légendes Nord

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2019.09.15 | art nous ploucs, la province

Neiges mouillées, neiges éternelles, matsaaq, kavisilaq. Elle a le goût de la bannique, ta langue pleine d’umimmaq, d’amaulligaaq, de nasaq, de qamutiik. Raconte-moi des légendes, Takanaaluk Arnaaluk, accroupi devant les trois soleils d’une parhélie.

Texte de Jean Désy. Et l’accueil dans sa maison, « là où l’asphalte finit » (sur le plan pour s’y rendre), les livres de poésie face aux montagnes, puis la marche sur la rivière gelée, le thé façon Inuit qu’on a pris assis là, dans la neige. Des livres, je parlerai bien sûr. Évidemment qu’on se trouve vite des amitiés ou des lectures en commun, de Moitessier à Nicolas Bouvier. Mais est-ce qu’il n’y a pas une supériorité, pour entrer dans écrire, à ceux qui n’ont pas contourné le risque du monde ? Ce qu’il porte, lui, Jean Désy, de chaque village au long de la baie d’Hudson ou de la baie James ou de l’extrême Côte Nord, nommé par son nom ? Et du travail de médecin dans les dispensaires Cris ou tout là-haut seul médecin à tout faire pendant 5 mois dans les lieux Inuit ? J’y reviendrai via les textes. Ce soir, on repense à la voix, à la présence. Merci.



François Bon © Tiers Livre Éditeur, mentions légales
1ère mise en ligne et dernière modification le 16 janvier 2010
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Messages

  • ... si minuscules soient-elles. Ce qu’on a dû endurer pour les dépasser et ne pas s’y laisser tomber.
    La force que ça donne, une fois qu’on surmonte.
    Tout semble fait au contraire pour nous y enfermer.

    Admiration pour ceux qui osent y aller quand il faut.

    Voir en ligne : traces et trajets

  • La sonorité des mots Inuit me fait retrouver le nom d’un auteur lu avec passion quand j’étais adolescente : Yves Thériault. Agaguk... je me souviens. D’autres titre encore, qui se dérobent à ma mémoire. Curieux comme ce qui nous a construit peut ensuite nous échapper. Sentiments que la vie se défait au fur et à mesure que se dissolvent les souvenirs.
    Trop de neige sur mes rêves passés.

    Voir en ligne : Yves Thériault

  • Bon Dieu mais c’est bien sûr, ces noms en "ak" ! et j’ai remis la main, dans le grenier sur mon premier livre , "Apoutsiak, petit flocon de neige",de Paul-Emile Victor ,album du père Castor ; si vous avez des petits qui viennent d’apprendre à lire , voilà le plus parfait manuel d’anti-xénophobie, joliment et sobrement illustré et qui à moi en tous cas avait fait comprendre qu’on peut être heureux ailleurs dans un univers si différent, et qui , va-savoir m’avait peut-être donné déjà le goût des langues, tous ces mots en "ak".je sais qu’on le trouve encore sur le net ou chez des bouquinistes ; de bonnes notions aussi de géographie et de sciences de la terre ; je vous accorde que le texte est naïf mais c’est une belle suite au père Noël quand on a cessé d’y croire.

  • on est allés la chercher au train, la gare, la police, le Train Bleu (repas gastro-ça c’est spécial AS -nomique à 96 euros, ça va encore...?! euh...), le TGV (à l’heure...!) à étage, quelques personnes qui courent encore avec de gros sacs (l’armée, c’est plus ce que c’était) et voilà, à présent elles s’en vont "Soulages, les soldes, hein papa ?" ouais, voilà, c’est ça, les soldes... (belle soirée, c’est sûr)

  • Revisiter l’histoire au détour d’un disque, on devrait faire ça plus souvent. La musique est histoire aussi. Ou du moins l’était elle. Il semble qu’au fil du temps la capacité narrative disparaisse, se "superficialise".
    Le début des années 80 donnait peut être juste le ton pour les années à suivre. Pas très brillant, on aurait dû être plus vigilants.

    Voir en ligne : KMS

  • Le premier soleil n’a pas de freins : ni levant ni couchant dans le désir du lointain

    dans mon second l’oeil du monde est blessé : il connait sa chute et travaille en amont

    Le troisième est appel : seule la terre gelée sait de quoi il est question