fait exprès. J’ai même photographié un chat, c’est dire. Je peux chercher dans le pourquoi, c’est autre chose. Mais qu’est-ce que je le voudrais, savoir faire des photos bizarre. Je suis en manque, vraiment, du savoir des photos bizarres.

 

 



François Bon © Tiers Livre Éditeur, mentions légales
1ère mise en ligne et dernière modification le 24 septembre 2020
merci aux 208 visiteurs qui ont consacré 1 minute au moins à cette page