and business behind

sommaire & derniers billets, ou
une autre page du journal au hasard  :
distorsions sur Olivier Debré

 

On croyait ces prouesses dans le kitsch de la plus basse consommation dévaluée réservées aux US tout voisins (l’histoire si complexe et sinistrée de Coney Island).

Je suppose qu’il vaut mieux ne pas se plaindre : les hôtels géants défigurent le site en surplomb même des chutes, arrogants, loi sainte du fric. Mais, au long de la rivière, juste une allée et contre-allée sans ciment ou presque, la Street of fun tombe perpendiculaire au niveau du pont, elle est le sas obligé entre les motels pour hébergement touristique de masse et les chutes.

Ce matin de début mars, c’est désert. Juste trois Ukrainiens de leur délégation aux Jeux olympiques de Vancouver. C’est d’autant plus cru. Et dans chaque boutique, derrière la vitre sombre, on emploie la vie de quelqu’un pour faire payer l’improbable entrée.

Reste quand même la question : si ces chutes restent merveilleuse d’harmonie et puissance, de silence obligé, les marchands du temple s’en réfèrent ici à l’imagerie la plus vulgaire de l’effroi – le vieil effroi du précipice, du naturel comme catastrophe, qui s’exprime dans ce bazar immonde ?

Reste que c’est joyeusement photogénique. Vive la culture.

 


LES MOTS-CLÉS :

François Bon © Tiers Livre Éditeur, mentions légales
1ère mise en ligne et dernière modification le 4 mars 2010
merci aux 545 visiteurs qui ont consacré 1 minute au moins à cette page


Messages