lots pour nos Enfants


Je reçois comme tout le monde bien trop de publicités par mail, ça part direct à la poubelle, pollution inévitable et stérile : voiture de service pour publie.net, tee-shirts à notre marque, machines à affranchir (à la mode en ce moment, mais qu’est-ce qu’on irait faire à la poste ?), etc... Celle-ci est plus curieuse : « l’adjoint à la culture et à la jeunesse » de L..., dans le Pas-de-Calais m’envoie nommément la requête suivante :

le nouveau Salon de la « bd » auras lieu a L..., et comme chaque fois un concours de dessin y est organisé avec la participation de l’association de parent d’élèves « avec les enfants ». Nous recherchons des lots pour nos Enfants.

Je laisse l’orthographe adjointe (on nous propose même, à but de vérification, réception d’une lettre manuscrite). Quand même, je me demande ce qu’ils pouvaient ainsi espérer dont je dispose et que je pourrais proposer, pour me choisir comme destinataire de ce mail.



François Bon © Tiers Livre Éditeur, mentions légales
1ère mise en ligne et dernière modification le 6 août 2010
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Messages

  • I’m back ! (comme disait dans "la couleur de l’argent" ce beau gosse de Paul Newman) : pour moi, ça n’a rien à voir, dans une boutique de l’aéroport, des milliers d’artefacts - comme le lieu s’y prête, que dira un habitant de Véga de Lyre en débarquant à l’aéroport de Lisbonne ? - Deux semaines de chaleur, de tendresses et de batailles des enfants, de lieux si beaux si semblables à mon ami Pereira, à cet autre ami Pessoa, et d’autres encore, deux semaines un peu loin cependant, mais voilà

  • (tu me le faisais remarquer, c’est vrai :) dans l’autobus agit le paparazzo- il est une heure et quelques, je vient de boire un verre de vin blanc (volume au format du demi d’ici) (prix : 0,90 euros)(coût de la vie) (à ma gauche, une femme brune mange une soupe de légumes ; à ma droite, une famille face à des sandwichs à la viande rôtie), j’attends le 759, il arrive j’y monte (je n’ai pas fini mon demi), j’ai acheté de l’huile d’olive, du lait, du piri-piri, du jambon et des tomates pour le retour des amis, je m’assois, j’attends, il arrive, rit avec son amie dont on aperçoit l’épaule nue (à l’aveugle et c’est ainsi qu’elles sont les meilleures)(je veux dire les photos)(j’aime son tatouage - en vrai je hais les tatouages - , sa casquette, son débardeur de la même eau que ses paroles) (je ne parle toujours pas portugais-ceci pour les efforts de C. : bonjour aux Açores...)

  • c’est presque l’arrêt place du commerce, je pense à ces climatiseurs qui se débattent pour exister sur des façades dix-septième, j’attrape celui qui passe (irruption du couple, intempestive comme la coutume), le jaune, le reflet et le néon à l’intérieur six heures du soir

  • ce sont ces perspectives qui choquent en cette ville : un terrain vague, au loin, un réservoir de gaz, le pont ultramoderne Vasco de Gama (car tout, dans ce quartier a pour nom Vasco de Gama - on aime le cap de Bonne Espérance)(c’est une ville pour navigateurs) (ou alors, c’est un fantasme de ville de navigateurs)(ou alors dans un autre ordre) la chaleur, le bleu du Tage, le vent et le large, ici des bidonvilles, la deux bancs en bois peints rouge, une table à l’ombre, des vieux en casquette, plus loin le luxe d’une économie nauséabonde

    • c’est ici qu’on s’arrête... le port, un vieux bateau qu’on ne voit même pas, la mélancolie des êtres perdus qui jamais plus n’attendront l’autobus, une vieille chanson qui dit "cours, chéri, cours, chéri, cours...", le soleil d’acier, la lune qui tout à coup rouge se montre sur le pont au loin, des femmes en tablier, des hommes assis, le tramway qui passe à vingt centimètres d’eux, les beignets de bacalhau, la dorade qu’on va choisir à la devanture ("vous parlez français ?"), Bélem, l’aquarium, les rois, les dieux, l’océan, le vent, et là-bas, au loin, les Indes...

  • Alors voilà j’étais en plein travail, lecture, relecture et écriture, dans ce train un brin ancien mais non sans charme et le comédien est venu nous casser les oreilles pendant un bon quart d’heure avec une sorte de sketch où il incarnait Copernic à moins que Galilée. C’était lourd et mal joué, malgré qu’il y mettait une manifeste bonne volonté ; animation que la SNCF où l’un de ses satellites privés si généreusement nous offrait. Et moi et d’autres, captifs, coincés, agacés. Quelques personnes, ravies. Sans doute qu’elles s’ennuyaient.
    Et pour lui qui jouait, ce public si mitigé, la difficulté que ça devait être.

    Pourquoi nous imposer quelque chose ? Pourquoi ne pas proposer dans un lieu, un compartiment dédié ? Pourquoi ce "faire semblant" alors que la plupart d’entre nous était adulte ? Pourquoi ne pas se contenter de distribuer un document (ce qui fut fait, mais hélas pas seulement).

    Étrange époque sur-communiquante.

    Voir en ligne : traces et trajets

  • on a l’impression qu’ils vont garder cette structure métallique, la faire apparaître à l’intérieur du loft, ou de l’open space cool et design qui va s’intégrer, ou quelque chose de ce genre... belleville-colonel fabien deviendrait à la mode ?