sous la terre


Cette fois ils ont disparu, les écureuils qu’on voyait partout, et les arbres n’ont plus de feuilles. Est-ce qu’il est possible d’évaluer le nombre approximatif d’écureuils enterrés pour hivernage dans la terre canadienne ? Drôle d’impression de marcher sur une terre peuplée, une terre devenue en entière animale.


LES MOTS-CLÉS :

François Bon © Tiers Livre Éditeur, mentions légales
1ère mise en ligne et dernière modification le 5 novembre 2009
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Messages

  • François Bon travaillait dans son tout beau bureau en sous-sol. On a frappé à la porte ; il a ouvert. U,e petite bande d’écureuil est entrée, s’est inclinée, s’est installée dans un coin. Il va falloir les nourrir

  • Faut-il que je l’aime, fallait-il que je sois inquiète, pour être parvenue à lui téléphoner.
    (mais comme il a avec le téléphone un rapport normal, je ne pense pas qu’il s’en soit douté)
    Quand donc cesseront mes séquelles ? Sûrement pas avec cette triste histoire d’amour qui n’en est pas.
    Concernant les amis les mauvaises nouvelles pleuvent et je tente d’écoper. Mais sans (son) soutien affectif mes forces sont limitées.

    Voir en ligne : traces et trajets

  • Arriver au boulot, un car de flics qui déboule moteur qui braille, repartir nuit tombée.

    Voir en ligne : à chat perché

  • ils dormaient là, sous la terre, en compagnie d’ineffables petits écureuils, les mots, tous les mots qu’on n’osait, il y a peu, que prononcer à part soi. Quant à savoir ce qui les fait se lever, c’est une autre histoire. On trouvait beau, aussi, le tapis de feuilles dans la lumière d’automne, et de s’endormir ainsi dans la couleur.

  • Avec enfin en poche le laisser-passer du consulat permettant de reprendre l’avion sans papiers (plus de carte d’identité plus de permis de conduire plus d’argent plus de...), nous reprenons le métro à Barceloneta. Et à ce même endroit, là où elle a sévi, adossée, longue et mince, qui attend l’occasion, la revoici : ma voleuse.

    • Impressionnant de retomber sur la même personne.

      Moi aussi volée à La Rochelle l’été dernier mais au fond chance que pickpocket probable et parfaitement discret (j’assistais bouche bée, attention capturée à un tournage, sac à l’épaule et trop peu solidement fermé). Avantage : pas de frontière à traverser, pas trop grave que plus de papiers. Et des amis secourables auxquels par un chéquier épargné j’ai pu acheter de l’argent.

    • En fait, les pickpockets à Barcelone sont très organisés et tournent toujours autour des deux-trois mêmes stations (j’ai beaucoup appris sur le sujet en quelques heures !). Et je crois qu’au fond, je n’étais pas mécontente de la revoir, de la reconnaître, juste avant de partir, sans qu’il soit du tout question de lui demander des comptes : les papiers sont au fond d’une benne, sans doute, et l’argent, j’espère qu’elle en aura profité... (je n’aurais jamais dit ça le premier jour !).

  • entre 11 et 12, ce matin, après cette réu de merde, la balade en attendant je ne savais pas quoi (j’ai su vers 6, comme un truc qui explose, ou se dégonfle, qui se termine, qui finit, qui n’existe pas, qui n’existera plus, jamais), cette photo rue de Nantes (vous savez cette chanson de Barbara), déambulant, prenant le pont de la petite ceinture, puis revenir par le parc, cette promenade si commune, il y a vingt ans, et puis ce soir, ses yeux, son sourire, sa casquette (quelle peur...)

  • Je m’étais fait pour eux un sang d’encre, l’un perdu par silence, l’autre tout gémissant. Soudain l’un m’adopte comme boîte, l’autre veut faire l’amour.
    Mais c’est qu’on dirait que ça va mieux !
    C’est alors moi qui tombe.

    à replacer : aux lettres, me, de fatigue

    Voir en ligne : traces et trajets

  • Déjà la lumière sur. Prendre son petit déjeuner dans le même café, goût pour ce qui s’apprivoise, le familier. Plaisir de ce Atzo bezala ? Ba, atzo bezala. Comme hier ? Oui, comme hier. Et le sourire, bien sûr.

  • il est tard, je rentre à pied, je continue le chemin, j’ai des difficultés, ces temps-ci, et aussi tellement de joie (toi) et le froid, les ennuis, les obligations, la saisie et les payes, le week end avec Alice Coltrane grâce à KMS, le travail de bureau, moi aussi tellement marre, tu vois, tellement trop à faire alors que je ne voudrais qu’une seule chose : cesser, prendre la caisse et aller voir la mer... ça viendra (tous les deux, hein) (fenêtres du 150 pour AS : si tu les veux, elles sont à toi)

  • peut-être trop fort ? peut-être trop tôt ? ça me tombe dessus, et tout à coup, j’aspire à rester dans cette solitude, mauvaises habitudes, laisser le monde vivre sans moi, pas envie, de rien, juste rester entier, simplement, sans me détruire, me déliter comme un tissu un peu pourri, un peu vieux, vieux, un peu grossier, collant la glu... je suis fatigué, ce soir, et je fais fausse route (trop dormi, c’est sûr) (la Citron, une Ami 8 bleue capturée rue des Boulets : #7) (tourne Madeleine Peyroux qui dit : "il me fait rire, il me fait pleurer, il fume au lit, il sème le bordel dans mes affaires, chante des chansons de Noël au lit mais ça va, j’ai été tellement seule avant..." assez chouette comme elle rit)

  • on en a entendu des choses grâce au mur !
    200 habitants et 160 coiffeurs.
    village de Pologne ; les allemandes n’hésitent pas à faire 200 kms pour se faire coiffer, une fois par mois : 7 euros.
    un cauchemar pour le notulographe local s’il existe, trier les photos de vitrines.
    on marche sur la tête, me direz vous ? mais non, tout serait défait à l’arrivée.
    AME