2009.11.03 | vie secrète (à) de Montréal


Québec est déjà un virage, ancré dans notre parcours comme Berlin ou Rome, mais dans cette figure indissociable de l’eau, du fleuve, des paysages qui s’élargissent depuis le bout de l’île d’Orléans. Et l’opposition avec le calme studio souterrain sous les couvents désertés de la vieille ville (de ma lucarne, ce couvent des Ursulines débarquées à 115 de Tours et sa campagne aux temps de Louis XIV finissant, et bâtiment aussi déserté que ce couvent de Tours dans la rue qui mène aux Studios).

Mais la ville d’Amérique, celle du bout, c’est Montréal, où on vous parle d’abord en anglais dans les magasins (d’ailleurs, tant qu’à passer pour étranger, je reste sur l’anglais, ça fait de la pratique), où le métro, comme à Berlin ou New York, est un reflet du monde. Une ville qui semble se détruire et se reconstruire sur elle-même sans cesse, ou avancer ses fronts de taille du renouvellement (place des Arts notamment). Et ses errants, ses bars, ses fresques, ses impasses.

Et peut-être même que c’est une chance, cette année, de ne pouvoir se familiariser avec Montréal comme on apprend à connaître Québec, où la langue est si autre, mais toujours l’appréhender, même à 2 heures de bus, comme ville étrangère, une ville étrangère devenue soudain immédiatement accessible, et infiniment inconnue.

Dans le plan de nuit, le ronflement est celui d’un énorme FreightLiner isotherme regonflant ses frigos garé dans la rue en contrebas. Dans le plan de jour, le fou invisible qui hurle avait commencé bien longtemps avant, et a continué bien longtemps après.

A noter qu’à côté de l’enseigne rouge du bar, le bâtiment gris qui fait face à la mosquée neuve s’intitule Sexothèque, voisinage non arbitraire puisque ensuite vient le Temple.

 

Montréal, parking _ version nuit

 

Montréal, parking _ version jour

 



François Bon © Tiers Livre Éditeur, mentions légales
1ère mise en ligne et dernière modification le 3 novembre 2009
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Messages

  • tous ces oiseaux, le jour : je n’imaginais pas une ville avec autant d’oiseaux

    (et pour ce qui est des Tourangelles, Marie Guyard, Mme de la Pelleterie et les autres, pour les avoir croisées quand je travaillais sur l’éducation des filles : des femme toniques et même tectoniques ! une historienne qui doit être à l’UQAM et les connaît bien, croisée par la même occasion : Dominique Deslandres)