saltimbanques et cannabis


Billet programmé pour que les saltimbanques qui volent apparaissent sur le site au moment pile où moi aussi je volerai. Depuis pas loin de 6 semaines, avoir vu sous ma fenêtre leur travail de répétition, un peu face et décousu au jour, assouplissements, entraînements, les tatouages et les crêtes, les peaux blêmes et de temps en temps les élastiques qui vous emmènent les muscles jusqu’au béton de tout en haut. On l’aura vu six mois matin midi soir nuit le viaduc de l’autoroute, c’était vivre dans une toile de Hopper et c’était sans lassitude : la rue Saint-Joseph laissant passer à heures régulières ceux qu’elle héberge pour le repas à l’Auberivière. Quelquefois ce n’était pas très marrant, la préparation du cirque, vingt fois la même musique avec sono à fond pour leurs réglages, et puis hier soir c’était transfiguré, spectacle gratuit dans la nuit – ensuite ils vont continuer tous les soirs, et l’impression de faire un peu partie du spectacle. Qu’est-ce qu’on pourrait faire, nous de la littérature, pour jouer nous aussi à l’illusion du vol ? Il y a Pylône de Faulkner, il y a Premier chagrin de Franz Kafka. En remontant très loin, il y avait le chien de Sans famille – ferais bien dresseur de chien, faute d’être acrobate. Et me rejoint, au moment de partir, qu’une de mes étudiantes, qui travaillait (presque tous nos étudiants sont salariés) au Centre Compassion, soins palliatifs via distribution de cannabis – a été arrêtée, garde-à-vue et comparution : j’aurais préféré un autre au-revoir. Courage Janie pour l’écriture et la suite, on ne lâchera pas.


LES MOTS-CLÉS :

François Bon © Tiers Livre Éditeur, mentions légales
1ère mise en ligne et dernière modification le 25 juin 2010
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Messages

  • En avoir assez de ces lois absurdes, toujours plus restrictives face à ce qui serait du bon sens humain. Générosité et capitalisme ne font pas bon ménage. Obligeons les malades à souffrir jusqu’au bout. Je me souviens d’une amie qui n’en pouvait plus de devoir se fournir par des voies illégales tout en étant si diminuée qu’elle pouvait être une proie facile. Et que la chimie ne la soulageait pas ou avec des effets secondaires eux aussi insupportables.

    Un vendredi de fin de juin, chant le midi (en participant), théâtre le soir (en écoutant, en regardant). Bons moments, mais au fond d’attente : le silence des bien-aimés, depuis l’an 2005, m’est difficilement supportable.

    Voir en ligne : traces et trajets