2008.05.12 | voyageur à Saint-Malo, rue des Calfats


Comme le merveilleux hôtel qu’on nous a attribué est dans le vieux et tarabiscoté quartier d’Aleth, que je découvre, pour se rendre dès le matin 9h au festival je coupe par l’arrière des bassins et la rue des Calfats.

Lumière rasante du matin, et personne. Et la ville se refait : le restau ouvrier n’a plus comme voisin immédiat que la démolition en cours...

Les paysages portuaires ont quelque chose de serein, de géométrique et d’immuable. Je serai à jamais jaloux de Terminal frigo, un des grands livres du grand Jean Rolin.

Walter Benjamin avait relevé cette notation de Hugo à propos des barricades de 1830 : qu’on aille plus loin à 50 mètres dans les rues, et tout est calme. Un peu pareil ici avec ce grouillement bon enfant et curieux d’un des plus extraordinaires festivals film, livre, voyage (mais, en tant qu’auteur, on est plutôt les soutiers : ce dimanche j’interviens de 9 à 10, de 10h30 à 12h, de 14h30 à 16h et de 17h à 18h... compensation de ces moments au deuxième étage avec le petit coin wifi, et le buffet vue sur mer, j’aurai tapé la discute longue ou rapide avec André Velter, Raphaël Sorin, Alain Borer, Abdourahman Waberi, Antoine de Gaudemar, Pascal Jordana, Jean Rouaud, Colette Fellous, Pierre Jourde, Patrick Deville et d’autres, mais c’est toujours le hasard qui commande – même pas réussi à voir mes potes Daeninckx et François Place : mais surtout pas honte de le dire, on se voit si peu et on en a besoin), et les rues désertes qui longent les entrepôts, entre les bassins.

Ce dimanche matin, j’arriverai donc pile à 9 heures à la brasserie l’Univers, où on nous a prévu petit-déjeuner avec des lecteurs (dos à dos avec Gisèle Pineau et ses propres invités). Etonnants Voyageurs c’est une organisation remarquable, à la mesure du gigantisme que c’est devenu (la trouille, avant d’entrer dans des salles où s’assemblent systématiquement 250 à 400 personnes). Mais là, pour le petit-dej, ça cafouillera un peu : il nous faudra attendre 9h50 (ça finit à 10h) pour avoir notre café, et quand les 8 personnes qui se sont inscrites pour qu’on parle (et on parlera très facilement, indépendamment du fait de retrouver quelques amitiés rezéennes !) proposent de payer mon propre café-croissant, je refuserai ! Bonne idée pourtant, puisque ensuite, quand on se recroise dans les débats, on l’impression de vieilles connaissances...

N’empêche, grâce à ce pet-dej sans petit-dej, j’aurai suivi la rue des Calfats. Et plus d’affinité certainement, dans la vieille amitié qui me lie à Saint-Malo, avec ces paysages-là : l’invitation pour le cocktail du dimanche soir et les logos de sponsors, je l’ai recasée à 2 potes du forum Led Zep, histoire qu’il y ait quand même un vrai Malouin dans la salle !



François Bon © Tiers Livre Éditeur, mentions légales
1ère mise en ligne et dernière modification le 12 mai 2008
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