faire ses courses


Eux ils disent magasinage. Moi je dis : c’est la plus belle galerie commerciale du pays. En tout cas certainement un laboratoire pour comprendre de plus près l’Amérique, celle des quartiers pauvres et des Dollarama. Fausses cheminées, bradage de livres où personne n’entre et musculation en gros avec panneau musclez aussi votre cerveau, comparer avec précédente galerie (Halifax). Chemin du ravitaillement quotidien, temps réel.


LES MOTS-CLÉS :

François Bon © Tiers Livre Éditeur, mentions légales
1ère mise en ligne et dernière modification le 3 novembre 2009
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Messages

  • (c’est tard, là) (ou alors tôt) on n’en sait plus rien, mais c’est pas spécialement grave ou important, déjà demain (chouette...!), après avoir fait tourner 27 fois Alice Coltrane (au moins, merci KMS, GENIALE ta musique), puis écouté les Passagers de la Nuit la Couturière (bon, alors aussi GENIALE MS ton texte) on en aura fini des fleurs, mais en même temps, si on vous en donne pas, c’est un manque de reconnaissance, je crois (François aussi, bientôt sous la neige, là) donc les voilà (Montparnasse, hier soir, vers 22h)

  • Passé les deux années de la pire souffrance, et depuis la rencontre si belle mais si vaine avec Celui qui, je sais que s’y joue là quelque chose de l’ordre du compensatoire. Je suis finie pour l’amour mais au moins là un homme aux mains douces et qui ne me tuera pas.

    Voir en ligne : traces et trajets

  • en quelque sorte, c’est aussi comme faire ses courses, sauf qu’en bibliothèque, on les ramène les courses, puis ensuite on va chez son libraire, acquérir ce dont on ne peut plus se passer.

  • dans cette bibliothèque de mon lieu de travail où je "fais mes courses", comme dit Jean-Yves, ce matin (j’en rapporte 2, j’en emprunte 3) des livres ont été inondés la semaine dernière par un dégât des eaux en provenance des chambres qui les surmontent - ils sèchent depuis lors, disposés sur des tables, posés grands ouverts sur leur tranche, devant des ventilateurs ; les minces feuilles de papier de soie destinées à faire office de buvards glissées entre les pages de certains dans un premier temps ont été retirées

    • à la mairie , pris connaissance d’une édition catalane d’un livre de témoignages sur les réfugiés espagnols arrivés en février 39 , à Prats de Mollo , écrire , et puis après ...les questions , ai décidé de ne plus demander la nationalité espagnole , comme il m’est permis de le faire jusqu’en 2011 , ai expliqué à Ebi , que ma demande sentimentale , affective de l’identité espagnole , je n’en veux plus , lui ai dit que je ne me sens pas française , ni espagnole et que mon pays c’est la lune , tout ça dans un mauvais allemand

  • A 16 ans, en été, nettoyer l’extension avec un balai d’un mètre cinquante d’envergure, pousser devant soi cette poussière noire (je ne sais plus ce qu’on faisait de tout ça), toute la journée, vingt cinq minutes de pause déjeuner (ne pas s’allonger sur l’herbe devant l’usine), de 8 à 16h pour 2,89 francs l’heure, 4 heures supplémentaires le samedi matin (+25%) (découper à gros ciseaux, de gros paquets de caoutchouc presque chaud) , j’ai entendu dire que l’usine allait fermer, mais j’avais pour ce sigle de "chaussure ailée", lorsqu’il était jaune sur fond noir, comme une sorte de vénération naïve. Dès le premier soir, savoir que jamais, mais jamais il ne faudrait se retrouver ouvrier (travail les 3 étés suivants, deux mois sans déplaisir) (boulevard de la Villette, le petit bruit de tes textos, la chanson de Michel Berger, le retour à la maison, à pied)

    • un mot en remplace un autre dans ce charger et déplacer des chagrins ,
      entretien ce matin au Haut du Lièvre , " on est pas des Ayatollah de l’évaluation ici ", m’a dit le directeur ...sortie , je profite de la lumière pour marcher et regarder la lumière sur les chantiers en cours de cette super " Z.U.S."

  • ça commence par un traquenard sans préméditation (et dans ces cas-là, on s’en sort puisqu’on est soutenu) : face à douze, ça va aller (déplacer le problème, faire un pas de côté on sait faire) ; ça continue par des heures debout à attendre, devant cette splendide couleur, lumière, et poser des questions ; ça continue avec des toiles magnifiques, un repas magique (loin, très loin, de la gastronomie, tant pis) et une marche vers le métro juste géniale, pas à dire (le rouge, la lumière et la vitesse...) (doucement, please...)(j’adore)

  • (y’a que mes billets ou quoi ?) je ne me sens pas seul (t’es là) j’ai regardé le ciel aujourd’hui, il était bouché, j’ai travaillé comme il se doit, j’ai raconté ce rêve où quelqu’une me dit "mais hier, au resto grec, ta copine a oublié sa veste, blanche et orange..." puis je me suis réveillé, ce matin, le resto grec, c’est le Bosphore, bon, la veste orange, c’est aussi la couleur du collier, de la jupe, très bien (beaucoup aimé l’élégante attention), la veste je ne vois pas... j’ai oublié... la pluie toute cette journée, tant pis, demain turbin, taff et boulot, ça continue, ça continue mais c’est rien, t’es là