2008.02.14 | l’escalier de Bron


L’invitation à Bron, je ne saurais pas la manquer : c’est un rendez-vous unique dans le paysage littéraire, mais difficile évidemment d’en dire exactement la raison. Trois événements simultanés en permanence, dans des conditions techniques ultra-correctes (pas facile, pourtant, sonoriser le dessous d’un hippodrome), un hall convivial pour les libraires, et pour les gosses, crèche, animation.

Compte aussi le lieu lui-même : hippodrome en service, et on traverse les salles de pesage, les tribunes : monde vide, mais qui ressemble à une image.

Il y a deux ans, j’avais mis en ligne un petit reportage, avec une captation de Valère Novarina lisant.

Cette année, c’est dimanche, et j’arrive de Clermont-Ferrand. TER de liaison transversale, arpentant montagne et campagne. Comme c’est tôt le matin, quelques images extraordinaires : un camp de Gitans sous la gelée blanche qui uniformise tout, et deux silhouettes d’hommes près d’un feu. Trop tard pour déclencher l’appareil photo. Mais j’aurai un match de foot, une vue d’en haut de Tarare, et quelques cimetières. Une étrange série aussi sur le centre d’essai Michelin.

Dans l’hippodrome, happé, évidemment. Je retrouve Thierry Beinstingel, on a pas mal à se dire. Puis Jacques Séréna, Jean Claverie, Pierre Hild, ou l’équipe du Matricule des Anges, Thierry Guichard et Benoît Legemble, ou Patrick Laupin, Xavier Bazot, Pascal Jordana, Thierry Ermakoff, et bien sûr l’organisatrice, Brigitte Giraud. Hors Thierry Beinstingel, je n’ose pas trop sortir l’appareil-photo. Et puis j’ai 1h30 à tenir, avec mon Dylan d’une main et le mixage musique sur l’ordi de l’autre, la salle de 140 personnes est pleine, il y a le chauffage juste au-dessus. Peut-être qu’on en trouvera ailleurs, des photos.

En tout cas, dans le moment de concentration, avant de descendre pour la lecture, je photographie l’escalier, jeux de fer et de lumière, et je m’en tiendrai là.

D’ailleurs, me croisant dans l’escalier 20 minutes avant la lecture, Brigitte Giraud m’a lancé : « On annule tout… » Ça devait se voir à ma tête le trac, mais d’habitude pour ces moments d’avant intervention on se cache, et là ce n’était pas possible, à part justement le grand escalier vide.

Puis les livres qu’on signe (je n’en reviens pas), et une demi-heure d’échange avec Thierry Guichard : on nous a demandé, à tous les auteurs, de sélectionner 10 livres qu’on souhaitait voir mis en vente ici, sur les tables du grand hall, voir Les écrivains sont vos libraires.

Aussi, du voyage, quelques-unes des images faites du train : depuis des années je le complète, maintenant, cet atlas des géométries du travail, selon les lignes de chemin de fer, sur l’ensemble du territoire. Si je laisse des archives ce ne sera pas des brouillons ou des ébauches ou des correspondances : tout gommé à mesure. Mais quelques milliers de clichés numériques géolocalisés, ça oui, peut-être.



François Bon © Tiers Livre Éditeur, mentions légales
1ère mise en ligne et dernière modification le 14 février 2008
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